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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 28 juillet 2014
Sa note : 13/20

LINE UP

-Lucas Lucaski
(chant+guitare)

-John O.
(guitare)

-Jaimen KH
(batterie)

TRACKLIST

1) Apotheosis Of The Hangman
2) The Grace In Dying
3) City Of The Silent
4) Over Your Grave I Stood Through The Night
5) Dismembering The Image Of God
6) Solace
7) All Too Human

DISCOGRAPHIE


Ambient Death - Dismembering The Image of God
(2014) - death metal melodeath pas joyeux - Label : Autoproduction



Ambient Death ce sont des Américains qui ont le cœur lourd, qui ne respirent pas vraiment la joie de vivre et qui ont donc décidé de le faire savoir sur disque avec leur troisième album Dismembering The Image of God. Mais comme ils ne veulent pas être comme tout le monde, ils ont décidé de créer un disque différent qui reflète bien leur nom de groupe. Alors ils alternent à la fois des morceaux death bien bourrins et hargneux et des morceaux ambient (et ouais !), parfois même ils n’ont peur de rien et marient les deux. Mais est-ce que le résultat est là ? Est-ce que ça marche de faire les malins dépressifs comme ça ?

Dit comme ça, l’idée semble alléchante, surtout quand le death que l’on nous propose ici lorgne parfois vers le black, le death mélo (les guitares de Lucas Lucaski et John O. balancent de jolis mélodies et des solos à la pelle, c’est vraiment agréable et ce n’est pas sans rappeler un Omnium Gatherum en plus sinistre) voire même le prog avec une basse qui ose faire des interventions mélodiques ("City of The Silent",  "Dismembering The Image of God"). Du surprenant en somme et plutôt de qualité avec un Lucas Lucaski chantant de façon bien énervée sur des riffs bien bourrins. La partie death tient donc pas mal de ses promesses si on excepte une production un peu plate notamment à la batterie et parfois au niveau des guitares et de la voix. Mais dans l’ensemble ça fonctionne et le premier morceau, "Apotheosis of the Hangman", est très efficace : ça mitraille et fait headbanguer, les guitares sont tantôt dissonantes, tantôt mélodiques et il y a même des solos efficaces avec un côté épique. Bonne pioche !
Mais alors qu’est-ce qui cloche sur cet album si ce n’est pas le death ? Eh bien c’est l’ambiant cher lecteur, l’ambient ! Car la suite, "The Grace in Dying" un instrumental plutôt pas mal, commence et s’arrête de façon tellement abrupte qu’on se demande ce que le morceau fait ici. Et ce sera aussi le cas pour l’interlude "Over Your Grave I Stood Through The Night" très calme avec une guitare en arpège sous la pluie et une basse bien tranquille, tout comme pour "Solace" qui n’est qu’une introduction peu utile à "All Too Human". C’est donc un peu interloqué que l’on écoute ce disque court, 38minutes, et quelque peu mal foutu. Dommage parce qu'il contient des choses très correctes. "City of the Silent" étonne avec son utilisation du clavier (un poil kitsch tout de même) et toujours ces riffs death et ces guitares mélodiques. Même chose pour le morceau titre qui alterne des passages rapides bien efficaces et des rythmiques plus lourdes et hypnotisantes. Finalement, seul le morceau final "All Too Human" fera une synthèse correcte du groupe avec des riffs bien lourds et un passage ambiant réussi notamment grâce au clavier.


Que dire pour conclure ? Que les américains de Ambient Death avec leur troisième album fait maison ont véritablement une identité, mais que celle-ci ne s’avère pas encore très stable. Résultat : le disque demeure assez déséquilibré, malgré ses intentions louables. Dommage d’autant que les morceaux death tiennent la route. Il ne reste plus qu’à espérer un prochain album plus cohérent doté d’une meilleure production tout en gardant leur imagerie sombre. Sauf s'ils partent dans un trip nihiliste en sabotant encore plus leur son et leur concept... ce serait possible...


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