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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 06 avril 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Sven "Svencho" De Caluwé
(chant)

-Danny Tunker
(guitare)

-Mendel Bij De Leij
(guitare)

-JB Van Der Wal
(basse)

-Ken Bedene
(batterie)

TRACKLIST

1) Six Feet Of Foreplay
2) The Extirpation Agenda
3) Necrotic Manifesto
4) An Enumeration Of Cadavers
5) Your Entitlement Means Nothing
6) The Davidian Deceit
7) Coffin Upon Coffin
8) Chronicles Of Detruncation
9) Sade & Libertine Lunacy
10) Die Verzweiflung
11) Excremental Veracity
12) Purity Of Perversion
13) Of Dead Skin & Decay
14) Cenobites

DISCOGRAPHIE


Aborted - The Necrotic Manifesto
(2014) - brutal death - Label : Century Media



Dix-neuf ans de bons et loyaux services à la cause du brutal death, c’est là ce que l’on peut voir dans le C.V. d’Aborted. Cela tend à en faire une des plus vieilles formations du genre à n’avoir jamais splitté (contrairement à Suffocation) avec Deeds Of Flesh notamment. Malgré quelques petites digressions (rappelez-vous le regrettable épisode Strychnine 213) de-ci de-là, les Belges sont toujours restés fidèles à un metal extrême aux influences reconnaissables, allant du brutal death rampant au grind le plus furieux. Au vu de la couverture de Pär Oloffson, on se dit que l’on sait précisément ce qui nous attend…

Sans erreur possible, Aborted fait du Aborted. Le sample d’intro à grand coup de Hellraiser 4, renvoyant à Goremageddon qui faisait de même avec le second volume de la saga, puis l’overdose directe de blast. Enfin, contrairement à l’image qui colle à la peau des Belges, The Necrotic Manifesto ne fait pas l’erreur de se lancer dans une course sans fin à la violence, heureusement ; et malgré des dissonances piquantes tendant à donner un petit côté gore et malsain, par endroits, les blasts, pourtant en nombre conséquent, ne sont pas qu’un cache-misère à des riffs plats. Même après presque vingt ans, avec des charges aussi furieuses que courtes ; en dehors de "Cenobites", les morceaux se rapprochent du grind dans les durées, et la machine du plat pays nous démolit allègrement les gencives. Gardant tout de même la majorité du temps, ainsi que de coutume, un tempo élevé ; les riffs, une fois couplés à la voix particulière de Sven, qui oscille comme d’habitude entre le siphon et le dogue, prennent leur plein essor, que renforcent les injections de groove pratiquées ici et là ("Necrotic Manifesto", "Davidian Deceit").
Autre point qui pourra surprendre : l’ajout de quelques solos mélodiques, qui, malgré la brutalité ambiante, accomplissent le miracle de ne pas tomber comme tant de cheveux dans la soupe, et ajoutent même une plus-value à toutes les compositions en comprenant un. Quelques riffs tentent même le coup, ainsi celui qui débute la vindicative "Coffin Upon Coffin", dont le refrain ne manquera pas de vous rester en tête. Enfin, ces quelques fioritures n’empêchent pas la batterie d’impressionner par la rapidité exemplaire avec laquelle sont délivrés les blasts, un peu à la manière de ces compagnies de pizza dont le slogan dit « en 30 minutes chez vous ou remboursé ». Cependant, à la décharge de ce nouvel album, on pourra parler de l’essoufflement léger de fin d’album, dû à un nombre trop grand de courts tabassages frénétiques, qu’une "Verzveiflung" nettement plus lente et ambiancée ne suffit à redresser. Pas de problème pour retenir quelque chose des titres, puisqu’ils restent percutants, rappelant Benighted par instants ; mais la lassitude devant tant de violence est susceptible de gagner l’auditeur lambda.


Déjà revenus avec Global Flatline à un niveau très honorable, les Belges ne font que confirmer encore  une fois le bien que l’on pense d’eux. Si la prise de risque est minime, malgré ces solos de toute beauté, dont on encourage le groupe à faire tout autant usage sur la prochaine sortie, l’efficacité est grande. Peu de répit, mais également peu d’ennui attendent ceux qui se lanceront dans The Necrotic Manifesto. Cependant, soyez bien prêts à avaler 42 minutes de brutalité rance et sans pause d’une seule traite, sans quoi, ce disque pourrait vous sembler bien indigeste.



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