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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Carsten "Lizard" Schulz
(chant)

-Axel "Ironfinger" Ritt
(guitare)

-Jochen Mayer
(basse)

-Stefan Köllner
(batterie)

-Erdmann Lange
(claviers)

TRACKLIST

1)Harbor Of Hope
2)A New Beginning
3)On Stormy Seas
4)The Shores Of Utopia
5)Ocean Paradise
6)The Beauty Of Love
7)The Great Rebellion
8)Endless Rain
9)Last Days Of Utopia
10)Underneath The Blue
11)Left Alone

DISCOGRAPHIE


Domain - Last Days Of Utopia
(2005) - heavy metal speed metal - Label : LMP



Domain n'est pas une formation très connue, pourtant cela fait près de vingt ans que le groupe existe, fondé sous le nom de Kingdom par le guitariste Axel Ritt. Les gaillards ont donc de l'expérience, en plus d'être de sacrément bons musiciens. Ils reviennent en février avec un album conceptuel, écrit de la main du chanteur Carsten Schulz, qui s'est déjà récemment fait remarquer dans Evidence One; album qui tire vers un heavy-speed symphonique, de haute qualité, dans une démarche toutefois totalement différente de celle de Rhapsody, auquel Domain est parfois injustement comparé. Explications.

Domain n'entend pas surcharger sa musique d'effets orchestraux pompeux: la base de Last Days Of Utopia est rock et compte bien le rester. Le groupe officiait d'ailleurs à ses débuts plus dans un hard-rock mélodique, qui lui a valu l'honneur de tourner aux côtés de HTP (le projet de Glenn Hughes et de Joe Lynn Turner). Cela se ressent d'ailleurs dans la voix de l'excellent Carsten Schulz, qui n'est pas à proprement parler un chanteur de metal; mais la fusion s'opère admirablement et le groupe en tire une certaine originalité. "A New Beginning", après une introduction en grande pompe, le prouve sans problème: un riff béton, une voix hard bluesy soutenue par des chœurs bombesques, une batterie déchaînée, un refrain épatant. Axel Ritt est un grand guitariste, qui distille des soli techniques assez phénoménaux. Les parties instrumentales sont d'ailleurs très soignées sur l'ensemble de l'album, en particulier sur l'épique "On Stormy Seas", qui tire vers le progressif (n'ayons pas peur des mots), avec son introduction à la Dream Theater, sa basse groovy et son refrain FM au contraste intéressant. Un Axel Ritt en transe fait de son solo un summum d'intensité.

Concept-album oblige, le disque est ponctué de plages instrumentales (deux ici) et de bruitages en tous genres. Ces derniers sont parfois un peu cheap, et on regrettera l'absence de transitions plus explicites qui auraient aidé à pénetrer dans le concept, à raffermir sa solidité, à en faire une expérience plus « compacte », quitte à la rendre plus difficile d'accès. Mais les chansons ont tout à fait lieu d'exister isolément, c'est l'avantage. "The Great Rebellion", par exemple, met le paquet sur le côté orchestral, avec un claviériste expérimenté et original en la personne d'Erdmann Lange, et donne l'occasion à Carsten Schulz de se lâcher un peu plus. A noter la belle performance du batteur Stefan Köllner, qui maîtrise son sujet, malgré la complexité des compositions. La ballade "The Beauty Of Love" profite de son côté du talent de Carsten, très à l'aise dans cet exercice, et convainc totalement en dépit d'une mélodie que d'aucuns pourraient trouver gnan-gnan. Ou encore le morceau-titre "Last Days Of Utopia", au tempo enlevé (avec des hopple-rolls terribles de Köllner sur le pont !) et aux parties instrumentales encore une fois étonnantes de maîtrise.


On peut ne pas aimer le style qu'a choisi d'arborer dorénavant Domain; mais personne ne pourra remettre en question le talent de composition des Allemands, qui brille aussi parfois dans la simplicité: ainsi "Ocean Paradise", un archétype de morceau heavy catchy réussi. Pas besoin d'en faire des tonnes, c'est l'expérience qui parle. En résumé: les musiciens sont doués, les chansons sont bonnes, le groupe possède une identité marquée, et en plus la pochette est très jolie. En ce début d'année peu remué par des sorties fracassantes d'intérêt pour nous autres amateurs de speed mélodique, Last Days Of Utopia a les atouts pour sortir du lot et trouver sa place dans nos discothèques. Bravo messieurs.


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