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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 08 février 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Laure Laborde
(chant)

-Steven Schriver
(chant)

-Romain Larregain
(guitare)

-Laura Nicogossian
(claviers)

-Olivier Sentenac
(basse)

-Jon Erviti
(batterie)

TRACKLIST

1) Beyond The Gate Of A Deep Slumber
2) Nightmare Circus
3) Dorian
4) The Great Chessboard
5) Fight Or Drift
6) Dawn Of The Fool
7) Chronicles Of An Infinite Sadness
8) Inner Museum
9) Sailor, Siren And Bitterness

DISCOGRAPHIE

Reflections (2014)

Silent Opera - Reflections
(2014) - melodeath progressif et épique - Label : Massacre Records



Lorsqu’un groupe sort un album possédant à la fois un chant féminin lyrique et un chant masculin bien viril, cela fonctionne comme une madeleine de Proust chez moi. Un peu moisie la madeleine, vu que cela me rappelle immanquablement les morceaux de dance des années 90… Je passerai rapidement sur le nom du groupe, Silent Opera, pour signaler que les français assènent un death-metal mélodique et épique. Mais ce qui ressort beaucoup est quand même l’aspect progressif de l’ensemble. Bref, un sacré melting-pot ! Le groupe parvient-il à mixer le tout dans un ensemble cohérent pour ce qui est leur deuxième album, Reflections ?

Le début de l’album ne va pas vraiment rassurer l’auditeur. Après une introduction trop classique et épique de plus de deux minutes ("Beyond The Gates Of A Deep Slumber"), "Nightmare Circus" lance les hostilités. Les riffs sont acérés et syncopés. La puissance est de mise jusqu’à ce que le chant arrive. Là, les guitares deviennent purement rythmiques, on alterne entre le chant gentillet de Laure Laborde et le chant agressif de Steven Schriver. S’ensuit un refrain très mélodique où la cadence diminue fortement. Le morceau se développe alors pendant 8 minutes ! Or, les parties s’enchaînent de façon plus ou moins fluides selon les passages. Le groupe a décidé de commencer avec une chanson ardue et par moments un peu bancale. En revanche, le travail des guitares se fait d’emblée remarquer. Clairement, on sent que cela va être un point fort de l’album. L'album continue avec "Dorian", qui approche des 7 minutes. Encore une fois, le tout démarre par des guitares véloces, soutenues par le clavier. On retrouve un peu la même chose. Sur les couplets, les guitares assènent une rythmique plombée et syncopée. En revanche, les enchaînements se font plus naturels, le refrain est plus accrocheur et l’ambiance est prenante. La moitié de l’album présente une musique plus directe, la durée des morceaux descendant en dessous des cinq minutes. Un choix payant car le groupe va parvenir à garder une complexité réelle dans sa musique, mais accrochera l’oreille de l’auditeur avec plus de force. "Dawn Of The Fool" présente l’apogée de l’album. Après une minute d’introduction instrumentale bien pêchue, le couplet parle dans un growl rageur.
Les guitares explosent, les chants s’articulent parfaitement et le piano, discret, donne une petite touche supplémentaire à l’ensemble. Un beau mix d’agressivité, de mélancolie et de sentiment épique !Cependant, force est de constater que c’est dans le chant que le tout pêche. La chanteuse possède un timbre classique, mais manque de coffre. Dans les plus hauts aigus, la puissance diminue. Et comme la musique est souvent sacrément pêchue, un décalage se crée. De même, l’articulation entre les deux chanteurs est souvent trop classique : pour les passages calmes, le chant clair, pour les passages bourrins, le growl. Et comme le groupe manque un peu parfois de liant dans certains passages (un problème récurrent des morceaux progressifs), ce changement de chant n’arrange rien ! Mais au fur et à mesure des écoutes, on finit par être porté par la musique et par accepter cette mécanique. Surtout que les guitares sont très impressionnantes. Variées et puissantes, elles montrent le talent de Romain Larregain, un homme à suivre assurément. Ce dernier est parfaitement soutenu par une section rythmique largement au niveau et des claviers discrets, mais toujours pertinents. Il est dommage que le chant paraisse parfois un peu décalé de cet ensemble musical de gros niveau. Malgré tout, le groupe possède déjà de grosses qualités et on peut espérer que tout cela s’améliore dans le futur.


Difficile de donner un avis définitif sur ce Reflections. Si le chant est inégal, la musique est elle toujours ambitieuse, complexe et intéressante. Nul doute que Silent Opera est un groupe à suivre. Son mélange de musique directe et progressive à la fois ne laissera pas indifférent ceux qui aiment mixer les voix aiguës et graves.



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