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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 06 septembre 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-Eric Kuhnen
(chant)

-Daniel Jacobi
(guitare)

-Johannes Gorges
(guitare)

-Tobias Rümmele
(basse)

-Dirk Maurer
(batterie)

TRACKLIST

1) Deep Rising
2) Apophis
3) Ra'iroa
4) While Giants Sleep
5) The Beasts Approach
6) The Heretic King
7) Leviathan

8) Deny Your God
9) Desire Of The Depth
10) Chtulus Sons
11) Hadal Sirens

DISCOGRAPHIE

Depths (2014)

Ichor - Depths
(2014) - brutal death moderne - Label : Bastardized Recordings



L’Allemagne commence peu à peu à se faire une petite scène death assez consistante. Avec des groupes comme Defeated Sanity, Fleshcrawl, ou Defloration, qui ont déjà une discographie fournie, de quatre albums ou plus, et de nouveaux groupes qui émergent en balançant des pavés dans la mare (Sulphur Aeons, au hasard), les deathsters ont déjà de quoi faire. Ichor, se classe dans cette seconde catégorie puisque Depths est leur second album, après un premier essai qui incluait des éléments deathcore dans un death moderne ; ce qui n’est plus le cas maintenant.

L’auditeur, avec Depths, est jeté devant un gigantesque melting-pot de tout ce qui se fait dans le brutal death actuellement : les compositions intriquées qui renvoient aux pères fondateurs américains, les salves de blast plastifiées à la polonaise, un peu fatigantes à la longue, d’ailleurs, les instruments classiques façon death symphonique distingué en outro d’un titre, les solos assez typiques de la scène death technique, et même des drops de basse. Ce mélange de tous les éléments en vogue, bien qu’assez opportuniste, fonctionne presque parfaitement, qualité allemande oblige. Dès "Apophis", le tout explose de façon on ne peut plus directe : blast furieux, puis sweeps mélodiques que n’auraient pas reniés un Fleshgod Apocalypse du temps de Mafia et Oracles, riffs martiaux dans le plus pur style d’Europe de l’Est, growl rappelant Nergal… Même la basse se met de temps en temps en valeur, par le biais de sweeps ou de motifs intéressants. Seulement voilà, Depths n’est pas de ces albums de génie qui marquent leur époque en faisant bouger les choses, ou simplement en atteignant une perfection dans la formule. Même si quelques passages retiennent l’attention, comme le riff à lead épique de "Ra’Iroa", le classicisme exacerbé des passages brutal death, qui sont loin de sortir de l’ordinaire, font que l’on retient davantage les inclusions des nombreux gimmicks, et notamment cette tentative d’ambiance sur "While Giants Sleep".
Car, contrairement à ce que peut laisser penser la pochette aux tons aquatiques (encore une !) signée Pär Oloffson (encore une !), Depths ne plonge pas plus qu’à une ou deux courtes occasions, en plus du titre cité ci-dessus, l’auditeur dans des profondeurs où ne s’aventurent pas les rayons du Soleil. Pourtant, à voir les titres des morceaux, on aurait été en droit de l’espérer. A la place, les Allemands semblent davantage compter sur la force de frappe que leur confère la production, trop énorme, et qui fatigue sur 42 minutes, à cause de la tendance du groupe à souvent être en Mach 3, sans aucun compromis possible. Cependant, à quelques occasions, lorsqu’un peu de black s’invite dans leur musique, et que la basse montre qu’elle est là, le groupe réussit à pondre un titre marquant, toujours plein de gimmicks donc, mais efficace en diable, comme l’est "The Heretic King". Cela-dit, il est également possible de voir que le groupe est capable, en restant purement dans le créneau du death brutal, de pondre des titres comme "Leviathan", un des rares moments où la couverture se justifie, et où seule la discrète inclusion d’un clavier vient trancher un tant soit peu avec la sauvagerie du reste.


Au final, Depths vaut surtout pour ses « incartades », mises ici entre guillemets parce qu’assez nombreuses pour ne plus mériter ce nom, qui tranchent avec un brutal death en règle générale assez fade, bien que puissant. Si les passages tranchant avec le reste restent bien en tête, il n’en est pas de même pour les riffs aussi typiques que peu inventifs des Allemands. Au vu de l’évolution déjà visible entre le premier album et celui-ci, la curiosité quant à la suite de leur aventure est tout de même de mise.



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