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CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
Cette chronique a été mise en ligne le 28 septembre 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Damian Wilson
(chant)

-Karl Groom
(guitare)

-Pete Morten
(guitare)

-Richard West
(claviers)

-Steve Anderson
(basse)

-Johanne James
(batterie)

TRACKLIST

1) Watchtower On The Moon
2) Unforgiven
3) The Box
4) Turned To Dust
5) Lost In Your Memory
6) Autumn Red
7) The Mystery Show
8) Siren Sky


DISCOGRAPHIE


Threshold - For The Journey
(2014) - metal prog metal prog à chansons - Label : Nuclear Blast



Le metal progressif n’est pas un genre facile à appréhender. La plupart des groupes cherchent souvent à prouver qu’ils sont les meilleurs dans leur partie, quitte à sombrer dans la démonstration vaine, ou tombent au contraire dans la redite de tel ou tel autre album et ainsi, dans le cliché. Et il y en a certains, comme les anglais de Threshold, qui n’ont pas oublié qu’avant de faire de la musique technique, ils faisaient de la musique, et donc des chansons. 

Dès le premier riff de "Watchtower On The Moon", on reconnaît le son et la patte du groupe. Ça s’annonce incisif et accrocheur. Ça le sera. Nappes de clavier au son rétro, chant reconnaissable entre mille de Damian Wilson, et déjà le premier temps fort : un refrain imparable et immédiatement mémorisable. Les anglais ont encore mis l’accent sur la mélodie, c’est extrêmement louable de leur part, là où bon nombre d’autres formations auraient poussé le curseur de vitesse à 150 bpm tout en complexifiant à outrance. Là, le tempo ralentit quand il le faut pour laisser le temps à l’auditeur d’apprécier ce qu’il entend.
Et c’est là qu’est la principale caractéristique de Threshold. On sent que la musique est faite pour l’auditeur et pas pour flatter l’ego de tel ou tel musicien. L’album est plein de chansons, oui oui ! Aussi farfelu que cela puisse paraître dans un genre aussi exigeant, chaque titre a son identité propre, son refrain bien à lui, ses parties instrumentales sans faute mais toujours mélodiques et jamais inutiles, le tout servant à construire de vrais morceaux. Le tempo sait se faire rapide ou plus lent, que l’ambiance soit intimiste comme sur "SirenSky", ou plus « pop » comme sur "Autumn Red" sur laquelle on a l’impression d’entendre une chanson « grand public » tant tout est travaillé pour rendre l’ensemble accrocheur.
Ne nous leurrons pas pour autant, nous avons bien affaire à du métal progressif, et les lignes de chaque musicien fleurent bon une technique impeccable et maîtrisée, comme par exemple les jolis soli de guitare de "The Box" ou "Unforgiven", qui ont le double mérite d’être bien amenés et de savoir s’arrêter à temps. On a droit également à quelques duels guitare-clavier dans la même veine, et la section rythmique n’est pas en reste, délivrant une partition discrète mais parfaitement exécutée. Même le morceau-fleuve, "The Box", ne tombera pas dans les écueils classiques de la pièce à tiroirs multiples dont on ne sait plus comment se sortir. Les différentes parties s’enchaînent de manière naturelle, et la progression se fait tout doucement vers un final splendide.
Mais For The Journey est-il pour autant exempt de défauts ? Sans doute que les amateurs de technique pur jus regretteront ce côté « accessible » et immédiat de la musique de Threshold. On peut parier que les fanatiques sauront trouver des ressemblances dans certaines lignes ou certains plans avec d’autres titres du groupe. Probablement que la ballade "Lost In Your Memory" pourrait sembler un peu mièvre. Peut-être même que les plus critiques jugeront que l’ensemble manque d’énergie et de vitesse. Mais une chose est certaine : tous les autres peuvent trouver leur compte et prendre du plaisir à l’écoute de ce onzième album, qui mérite largement que vous y jetiez une oreille.

Dans le dossier presse de l’album, le claviériste Richard West résume de manière parfaite : « The key to Threshold is songs ». En effet, avec For The Journey, les anglais livrent un magnifique recueil de chansons. Pour un groupe officiant dans le registre pourtant guindé et stéréotypé du métal progressif, c’est une gageure. On n’avait pas vu ça depuis… Pfiouuu… Au moins !


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