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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juillet 2014
Sa note : 8/20

LINE UP

-Bjorn "Tiger" Mathisen
(chant+guitare)

-Rolf Tommy Simonsen
(chant+guitare)

-Jorgen Skjolden
(basse)

-Jan Helge Skjolden
(batterie)

TRACKLIST

1) Dream
2) Silent Is The Rave
3) Frustrations
4) The Maze
5) The Conformists
6) Voices From The Woods
7) Elisabeta - In My World Of Thoughts
8) Growing Thirst
9) Nar Noen Dor

DISCOGRAPHIE

Winter Of Sin (1992)
Silence (1994)

Fester - Silence



Deux ans après un Winter Of Sin fortement bancal, les Norvégiens de Fester revenaient nous gratifier d’une seconde purge. Silence sera publié chez Lethal Records, et pas chez No Fashion qui se contentera d’une réédition en 2000, alors qu’on se trouve en face de l’album qui aurait le mieux convenu aux exigences du catalogue de No Fashion à l’époque. Restant un des seuls groupes norvégiens de death metal dans les années 90, on devine aisément qu’ils avaient leur place de paria toute désignée à côté des pandas qui pataugeaient encore dans leur marasme de distorsions exagérées et de démos inaudibles.

Le changement majeur de cet album se résume à la place très importante qu’a prise la mélodie dans les compositions. Winter Of Sin était très bas du front et se contentait de riffs bateaux sur fond de Slayer, et Silence contraste donc très fortement avec lui. "Dreams" ouvre le bal assez étrangement pour celui qui s’attend à voir le tout partir directement en bastonnade : des arpèges pleins de réverbération qui tissent une atmosphère rêveuse et planante, avant des explosions électriques qui rappellent qu’on se trouve bien dans un album de death. Bref, on se retrouve avec du Göterborg avant l’heure. Ce titre, couplé avec "The Conformists", est clairement la réussite du disque. Parce qu’autrement, l’ensemble reste loin d’être folichon. Le son manque toujours de punch dès qu’on s’éloigne un peu des riffs graves à l’unisson. Ces mêmes riffs ne sont vraiment pas emballants malgré la légère amélioration que constitue l’ajout de leads par endroits.
Le chant, assez étrange, se résumant à un growl chuchoté et des cris parfois plus francs, rappellera pour ces susurrements Agalloch, bien sûr. Mais un Agalloch qui aurait oublié d’être mélodiste de génie, contemplatif, et talentueux. Dommage. Il en va de même pour les quelques soli, bien que certain ne soient pas totalement à jeter ("The Conformists", bien que le second soit relativement inutile ; "Voice From The Woods"). Quelques passages méritent tout de même le détour, comme le trémolo lointain de "Voices From The Woods", ou la cavalcade de "Growing Thirst". Ces quelques instants sortent un peu de la fange la musique du groupe, qui déjà s’y complaisait largement sur Winter Of Sin. Mais lesdits moments restent si minoritaires qu’on ne peut réellement en tenir compte. Et en fait… rien à dire de plus sur un truc aussi anecdotique, donc conclusion rapido et dodo.


Au vu des deux premiers albums, on doute fortement du potentiel du groupe, et de l’utilité de leur reformation et de la publication d’un troisième album, qui n’aura pas fait parler d’eux davantage qu’avant. Les albums de Fester sont si anecdotiques qu’on ne devrait sous aucune condition se trouver intéressé par eux, sous peine de déception assurée. Heureusement que j’ai un article sur No Fashion à pondre, sinon vous n’auriez jamais entendu parler de ces purges (pour rester politiquement correct) et j’aurais gagné du temps. Au vu de la qualité ambiante des autres sorties de No Fashion, le cas Fester restera toujours un mystère, qui ne mérite pas de longues tergiversations pour être résolu.



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