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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 08 février 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Alexander "Alex" Otto
(chant+basse)

-Erik "EG" Gaßmus
(chant+guitare)

-Henrik Tschierschkly
(guitare)

-Nils Urginus
(guitare+basse)

-Leo Wichmann
(claviers)

-Tristan Wegner
(batterie)

TRACKLIST

1) Continuum Shift
2) Telltale Notion
3) In Kingdom Of Rain
4) Damaged Beyond Repair
5) Beauty In Passing
6) The Outer Rim
7) Temporary Loss Of Reason
8) Antibiosis
9) Luminary Ghost
10) Riven

DISCOGRAPHIE


Words Of Farewell - The Black Will Yonder
(2014) - death metal melodeath à clavetoc progressif - Label : AFM Records



Le death mélo a-t-il encore quelque chose à dire aujourd’hui ? Après vingt ans de plus ou moins, bons et plus ou moins loyaux services (il n’y a qu’à voir les tournants qu’ont pris In Flames et Dark Tranquility…), le genre a eu son revival (mh… au hasard, la hype autour de Be’Lakor et la tonne de groupes mélangeant les mélodies typiques au deathcore ou au djent, cf. le catalogue de Sumerian Records), et comme toujours, des groupes fidèles, en mode vieux briscards, et les petits nouveaux. Ceux qui veulent faire la musique qu’ils aiment. Dit comme ça, on se doute déjà que Words Of Farewell risque de ne pas être un monument d’originalité.

Et pourtant, la surprise peut être là, puisque l’on se prend à penser à Kalisia, sans les orchestrations et autres narrations, lors du premier titre. Oui oui, le groupe de Cybion. Ceci est dû à la sonorité des guitares, au chant, aux mélodies, et aux transitions. Pour un groupe qui s’étiquette death progressif, la ressemblance est assez heureuse, car les Français ne sortiront probablement rien avant 2030 au minimum, en même temps que Necrophagist donc. Passé ce premier titre, la ressemblance se fait un peu moins évidente, malgré un clavier qui tente de la prolonger. Un clavier, qui, justement, monopolise l’attention la plupart du temps, au détriment des riffs. Ce n’est pas bien grave pour le coup, puisque le côté extrême est maintenu malgré ceci, et qu’en dehors de quelques-uns, lesdits riffs ne sont pas très marquants, cherchant la plupart du temps seulement à soutenir les mélodies de guitare ou de clavier.
La production « blockbuster » participe à donner un côté très épique au tout, ainsi que l’illustrent certains passages, comme le début de "In Kingdom Of Rain", qui joue par ailleurs très bien avec les ambiances, avant d’exploser dans un final toujours aussi cinématique. De par sa forte propension à distiller de la mélodie à tout bout de champ, The Black Will Yonder est un album qui s’assimile facilement, même si toutes n’ont pas la même portée. Bonnes pour la plupart, excellentes pour quelques-unes, leur niveau fluctue, et même un titre à la conclusion aussi jouissive que "In Kingdom Of Rain" n’y échappe pas, puisque l’on se prend à attendre la fin du morceau, soit que l’explosion finale surclasse le reste, soit que certains moments soient au-dessous, on n’arrive réellement à le savoir… Puis vient, "Damaged Beyond Repair", et par la même occasion, un constat qui paraît évident : un album de 54 minutes aura sûrement un point faible, quel qu’il soit.
Ici, malgré la possibilité de faire varier la palette des sonorités grâce  au clavier, une certaine monotonie s’installe après quelques écoutes, et la plus frontale, et plus franchement mélodeath "Beauty In Passing" n’est pas de trop pour nous recaptiver. Au final, même pour un album estampillé progressif et labellisé Kalisia, The Black Will Yonder traîne trop. Passe encore que les morceaux soient développés, afin d’introduire quelques ambiances, assez aquatiques dans les sonorités, mais pas qu’il y ait un ou deux semi-fillers de 5 minutes ou presque. Ainsi, malgré les mélodies, et le côté presque catchy de certains refrains ("Outer Rim" tapine assez fort de ce côté-là avec ses bidouillages électroniques), il n’est pas rare d’avoir du mal à rester pleinement concentré jusqu’à la fin. Vraiment dommage, car on apprécie bien la mixture après quelques titres, nécessaires pour se mettre dans le bain. D’ailleurs, certains pesteront en plus contre la constante grandiloquence, et salueront le « dépouillement »relatif à certains morceaux.


Que dire de plus ? C’est gentil quand il le faut, méchant quand il le faut, ça tue parfois, ça lasse parfois… Contradictoire, ainsi que l’est le mélodeath à la base, et souffrant de petites boursouflures assez malvenues dans cette musique qui tend à l’emphase, ce nouvel album de Words Of Farewell ne manque pourtant pas d’arguments séduisants… Du coup, on apprécie, même si parfois, arriver jusqu’au bout tient de la gageure. Alors que l’écoute d’après se fera d’une traite, sans gêne aucune. Pfiouh, tout et son contraire dans cet album donc…



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