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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juillet 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-Andreas Bergh (Whiplasher Bernadotte)
(chant)

-Emil Nödtveidt (Nightmare Industries)
(guitare)

-Jonas Kangur (Skinny Disco)
(basse)

-Oscar Leander (Vice)
(batterie)

TRACKLIST

1) Explode
2) Fire Galore
3) All the Devil's Toys
4) Ghost Reviver
5) The Perfect Cult
6) Asphalt Wings
7) Bodies
8) Temple of the Insects
9) Track, Crush & Prevail
10) Noise Cuts

DISCOGRAPHIE


Deathstars - The Perfect Cult
(2014) - gothique indus - Label : Nuclear Blast



Deux catégories : celle des groupes qui évoluent et celle des groupes qui n'évoluent pas. Soit un groupe évolue, soit pas. Le truc, avec cette brutale distinction, c'est qu'elle n'emporte aucun jugement de valeur. On peut très bien évoluer correctement, sans se renier, comme il parfaitement envisageable de stagner avec classe. Le tout, c'est de sortir du bon matos. Ouais ? Ouais. Mieux vaut s'en souvenir, ce sera important pour la suite du raisonnement. 

Deathstars, ce n'est pas une recette bien compliquée au final. Pour la faire courte (l'idée étant de décrire le truc en moins de temps que ne dure un single du groupe - par nature représentatif du style que l'on essaye de décrire) : riffs martiaux à la Rammstein (pour être grossier dans le trait) ; textures synthétiques omniprésentes pour renforcer la froideur du tout (le premier album ne s'appelait-il pas Synthetic Generation ?) ; voix claire, grave et chaude - très gothique dans l'esprit ; refrains ultra-efficaces-catchy-and-wow-such-style-very-popular, et production en alliage de titane et de kryptonite typique de chez Nuclear Blast. L'imagerie peinturlurée du groupe, elle, n'est là que pour le fun : nous ne sommes ni dans du sombre metal, ni chez Sir Manson, ni chez un groupe de glam. Nous sommes chez Deathstars, prêt à anéantir Alderaan avec un gros rayon bourré de particules de tubes. Je résume pour ceux qui connaissent les précédents albums : CTRL+C / CTRL+V. On se calme. Pas de jugement de valeur. C'est-bien-c'est-pas-bien-de-se-répéter, là n'est pas la question. La question est : « ouais, mais la musique est bonne ou pas ? » 
La musique est-elle bonne... ? En v'là, une sacré bonne question. Indubitablement, on ne peut fermer les yeux devant la science du tube possédée par ces suédois. Chaque morceau est un hymne à faire pleurer Muse et ses envies de stade. Deathstars prend Coldplay par les parties et lui montre ce que c'est, un tube. Vous devinez au passage, chers lecteurs habitués à la saturation, que cette musique n'est pas extrême pour un sou. Donc voilà : Deathstars dévoile un quatrième album ultra-efficace, sorti du même moule que ses prédécesseurs. Bien mal appris celui qui bouderait ce plat qui, objectivement, est somme toute plutôt bien fichu. Toutefois, et on touche là au paradoxe de la question initiale, la redondance du propos (« Deathstars, ou la redondance du propos » - chouette sujet de thèse), la redondance du propos, donc, pose problème. Si la musique reste objectivement bonne, la surprise de l'auditeur averti, elle, aura complètement - mais COMPLETEMENT, hein ! - disparu. Et on voit mal ce qui pourrait distinguer The Perfect Cult de ses grands frères. Le premier album découvert risque fort de rester le chouchou de l'auditeur de Deathstars. Une question d'affectif. Et mine de rien, même si l'on a vu plus haut que ça ne comptait pas, eh bien, ça compte. Forcément.


Deathstars 2K14 est une bonne cuvée. L'album est aussi certainement au niveau de ses prédécesseurs qu'il leur ressemble trait pour trait. La paternité de l’œuvre ne sera pas bien difficile à établir. Le problème, dans cette affaire, c'est que tout se ressemble tant au sein de ce nouvel album qu'entre les albums du groupe. Finalement, Deathstars semble n'être qu'un énorme rouleau de Möbius : un objet à face unique. Pas mal, mais sans surprise.  




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