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CHRONIQUE PAR ...

87
Malice
Cette chronique a été mise en ligne le 08 septembre 2014
Sa note : 19/20

LINE UP

-Tim Bowness
(chant)

-Michael Bearpark
(guitare)

-Steven Wilson
(guitare)

-Andrew Keeling
(guitare, flûte)

-Stephen James Bennett
(claviers)

-Stuart Laws
(claviers)

-Anna Phoebe 
(violon)

-Steve Bingham
(violon)

-Colin Edwin
(basse)

-Pete Morgan
(basse)

-Pat Mastelotto
(batterie)

-Andrew Booker
(batterie)

TRACKLIST

1) The Warm-Up Man Forever
2) Smiler at 50
3) Songs of Distant Summers
4) Waterfoot
5) Dancing for You
6) Smiler at 52
7) I Fought Against the South
8)
Beaten by Love

DISCOGRAPHIE


Bowness, Tim - Abandoned Dancehall Dreams
(2014) - pop prog - Label : Inside Out Music



Il arrive que, dès les premières mesures, un album vous aspire et vous entraîne pour ne plus vous lâcher jusqu’à ce qu’il en ait fini avec vous. Ces types d’albums, s’ils sont vraiment géniaux,peuvent durer dans le temps et ont tendance à se caractériser tant par une écriture complexe que des intentions mégalomanes. Et à côté il y a Abandoned Dancehall Dreams, premier album solo de Tim Bowness. Un projet solaire et mélancolique qui s’emparera de vous avec une humilité d’autant plus indubitable que cet album est grand.

Composé par l’un des membres de No-Man, Abandoned Dancehall Dreams comporte huit pistes pour une quarantaine de minutes. C’est court et pourtant exactement ce qu’il faut : rien n’est insuffisant, rien n’est vraiment de trop. Cette mesure et adéquation, on ne la retrouve pas que dans la durée des pistes : elle est présente partout, que ce soit dans les paroles ou l’orchestration des morceaux. Cette dernière, sobre et efficace, prouve que Tim sait exprimer beaucoup avec peu : il ne faut à "Song of Distant Summers" qu’un clavier, un synthétiseur et la voix de Bowness pour que l’auditeur s’envole. Et quelle voix ! Chaleureuse, mélancolique et surtout expressive, elle enveloppe le lecteur pour lui raconter une histoire.
Des histoires, Abandoned Dancehall Dreams en a à revendre. En effet, cet album est doté d’une incroyable palette d’émotions, souvent puissantes mais exprimées avec retenue et justesse. Il y a le serein "Waterfoot", le résigné "I Fought Against the South" et surtout, surtout "Dancing for You" et ses choeurs discrets, créateurs de larmes en puissance. Il est étonnant de voir à quel point ces chansons, clairement inspirée par le milieu progressif d’où vient Bowness, peuvent s’avérer très (voire trop) facile d’accès lors des premières écoutes pour finalement révéler leur véritable saveur avec le temps. Ces influences prog et psychédéliques se font entendre à travers les mélodies ("Beaten by Love", les accords faussement simples de "Waterfoot") mais également dans certains passages (les ponts de "Song of Distant Summers"et "I Fought Against the South") et permettent à l’auditeur de ne pas décrocher.
C’est ainsi que se déroule le voyage dans lequel nous entraîne Abandoned Dancehall Dreams, entre ombre et lumière, joie et peine mais jamais d’exagération. En un sens, cet album est un OVNI réussissant l’exploit de faire du prog sans le pompeux, de la pop sans l’ennui et de la musique presque sans les défauts. Mais ces défauts sont minimes, à peine quelques passages faibles ("The Warm-Up Man Forever" peine à prendre et"Smiler at 52" ne séduit pas autant que les autres pistes lumineuses de l’album). En tous cas dans la balance qui oppose les plus et les moins, les aspects positifs de ce premier album solo éclipsent totalement les côtés négatifs, offrant à l’auditeur un chef-d’oeuvre de mélancolie, de sobriété et d’humilité... pour son plus grand bonheur.


Vous pensiez que j’avais fini de faire l’éloge de cet album ? Hé bien, pas tout à fait. Parce qu’au départ, je l’ai détesté. Au départ, je l’ai trouvé insuffisant, banal et trop peu prenant. Ce n’est qu’en prenant vraiment le temps de l’écouter que j’en ai découvert et pleinement apprécié la richesse. Et, je me répète, c’est incroyable de parvenir à créer de telles ambiances avec autant de sincérité et autant de justesse. Faites donc passer le mot : Tim Bowness est un magicien. Un vrai.




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