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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 16 juin 2014
Sa note : 9/20

LINE UP

-Paolo Pieri
(chant+guitare)

-Giulio Moschini
(guitare)

-Marco Mastrobuono
(basse)

-James Payne
(batterie)

TRACKLIST

1) Through The Triumphal Arch
2) Reforging The Crowns
3) Desecrated Souls
4) Resurgence Of The Empire
5) Spears Of Sacred Doom
6) Sealed Into Ecstasy
7) Redeemer Of Atrocity
8) Regicide
9) The Sun Worship
10) The Seas Of Light
11) Theogony

DISCOGRAPHIE

Sedition (2012)
Regicide (2014)

Hour Of Penance - Regicide
(2014) - brutal death - Label : Prosthetic Records



J'avais découvert Hour of Penance avec Sedition, il y a deux ans de ça, et j'avais reçu une modeste claque dans le visage : c'était bourrin mais puissant, bien carré et bien produit, bref : c'était cool. Alors la cuvée de 2014, il était légitime d'en espérer quelque chose du même acabit. Las ! Si les Italiens réitèrent leur recette de brutalité sans concession et de gros riffs bien gras, le mélange ne prend pas de la même manière...

Là où, sur Sedition, il n'était pas rare de hocher la tête avec entrain, au détour d'un riff ou d'un changement de rythme bien amené, on passe le plus gros de Regicide la nuque raide, immobile, et l’œil brillant d'une vague lueur d'ennui et de déception. Certes, le bourrinomètre ne baisse pas d'un poil, il y a toujours autant de blast à la seconde carrée et les beuglements râpeux de Paolo Pieri sont toujours aussi dévastateurs, mais il manque cruellement quelque chose de difficilement définissable pour parvenir à atteindre la violence efficace de Sedition. Et de fait, tout paraît vaguement artificiel, les riffs s’enchaînent et les oreilles reçoivent leur quota de brutalité, mais malheureusement, à part sur quelques passages bien amené, cela ne va pas plus loin. Les esgourdes sont quasiment les seules à être agressées (et celles de l'amateur de metal en ont vu d'autres), le cerveau, le cœur et l'âme de l'auditeur n'étant pas vraiment remués par l'agression sonore des Italiens.

Nous ne reviendrons pas sur les changements de line-up qui sont intervenus entre les deux albums (en l’occurrence le bassiste et le batteur) tant les nouveaux membres se fondent avec aisance dans le paysage sonore de Hour of Penance, nous tâcherons plutôt de trouver ce qui, sur Sedition, pourrait lui éviter le naufrage total. Bien sur, il y a quelques bons titres et, en étant honnête, il est même difficile d'en trouver de vraiment mauvais : Regicide est plus une succession de morceaux stéréotypés et sans réelle ambition, sinon celle d'aller peut-être encore plus vite. Par exemple, "Regicide" est sympathique avec ses chœurs malsains, "Reforging The Crown" et son clip se laisse écouter avec intérêt et on trouve de bonnes choses sur "Resurgence Of The Empire", mais dans son ensemble - c'est à dire en écoutant cet album d'une traite - l'auditeur n'est que trop rarement sollicité par quelque chose qui le sortirait de sa légère torpeur et le ferait quitter son air dubitatif malgré l'ultra-violence du propos.


Cette leçon – le bourrinage non-stop n'est pas systématiquement synonyme de puissance et de headbanguing compulsif – Hour Of Penance n'est certes pas le premier groupe à nous en faire la démonstration. Mais sur Régicide, c'est particulièrement frappant : production ultra-carrée et puissante (mais toutefois trop synthétique), musiciens véloces et agressifs, tempo n'hésitant pas flirter avec le mur du son... et tout cela donne un résultat ne parvenant que difficilement à enthousiasmer l'amateur de violence sonore. C'est un peu comme quand le gros lard de la piscine saute du plongeoir de 10m pour faire une bombe mais ne fait, à l'impact, que quelques misérables éclaboussures...



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