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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 19 août 2014
Sa note : 7/20

LINE UP

-Shimon
(tout)

TRACKLIST

1) To Dust
2) Helen
3) Silent Exhale
4) Oceans of Sleep
5) The Endless Void
6) Frozen

DISCOGRAPHIE


Beneath The Storm - Evil Reflection
(2014) - doom metal - Label : Against Productions



La (plus si) nouvelle tendance qui pue, c'est de sortir un disque de « « « « doom » » » » . Mais attention hein. Il faut prendre garde à ne surtout pas faire peur au troisième âge. V'là qu'on enregistre à l'analogique, que l'on pompe Black Sabbath jusqu'à la moelle sur fond de bel artwork psychédélique, avec un nom de groupe coloré et symbolique et, si possible (c'est le top du top) avec une nana au chant. La voilà dépeinte en trois mots, cette grande tendance en matière de doom. Heureusement, certains résistent. Et certains veulent vraiment te mettre une branlée. Que tu pleures. Que tu meures. Beneath The Storm est de ceux-là. 

Les simplets bloqués dans les seventies, qui jouent du « mi » en palm mute avec une grognasse en fond sonore, elles ferment bien leurs tronches à l'écoute de Beneath The Storm. Je vous le dis. Osez donc passer Evil Reflection en pleine soirée, et je vous assure que les invités vont pleurer.  Pas besoin d'aller claquer la discut' à Papi Ozzy pour faire du « DOOM ». En majuscule. Pour faire passer le message. Evil Reflection est un disque saaaaaaaaaaaleeeee et sacrément déshumanisé. A la limite de l'amusicalité (tant pis pour le barbarisme). Sous deux-trois riffs über-heavy (pas heavy metal, hein : juste heavy, lourds, plombés, grailleux - et merci à la basse bien roublarde pour obtenir ce rendu) qui tournent en ronds, on essaye de déceler le reste. En tendant l'oreille, on remarque tout de même que, parfois, un type braille dans le fond sous les gravats ; on remarque que les cymbales tronchent ta mère et que ça sample du film d'horreur ici ou là pour être encore plus glauque. Quelques minutes de trop et ce sera le bad trip : direction les Sept Enfers. Une chose est certaine : le gus qui se cache derrière Beneath the Storm n'est pas un paisible.
Voilà le tableau : un doom particulièrement lointain et brouillon, qui confine au stoner dans sa construction ultra-répétitive, avec quelques panures de saletés pour enrober le tout. Miam miam ! Et tout ça pour quoi, au final ? Eh bien, soyons franc et transparent : pour pas grand-chose. Les invités qui tourneront de l’œil à l'écoute de Beneath The Storm auront raisons. Car au-delà de la crasse, du sale, de la violence latente et gratuite d'Evil Reflection ne se trouve que l'ennui. Que voulez-vous, avec un riff pour tenir cinq minutes, mais sans aucun autre élément pour donner le change, forcément, c'est le sommeil qui frappe rapidement à la porte. L'absence quasi-totale de chant, l'absence quasi-totale de mélodies et l'absence quasi-totale d'innovation font d'Evil Reflection un disque inintéressant. On lui reconnaîtra toutefois un certain pouvoir hypnotique du fait de la répétition infinies des motifs employés, mais toute cette débauche d'énergie utilisée à créer une atmosphère glauque semble finalement bien vaine. C'est qu'il est difficile de faire un bon album de doom réellement oppressant. Le genre est un quitte-ou-double. Surement la raison qui explique la recrudescence de groupes de proto-doom, un genre dans lequel il est plus facile de faire illusion.


Evil Reflection est bien nommé. Beneath The Storm délivre ici un album sale et malsain, c'est indéniable. Toutefois, ces réflexions auraient gagné à rester à cet état et à ne pas se répandre sur la place publique. La violence est ici gratuite. Peut-être est-ce qui me met mal à l'aise. Ce qui m'éloigne d'un disque qui restera néanmoins recommandable pour peu que l'on cherche l'ambiance avant la musique, et le mal être avant l'espoir. A titre personnel, je préfère rester sur le seuil. 


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