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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 11 avril 2014
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Pontus
(chant+guitare)

-Magnus
(guitare)

-Rick Ruben
(basse)

-Bjorn
(batterie)

TRACKLIST

1) Cursed Redeemer 
2) Call of the Revenant
3) Whisky Train
4) Excelsior 
5) A Veiled Remembrance
6) Until the Last  
7) Frozen in Time 
8) 2013

DISCOGRAPHIE


Miasmal - Cursed Redeemer
(2014) - death metal - Label : Century Media



A force de multiplier les signatures dans les labels et attendre au final avec une promotion minimaliste que le public fasse lui même son choix, on pourrait se demander si tout ce petit monde et cette façon de promouvoir n'ont pas tué, plumé la poule aux œufs d'or et tout particulièrement pour notre musique. Si cette observation de type critique facile vous a mis à mal, voici la chronique du dernier album de Miasmal : Cursed Redeemer.

Göteborg, Suède, chant, guitare, basse, batterie, death metal. Voilà, il n'est pas plus utile de déballer une pseudo bio pour ce groupe fondé en 2007 qui avait toutefois sorti un premier album qui proposait alors un death traditionnel mais bien exécuté et ouvrait la voie à une deuxième tentative réalisée ici chez Century. Cette nouvelle mouture voit le jour dans les studios Fredman (où entre autres sont passés les Opeth ou At the Gates) et du coup on retrouve Fredrik Nordström aux commandes (multi production dont le dernier Architects ou le III de Eths). Alors avec un nom de groupe qui sent bon la douce émanation putride de la charogne et un mini CV, allons y pour huit brûlots et sa quarantaine de minutes associée. Pas de fioritures ou de chichis d'ambiance comme le proposent certains groupes, ici on attaque avec le morceau dont est tiré le titre de l'album qui, après une bonne base death roulant le riff d'une minute suivi d'un caverneux growl,  introduit le moment que vous allez passer avec le groupe. Ça sent la maîtrise technique car sans forcer la violence du jeu, on se prend la rythmique en pleine face ainsi que les chants raclés aux graviers Pontus. Ces derniers seront constant tout au long de l'album et même s'ils pourront en rebuter certains confortent aussi l'idée de maîtrise et de ne jamais forcer le jeu (ou en l’occurrence le caverneux).
De plus et à  n'en point douter, les quelques influences thrash (mais pas seulement) ont laissé des traces façon « gros rouge qui tache ton froc » : le solo du premier morceau est superbe. La suite de l'opus renforcera cette impression. Car dès "Call of the Revenant" on se laisse embarquer vers ce faux rythme et ce qui pouvait à première vue passer pour un groupe supplémentaire de death qui viendrait renforcer la longue liste d'héritiers du style, on ressent un petit quelque chose en plus. Chuck alors ! Sont-ce les solos ? Les vocaux (et timide refrains éructés)? Les riffs saccadés et constants (celui de "Excelsior" reste en tête toute la journée), la lancinante rythmique  ? Et bien c'est peut être un peu tout ça en même temps. En bref ça sent la mort ! Pas la fin de la vie, hein! Celle du groupe fondateur:  Death. Quelques séquences font agréablement penser à ce groupe. Alors sans être avérée, l'influence est très agréable car ne vaut pas copie, mais on ressent la culture des musiciens au détour d'un bridge, d'un riff ou d'un growl. On se laisse embarquer avec plaisir. Et ce n'est pas la production qui viendra couper le sentiment. Finalement l'album, puisque raisonnable en durée, s'enfile d'une traite et finit même sur un "2013" un peu décalé car plus lourd et plus lent qui offre un dernier solo de type digestif. On peut moisir et continuer de pourrir tranquillement: les miasmes seront belles.


Et bah voilà ! On part sur un énorme a priori et finalement on se fait avoir. Sous ses faux airs d'un énième groupe sans saveur ni odeur, Miasmal propose un death certes traditionnel mais dont la maîtrise et les influences rendent globalement les morceaux agréables à l'écoute et « head-bangable » à souhait. Peut être répétitif pour le novice mais au dessus du lot qui sort tout les mois dans le domaine. Allez je pars me le réécouter et faire une maudite rédemption de mon a priori initial.

note : à lire aussi l'interview de Pontus à l'occasion de cette sortie.


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