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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2014
Sa note : 18.5/20

LINE UP

-Ivan Strimer
(chant)

-Duri Camenisch
(guitare)

-Gion Alig
(Basse)

-Marcus Seebach
(batterie+chant)


TRACKLIST

1) Ames Room
2) Phlegraean Fields
3) Once Human (Pinnacle & Pit)
4) Architects of Downfall
5) Profound Rain
6) A Walk on the Razor's Edge
7) A Great Paradox
8) Timeframe

DISCOGRAPHIE

Once human (2011)

Taste of Tears - Once human
(2011) - death metal progressif et technique - Label : SAOL



Il est marrant ce pays Suisse... Balancez tous les clichés que vous avez en tête et vous en serez surpris. Coté metal si on vous dit Suisse?  Allez neuf fois et demi  sur dix on va vous répondre Celtic Frost, Coroner, Samael,  Helvetios ou  Eluveitie. Bref du lourd dans pas mal de catégories et pour tous les âges. Mais ladies and gentlemen, le temps de cette chronique laissez-moi ne parler que Taste of Tears et de  son premier et pour le moment unique album : Once Human.

Taste Of Tears est fondé en 1998 par Marcus Seebach et Daniel Patzen à Coire, en Suisse. En 1999, le line-up a été complété par Duri Camenisch et Gion Alig. À l'époque, les premières chansons sont plutôt de nature melodeath, laissant tout de même la porte ouvert aux structures et compositions traficotées. Le parcours est standard avec plusieurs dates débouchant sur une première démo. Patzen ayant quitté le groupe, c'est Ivan Strimer qui le remplace. Taste of Tears s'installe en même temps dans un registre nettement plus death technique incluant un large éventail de vocaux dans les chansons. Est naturellement pondue la deuxième démo qui permet au groupe de décrocher la timbale valant label + album chez SAOL. Ainsi en 2011 sort Once Human : huit morceaux, cinquante cinq minutes et, à leur façon, leur pierre à l'édifice du death metal technique.
Le style death metal technique est tout de même bien  lissé et les musiciens prennent leurs libertés car les variations parfois thrash, souvent progressives, presque même jazzy par moment, donnent des couleurs inattendues mais très agréables à certains passages. Ouverture d'esprit est donc le maître mot pour appréhender l'album et, histoire d'être directement plongées dans le bain, plutôt que d'y entrer par les longues intros musicales de service, "Ames Room" débute avec un rapide « pouet » de cuivres trompetés ou saxés saluant le premier riff. C'est parti pour le kiff... Kiff ? Pas tout à fait, ou plutôt pas tout de suite, car voilà le seul point défaut de la galette de mon point de vue : certains (pas tous) vocaux. Atténuons de suite ce qui vient d'être écrit et rappelons nous des libertés prises sur les codes du genres. Oui il y a du growl : de plusieurs niveaux d'ailleurs, et les parties sont totalement compréhensibles. Toutefois, la voix manque de « rocailleux » et tape parfois directement dans la trachée, jouant de la partie aigre pas agréable à l'oreille. Une très rapide adaptation est faite pour s'enfiler le reste et passer outre. Au final, commencer et digérer de suite ce point permet ensuite de lâcher prise et de ne laisser que le plaisir guider l'oreille. Le reste ? D'autres parties de grunt nettement plus affirmées et tout une gamme  de chant justement placé : du plus clair au hurlé.
La diversité est d'ailleurs un plus tout au long et les émotions savent parfaitement passer avec la musique et les types de chant proposés. D
ensité pourrait au final résumer parfaitement les compositions. Le nombre de plans proposés est important mais ne tombe jamais dans l'ennui ou le trop vite écrit lors de l'arrangement de studio. Ce coté progressif explose et sublime le death primaire des riffs et des parties rythmiques où basses et batteries mènent la dense (oui oui la dense). Mais elles savent aussi se séparer quelques portées pour finalement mieux se retrouver au sortir d'un couplet, d'un refrain ou d'une syncope inattendue. En diluant de bons solos tout du long, le code musical, sur ce type d'aspect ne perd pas l'auditeur, lui permettant ainsi de se raccrocher à du connu et maîtrisé, une fois de plus pour mieux appréhender les plans moins usuels. Cuivres, chants clairs, approche progressive, nul doute que One Human a dû en surprendre plus d'un et, à y réfléchir, c'est peut être pour cette raison que le groupe n'a pas eu le succès mérité. Dommage, car la première écoute suffit à séduire et des compos comme  "Phlegraean Fields" ou "Architects of Downfall" sont de véritables bijoux « ouïrgasmiques ». 

 
Allez y ! Vous ne savez plus quoi écouter ? Redonner sa chance à Taste of Tears. 7€ sur le facebook du groupe pour l'album en version numérique et espérez que les mecs, investis sur d'autres projets, retrouvent le temps et l'envi de pondre un successeur au quasi parfait album dont je vais me reprendre de suite une bonne grosse dose, que dis-je, tout l’album !


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