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CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 12 mai 2014
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-NSK
(chant+basse+guitare)

-J
(batterie)

TRACKLIST

1) Anteinfierno
2) Sleeping Throats Of The Antichrist
3) Plagues Of Forgiveness
4) Cadaver Synod

5) Unearthed Veins
6) Burning In Damnation Fires
7) Silence Of The Great Martyrs

DISCOGRAPHIE

Death (2014)

Teitanblood - Death
(2014) - death metal black metal Poisseux et grassement véloce - Label : Norma Evangelium Diaboli



Ouais ouais l’été approche, je sais « bon dieu »! Mais même sous le soleil des tropiques, sirotant un cocktail exotique les ténèbres peuvent montrer le bout de leurs gros pifs. C’est avec ses rimes délicates que nous accueillons Teitanblood, un duo espagnol s’en contre battant les bourses contre une église de la saison dans laquelle nous nous trouvons, et ça rigole foutrement pas ici.

Le duo venu tout droit de Madrid n’est pas nouveau dans la scène death/black metal. Après moults Ep’s, Splits (quatre en tout, avec une compilation et une démo) et un album qui annonçaient la couleur (le noir est une couleur dirons nous), J et NSK reviennent cette année avec Death, un album au nom assez drôle poussant l’art noir de ces messieurs au maximum, notons par ailleurs la sublime cover explicite à souhait qui nous offre à elle seule toute les informations nécessaires à savoir sur le carnage qui nous attends. Soyons sincères, rien de neuf dans les environs… Du black death crasseux à souhaits servi avec son matraquage de fûts illimités et sa violence inouïe, mais bigre ! On s’attend au cliché, et d’ailleurs s’en est un en quelques sortes mais que c’est bon ! Aaaaah, ce son de gratte gras, capable de boucher les artères d’un sportif de haut niveau ou de broyer les os d’un éléphant baignant dans le plus visqueux des marécages. Aaaaah cette voix… Savante restitution du raclement de gorge d’un camionneur fumeur de gitanes sans filtre à la recherche d’un glaire gorgé de goudron obstruant sa gorge tuméfiée, quelle plaisir ! Ça flaire bon la vieille école et la bonne vieille musique violente et directe de derrière les fagots.
Veuillez excusez ces élans de poésies florales mais, ce genre de disque emplit le cœur d’une joie vachement vicieuse inhibant toute timidité. Comme dis plus haut, ça fait du bien d’écouter ce genre de galette de temps en temps, oui de temps en temps parce que l’écoute s’avère extrêmement fatigante… Seulement sept titres pour septante (yes i’m from Belgium) minutes de musique, y’a une couille dans le potage là ! Imaginez la longueur d’un titre de prog’ accouplé avec la brutalité d’un titre de black survitaminé où blasts et riffs lourdissimes sont maîtres… Voilà, ça brûle la tête exactement et c’est d’ailleurs un des défauts de ce disque, il est bien trop long, franchement il tiendrait quarante minutes ? On aurait là la perfection du genre, mais faut croire que le délire de ces deux joyeux lutins c’est de nous asphyxier, nous plonger dans un univers occulte, noir, sale où la mort et la douleur siègent sur un grand trône fait d’os et de cadavres en putréfaction. Cette longueur nous hypnotise tout simplement, les riffs (ma foi pas ultra originaux et parfois difficilement reconnaissable) nous frappent les méninges, entraînant une méningite et une pourriture des cellules nerveuses.
"Anteinfierno" c’est le coup de pied au cul qui vous pousse dans la fosse, et qui vous recouvre de terreau par la suite, au diable les intros chiantes sensées faire peur ! « Nous, on veut du lourd direct mon pote t’entends ?! » Ça tabasse franchement, et c’est pas pour les « p’tites chattes » ces riffs rapides et graves et cette batterie qui démonte « ta race » ! Non mon gars et c’est pas le titre suivant et même celui d’après qui vont changer la donne, cumulant à deux près de vingt minutes, "Sleeping Throats Of The Antichrist" et "Plagues Of Forgiveness" ne laissent aucun moment blanc, la même recette que le premier titre mais en bien plus long, mention spéciale au premier qui jouit de solos courts mais brûlants et dégeu’ comme l’entrejambe d’une gonzesse du Red Light District. "Cadaver Synod" s’avère être plus progressif (façon de parler hein) en effet, une intro type BO-film d’horreur et puis ça tabasse, encore et encore tout en étant bien plus dissonant que les titres précédents. Vous l’aurez compris, c’est du brutal, et ce n’est pas "Burning In Damnation Fires" qui mettra des bâtons dans les roues de ce bicycle V6 biturbo, en revanche "Unearthed Veins" est une surprise, le titre le plus court de l’album est indubitablement doom, dégagent maintes ambiances mortuaires de toute beauté, et ce ralentissement fait du bien. L’album se termine sur de l’ambient précédé de violence… Dispensable.


Teitanblood ne crache pas sur son image d’origine : un duo d’une extrême violence offrant un black/death vachement puriste et excellemment exécuté. Death est un beau cadeau, pourri et épais à souhait. C’est dégelasse, c’est dur à écouter d’une traite mais ça décrasse bien, je ne crie pas au génie de l’inventivité mais putain… Ça fait du BIEN !


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