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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 30 août 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Philipp Kruppa
(chant+guitare)

-Martin Reibold
(guitare)

-Oliver Kröplin
(basse)

-Nils Groth
(batterie)

TRACKLIST

1) Disquisition of the Burning
2) Among the Falling Stones
3) A Waltz Perverse
4) Somnolent Despondency
5) Resurrectum

DISCOGRAPHIE


Ophis - Abhorrence In Opulence



J'ai envie de faire des jokes quand je chronique Ophis. Le patronyme du groupe s'y prête. Mais non, je ne le ferais pourtant pas. Par soucis de professionnalisme. Ou, comme je ne suis qu'amateur, par soucis d'amateurisme si l'on veut. Et de toute façon, Ophis se ne prête simplement pas à la gaudriole. A moins que « gaudriole » ne signifie en réalité « suicide par pendaison ». Dans ce cas, alors oui, Ophis se prête à la gaudriole. Une belle et lente gaudriole. 

La seule lecture des titres de cet album - cinq titres et treize mots différents - donne le ton : sombre, oppressant, et doom comme l'est un chat détrempé et abandonné sur le bord d'une nationale. Les mecs sont Allemands. Ceci explique peut-être cela. Ou pas du tout. A vrai dire, je ne suis pas bien sur de ce qu'induit le fait d'être germanique en la matière. Une chronique est aussi laissée à l'interprétation du lecteur donc à vous de jouer. J'ai bien le temps de causer puisqu'on va vite faire le tour de la chronique à quand le moment sera venu. D'ailleurs, ce midi, j'ai mangé un steak haché et, plus j'y pense, plus je trouve le principe même du steak haché absolument inhumain. Oui, je tourne un peu végétarien. Et autour du pot, aussi. La chronique ? Mais elle à commencé, parbleu ! Que les jeunes d'aujourd'hui sont impatients !
Ophis en demande pourtant, de la patience, avec ses morceaux dont la durée avoisine toujours la dizaine de minutes. Encore qu'il ne s'agisse que de la norme en matière de doom / death. Car voui, Ophis joue du doom / death. Ce genre rampant qui allie la crasse du death des années 90 (le death non-technique, le death moche comme une tronche de poivrot après un uppercut) et la suavité des mélodies en mode mineur du doom. Résultent de cette confrontation de deux visions du monde les classiques changements de rythmes, maîtrisés à merveille par Ophis, et élément majeur de leur musique. Boum, v'là qu'un tremolo déboule sur son lit de double, et paf, voilà qu'un lead aérien et déprimant prend le relais à 60 bpm. Le tout avec une production sale mais jolie. Pas sale et underground du caveau. Juste sale et adéquate. Pertinente. 
Ce qui n'est pas du tout pertinent, en revanche, c'est l'artwork dégoûtant qui  a été choisi par le groupe et qui ne reflète que l'aspect dérangeant de la musique d'Ophis en laissant de côté tout son aspect dévasté, dramatique mais beau malgré tout. Le versant doom quoi. Car si Ophis sait taper bas, là où ça fait mal dira-t-on, il sait aussi aller au-delà de ça. Abhorrence In Opulence est loin d'être aussi idiot que son titre le laisse pourtant penser. Les sentiments exprimés sont pesés avec finesse et, sans aller jusqu'à reconnaitre que l'espoir flotte dans l'atmosphère de cette musique, on ne peut s'empêcher d'imaginer Ophis comme une entité saine. Qui extériorise certes quelque chose de négatif, mais pour mieux maîtriser la part positive du monde. En somme, Abhorrence In Opulence est peut-être laid, mais il ne l'est pas en vain : il est cathartique avant tout.

J'avoue avoir passé un bon moment à l'écoute du dernier né d'Ophis. Ce n'était pourtant pas gagné tant les productions récentes en matière de doom / death ont très vite tendance à me laisser soupirer gros comme ça. Sans réinventer la roue, Ophis joue son death sale et rampant, son doom beau et triste, et mélange ses deux facettes avec un savoir-faire acquis au fil des ans. 


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