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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 24 août 2014
Sa note : 11/20

LINE UP

-Helmuth
(chant+guitare)

-Serpenth
(basse)

-Marthyn
(batterie)

TRACKLIST

1) Gasmask Terror
2) Conjuring The Dead
3) In Death
4) Rex Tremendae Majestatis
5) Black Winged Torment
6) The Eyes
7) Legions Of Destruction
8) Flesh, Bones And Blood
9) Lucifer, Take Her!
10) Pactum In Aeternum

DISCOGRAPHIE


Belphegor - Conjuring The Dead
(2014) - death metal black metal en croisière aux Caraïbes - Label : Nuclear Blast



Presque 21 ans maintenant que les Autrichiens de Belphegor dispensent leur formule de black/death mélodique. Pourtant, deux de leurs albums ne se ressemblent pas vraiment, étant donné que de nouvelles idées sont incluses dans la musique, avec succès ou non. Le groupe revient même travailler avec Seth Siros Anton, qui avait déjà peint la pochette de Pestapokalypse VI, aussi étonnant que cela puisse paraitre, éloignée qu’elle était des teintes grisâtres de l’Hellène (sans les garçons), désormais une marque de fabrique.

Les hostilités commencent sur deux titres sans grand génie et déjà connus, à savoir le direct "Gasmask Terror", censé être le témoin du retour relatif au death des Autrichiens, très correct, et le morceau éponyme, plus ambiancé et franchement black, avec des mélodies typiques, mais qui font leur petit effet. Et à vrai dire, c’est ce qui pend au nez de tout un chacun avec le nouveau Belphegor : des titres sans grandes surprises, bien que remplis des plans typiques du groupe, à un niveau variant de très bon, à décevant. Ainsi, le riff principal de "In Death" répété bien trop longtemps parviendra à installer la lassitude après trois titres seulement ; lassitude que seul un solo un poil plus sulfureux parviendra à faire reculer un peu, bien que loin d’être suffisant pour sauver une composition fade. Lorsqu’à côté le groupe aligne deux refrains pleins d’emphases avec un "Rex Tremendae Majestis" propagateur d’ambiance et franche réussit, et un "Legions Of Destruction" qui s’impose comme meilleur titre de l’album, aidé par la participation de Glen Benton et Attila Csihar, l’on se prend à s’étonner d’un tel écart. La bête a déjà eu plus d’inspiration, notamment sur Goatreich et Pestapokalypse, qui resteront à première vue les sommets de son œuvre ; il n’est pas rare de voir ainsi se côtoyer sur les titres de Conjuring The Dead les passages plutôt insipides et ceux plus révélateurs du brio d’Helmut.
La formation perd également en souffre, non pas avec cette pochette de Seth qui ne trahit pas son style graphique habituel, bien qu’elle reste très fidèle à l’univers du groupe. On appréciera également l’interlude "The Eyes", qui renvoie à "Der Rutenmarsch" avec sa combinaison d’arpèges inquiétants et de lead. Ce qui fait cruellement défaut en revanche, c’est l’aspect sexuel de la musique, assez orienté bondage, qui semble avoir disparu depuis Walpurgis Rites. Couplé au satanisme primaire, il faisait tout le caractère de l’œuvre qui se trouve ici à manquer de goût à cause de ce point. La prédominance du death sur certains titres est également regrettable, ainsi que le confirment les passages pesants, dans le mauvais sens du terme, où les trémolos sont remisés au placard au profit de riffs supposé plus agressifs, qui ne le sont pas au final, comme sur "Flesh, Bones And Blood", lui aussi assez fade. Bien que tout l’album ne souffre pas de ces défauts, le manque de changement, comme le groupe y avait habitué son auditorat, et la platitude de certains moments ne donne pas une grande envie de revenir à Conjuring The Dead malgré deux ou trois titres qui auront désormais parfaitement leur place dans les concerts et promettent une belle agitation dans les fosses.


Conjuring The Dead, sans être mauvais, est juste peu excitant. Les étincelles de génie se font rares ; on se surprend à regarder sa montre dès que le groupe laisse de côté l’aspect black de sa musique ; et le growl d’Helmuth, même si l’on peut déplorer qu’il ne fût plus utilisé précédemment ne permet pas à lui seul de sauver les meubles. Conjuring The Dead sent au final assez fortement le déjà-vu, et surtout le rythme de croisière. Dommage, venant d’un groupe pourtant capable du meilleur.



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