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CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 21 février 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-Markus Urstöger
(chant)

-Manuel Alexander Berger
(guitare)

-Gerhard Turk
(guitare)

-Erwin Forsthuber
(basse)

-Michael Mittendrein
(batterie)

TRACKLIST

1) Brutal Human Bastard
2) Cryptic Time
3) Addiction
4) Days of Disorder
5) Mexican Standoff
6) At the Abyss
7) Pissing Roadside
8) Down From the Silence
9) Won't You Be My Flesh
10) Deprivation
11) Negative Creep (Nirvana Cover)

DISCOGRAPHIE


Outrage - Brutal Human Bastard
(2013) - death metal - Label : Massacre Records



Qu’on se le dise, bien avant que notre metal ne s’intellectualise, bien avant qu’apparaissent à la pelle tous ces sous-genres en post-truc, machincore ou bidulegaze, le metal c’était une musique réservée aux bonhommes. Qu’on s’entende bien, je parle du vrai bonhomme, celui qui a les cheveux gras et qui éructe du bon gros death gras qui tâche sans en faire des caisses, sans sortir des rythmiques improbable ou des solos supersoniques, mais qui donne juste envie de vider des demis jusqu’au bout de la nuit. Bah Outrage c’est un truc de bonshommes.

Outrage c’est Autrichien et, comme la gastronomie germanique, c’est pas fin mais c’est bon ; à condition de ne pas s’en gaver. La subtilité de cette comparaison est d’ailleurs assez proportionnelle à celle dont font preuve nos amis sur ce Brutal Human Bastard tout beau tout chaud. Nous voilà donc en présence d’un death metal très typé 90s qui nous offre un peu plus d’une demi-heure de gros riffs binaires mais testostéronés et efficaces, comme à l’ancienne. Alors forcément, ça ne réinventera pas le fil à couper le beurre et on se posera la même sempiternelle question soulevée à chaque sortie du genre, à savoir : « à quoi bon puisque ça a déjà été fait des centaines de fois depuis plus de 20 ans et qu’on ne va de toute manière rien en retenir ? » Et, comme à chaque fois, on répondra qu’après tout, le groupe se fait indubitablement plaisir, sans aucune prétention et que, dans le fond, cette galette remplit parfaitement son rôle qui était de nous faire secouer (ou du moins hocher respectueusement) la tête au rythme des guitares saturées, tout en prenant garde bien sûr de ne pas renverser la 1664.
Et à ce petit jeu là, les mecs d’Outrage ne s’en sortent certainement pas moins bien que les autres et arrivent même à caser épisodiquement des instants burnés pas dégueulasses du tout, à l’image du riff d’intro en tremolo de "Days of Disorder". De même, on ne pourra que louer un professionnalisme remarquable tant au niveau de la production que de l’exécution, car, à défaut de faire compliqué, les musiciens offrent un jeu très propre et sans fioriture, si bien que l’écoute se révèle plutôt agréable quoique manquant assurément de véritables points d’orgues qui auraient permis de faire ressortir quelques passages de l’ensemble. Il faudra en effet bien le regretter, et on l’avait plus ou moins déjà anticipé, mais les titres se ressemblent tous plus ou moins et ce ne sont pas les quelques leads mélodiques ça et là qui suffiront à faire émerger un quelconque morceau phare qui fait un petit peu défaut à l’heure du bilan malgré tous les points positifs déjà mentionnés.


Pas de coup d’éclat pour ce second album des Autrichiens mais certainement pas un raté, juste une autre sortie qui se fondra dans la masse sans faire de vagues. Mais bien sûr, sortir l’album de l’année n’a jamais été le but visé par ces musiciens qui se sont contentés de jouer une musique qui ne se prend pas la tête, avec pour seul objectif de faire partager leur passion à travers des compositions certes, sans prétention, mais qui respirent l’authenticité. Et ça c’est metal !


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