6565

CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 06 mai 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Michael Starr
(chant)

-Satchel
(guitare)

-Lexxi Foxxx
(basse)

-Stix Zadinia
(batterie)

TRACKLIST

1) Pussywhipped
2) Party Like Tomorrow is the End of the World
3)
Gloryhole
4) Bukkake Tears
5) Gangbang at the Old Folks Home
6) Ten Strikes You're Out
7) The Burden of Being Wonderful
8) Fucking My Heart in the Ass
9) B.V.S.
10) You're Beautiful When You Don't Talk
11) If I Was the King
12) She's on the Rag


DISCOGRAPHIE


Steel Panther - All You Can Eat
(2014) - heavy metal glam - Label : Universal



La blague peut-elle durer éternellement ? C'est la question que certains doivent certainement se poser avec la sortie du déjà troisième album de Steel Panther, groupe adoré ou détesté mais qui ne laisse personne indifférent. Un groupe peut-il faire une vraie carrière en 2014 en jouant du glam et en faisant des blagues de cul dans chaque morceau ? La réponse est oui, tant que la musique est bonne.

Le début d'album rassure d'entrée. Après une intro acoustique aux faux airs de flamenco, Satchel nous balance un riff magique qui nous met directement dans l'ambiance et fait de "Pussywhipped" une entrée en matière particulièrement heavy et efficace. On a d'ailleurs l'impression que chaque album du groupe est plus metal que son prédécesseur, Satchel étant beaucoup plus fan de Judas Priest que de Poison, par exemple. Le tube parfait "Gloryhole" est un exemple de ce que le groupe fait de mieux, un heavy metal couillu basé sur d'excellents riffs au service de couplets funs et surtout de refrains irrésistibles et mélodiques que vous chanterez toute la journée. Et comme en plus les paroles sont ignoblement hilarantes, la recette est réussie. L'hymne festif "Party Like Tomorrow is the End of the World" est plus léger mais atteint son but à la perfection en donnant envie d'essayer toutes les drogues et de faire des trucs peu avouables avec les femelles de toutes les espèces comme si on devait mourir demain.
Le groupe va jusqu’à proposer des ballades qui font mouche comme la très FM et romantique "Bukkake Tears" (ces paroles dégoulinantes de... poésie !) ou la légèrement narcissique "The Burden of Being Wonderful" et ses violons, où Michael Starr nous explique modestement à quel point il est difficile d'être aussi parfait que lui. Niveau chant en tout cas il a raison, sa performance étant une fois de plus impressionnante et de plus en plus personnelle. Les bons moments continuent, comme avec la délicieusement misogyne "Ten Strikes You're Out" ou "Gangbang at the Old Folks Home" (avec un solo de Vivian Campbell !) qui nous raconte l'histoire d'un pauvre livreur de pizzas devenu l'esclave sexuel d'une maison de retraite. Malheureusement même le fan aveugle du groupe qui écrit ses lignes est obligé de reconnaître que la fin de l'album est un poil plus laborieuse.
 Dès que le groupe balance un morceau un peu moins bon que d'habitude, soit à cause d'un refrain qui rate sa cible comme sur la pourtant bien nommée "B.V.S." (pour Big Vagina Syndrome, ce fléau de santé publique auquel personne n'ose s'attaquer) ou quand la sensation de déjà entendu l'emporte sur le pur plaisir d'écoute ("Fucking My Heart in the Ass", la ballade "You're Beautiful When You Don't Talk"), la blague fait tout de suite moins rire. Mais la bonne humeur reprend le dessus quand Michael Starr nous explique le sort qu'il réserverait à Katy Perry ou One Direction dans "If I Was the King", et l'album finit en beauté avec le beaucoup moins classique musicalement "She's on the Rag" qui répond à la question cruciale "que se passe-t-il pour une groupie quand les anglais ont débarqué ?".


Steel Panther fait définitivement partie de ces groupes totalement enfermés dans une formule aussi bien musicale que "thématique", sans toutefois que cela pose problème. A l'instar d'AC/DC ou d'Amon Amarth dans des styles très différents, les californiens réussissent à ne pas encore lasser grâce à une science de la composition imparable qui fait que les bons moments l'emportent encore malgré quelques morceaux un peu en dessous. Bref, Steel Panther reste avant tout un bon groupe avant d'être une bonne blague.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4