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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 30 juin 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ryan Lipynsky
(chant)

-Tim Bagshaw
(guitare)

-Stephem Flam
(guitare)

-Jay Newman
(basse)

-Darren Verni
(batterie)

TRACKLIST

1) Essence of Heresy
2) House of Worship
3) Treacherous Waters
4) Claws
5)
Disfigures Colossus
6) Systematic Extinction
7) Torment

DISCOGRAPHIE

Serpentine Path (2012)
Emanations (2014)

Serpentine Path - Emanations



C’est la fête aujourd’hui chez les Serpentine Path. Maman Serpentine a fait des merveilles en cuisine : au programme une boîte de thon au naturel, de l’eau du robinet et un quignon de pain. Pour cinq, c’est bien. Et puis après, les enfants auront le droit de veiller un quart d’heure. Papa Serpentine lira une page de l’Assomoir. Toute la famille est de bonne humeur devant des perspectives aussi réjouissantes. Papa Serpentine en sourirait presque. Si, si, ce rictus est un sourire, je vous assure.
 
Il est presque certain que les membres du groupe aient fait des études d’ingénierie très poussées. Parce que sinon, comment expliquer qu’une musique aussi fruste, aussi austère, puisse produire autant d’effet ? Il y a de la mécanique des fluides ou des choses dans ce genre là-dessous, c’est sûr ! Dotés des armes classiques des groupes metal et rock (le triptyque guitare-basse-batterie) et de RIEN d’autre (mais rien de rien de rien), les gars de Serpentine Path ont acquis une expérience qui leur permet de jouer un proto doom, souvent doom-death, d’une sobriété et d’une efficacité assez dingues. Les seuls « ornements » musicaux que se permettent nos gaillards sont quelques pâles phrasés de guitare donnant le ton plaintif typique du genre à l’ensemble, ou vaguement stoner sur  "Systematic Extinction". Pour le reste, on ne sera pas étonné de retrouver un membre de Winter dans le groupe tant Emanations est lent, lourd et avare en riffs ("House of Worship" aurait d’ailleurs très bien pu figurer sur Into Darkness, on y aurait vu que du feu).
Simplement, les riffs en questions ont une particularité intéressante : ils sont très bons. Ils respirent même un vécu, le vécu de gars qui ont compris comment le doom-death fonctionnait. Il suffira d’écouter l’excellent enchaînement "Treacherous Waters" - "Claws" - "Disfigured Colossus" pour s’en convaincre. La parcimonie y est évidemment le maître mot, mais tout y est tellement à sa place… " Claws" est même un titre à faire écouter à sa progéniture le viendra le tant attendu « Dis papa, c’est quoi le doom-death ? - Fiston, le doom-death, c’est ça ! ». Lent, pesant, envoûtant. Et pour ceux qui auraient encore quelques doutes, qu’ils aillent se casser les dents sur le gros riff  de "Torment" titre le plus lourd d’un album pas forcément léger. Alors oui, quelques chansons sont un petit peu en dessous ("Essence of Heresy", "Systematic Extinction"), mais Emanations est tout de même un album de haute qualité, d’autant plus que la production dont la saleté rappelle instantanément Electric Wizard, aide à colorer l’ensemble, et pas en rose fuchsia. Une seule conclusion s’impose : c’est le pied (qui pue).
 

Le deuxième album de Serpentine Path est l’œuvre de gars expérimentés qui aiment autant la volubilité que Metallica aime composer. On ne peut plus sobre, Emanations contient un haut pourcentage de très bon titres, qui ne réinventent pas le genre, mais qui sont d’une efficacité extrêmement plaisante. Une œuvre hautement recommandable à tous les amateurs de metal lent et lugubre, à ceux qui aiment se rouler dans le caniveau, quoi.



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