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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mai 2014
Sa note : 18/20

LINE UP

-Andras
(tout)

TRACKLIST

1) A Dying Dream
2) Spiegel der Seele
3) Constant Soul Corrosion
4) Cortical Spreading Darkness
5) Fractal Rise of the Fall
6) Innere Reflexion
7) Devouring Darkness
8) Origin

DISCOGRAPHIE


Infestus - The Reflecting Void



Si vous lisez les Eternels depuis quelques années vous savez sûrement que Infestus m'est un groupe cher. Alors lorsque le nouvel album est annoncé comme spécial, plus personnel, plus abouti, plus tout ce que voulez, vous vous doutez bien que les molécules de poil qui me servent de poil se hérissent avec une célérité ingrate. Andras, seul au commande depuis deux albums maintenant, va obligatoirement faire quelque chose d'unique. Il est l'Unique, il va les dominer tous, et dans les Ténèbres nous lier. L'attente est rare en fait pour tout vous dire. Oui, rarement ai-je autant eu d'espoir dans un album.

Alors forcément la recherche de l'objectivité est dure. L'attente déçue sera-t-elle trop fortement sanctionnée ou au contraire l'auto-persuasion jouera-t-elle à son plein ? Vous vous devez d'être le seul juge, le final. Car indéniablement, quelque chose de spécial cet album a. Une ambiance, une atmosphère clairement distinguable le démarque de tout le reste de la production. Infestus impose son sceau musical, sa marque sonore (via une production sinon impeccable, très intéressante tout du moins). Le plus étonnant dedans étant que si l'on retrouve très clairement le son ou les gimmicks des précédentes livraisons, que si l'album est clairement ancré dans du black metal carré ou respectueux de certains codes, il arrive à merveilleusement sortir de la masse et être comme aucun autre. Une performance qui est en elle-même remarquable au-delà de la qualité à définir de l'album. The Reflecting Void crée un monde qui lui est propre, qui saura vous happer si tant est qui vous y adhériez, qui ne peut laisser indifférent.
Les différentes montées en puissance sont à ce titre écrasantes. Celle qui rougeoie au beau milieu de "Constant Soul Corrosion", son riff martial, sa batterie de plus en plus vindicative est une impressionnante réussite. Intense d'une manière peu commune, elle prend aux tripes. Et après une longue introduction (qui laisse espérer entendre une basse qu'on n'entendra malheureusement pas assez) oser balancer à la face du black metalleux un tapping sorti du death en guise de première chanson, ça pose et impose un personnage. Car on connaissait Andras amateur du multi-couche. Sous des atours black metal classique, sa musique est en fait bel et bien une intrication de couches successives qui vivent en harmonie. Cette caractéristique est ici poussée à son paroxysme et rend le disque à la fois facile d'accès et difficilement pénétrable tant les détails d'arrière-plan pullulent. On peut l'appréhender rapidement mais on en fait le tour qu'avec le temps pour en saisir les nuances. Vous aimez découvrir ? Vous serez servis ici.
Qu'est-ce qui cloche alors ? Car vous sentez une certaine retenue depuis le début de cette chronique. Difficile de mettre le doigt dessus. Une sensation de trop. Trop de mélodies par moments, trop d'acoustique, pas assez de blasts. On sent que Infestus en voulant pousser son bouchon aussi loin que possible a peut-être atteint le seuil de douleur. Et c'est ce sentiment qui ne cesse de planer au-dessus des écoutes. L'amour aveugle auquel on veut s'abandonner côtoie le sentiment d'inachevé, ou plutôt de trop achevé. Et cela persiste au fur et à mesure des écoutes, tantôt l'un dominant l'autre, tantôt l'inverse. Notre tête est alors bien embêtée de trouver un juste milieu. C'est alors qu'il faut se souvenir que black metal et milieu, on s'en fout, ces deux notions ne sont pas faites pour vivre ensemble. Choisissez donc votre camp et envoyez l'autre balader. Mais choisissez patiemment, ne vous laissez pas emporter car cet album contient trop de perles (on appelle le riff initial de "Innere Reflexion" qui régale pendant 2 minutes pleines).


Alors oui il faut en vouloir à Andras d'avoir très certainement trop voulu en mettre avec ses acoustiques (d'ailleurs réminiscences vagues de Shining), ses soli langoureux, ses mélodies. Pourtant, cet enfoiré éclabousse de son talent avec des riffs titanesques qu'on entend nul part ailleurs et à un niveau rarement atteignable. Alors oui, ça énerve de se dire qu'il y a du trop et du pas assez, pourtant on a une envie viscérale de revenir, de sentir ses tripes se lier corps et âme à une musique qui donne tout, livre ses boyaux sur un plateau d'argent. Et oui, je ne veux pas être raisonnable ou objectif quand j'appose ma note, car The Reflecting Void est une expérience peu commune si on lui donne l'opportunité de s'exprimer.


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