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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 27 février 2014
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Rhys Giles
(chant)

-Tim Aaron
(guitare)

-Rick Calleja
(guitare)

-Mitchel Fairall
(basse)

-Jake Calleja
(batterie)

TRACKLIST

1) Beginnings
2) Misery's Miscreation
3) Damnation
4) Legacy Of A Martyr

5) The Risen
6) Exitium
7) Reflections
8) Solitude

DISCOGRAPHIE

Damnation (2010)

Resist The Thought - Damnation
(2010) - death metal Deathcore - Label : New Justice Records



Dans la famille Deathcore, je demande le groupe australien Resist The Thought. Le pays d'Oz est en effet reconnu pour avoir fourni une flopée de groupes reconnus dans le milieu deathcore/metalcore, comme Parkway Drive, Buried In Verona ou encore Thy Art Is Murder, entre autres. Et Resist The Thought ne déroge pas à la règle et perpétue cette lignée. Formé en 2007, et après une démo la même année, suivie d'un EP, tous les deux auto-produits, Resist The Thought sort Damnation en 2010 chez New Justice Records.

Voici donc un énième groupe de deathcore... Quelles nouveautés ? A vrai dire pas grand chose. Les compositions et riffs sont parfaitement maitrisés. Les breakdowns dégagent une énergie pour le moins ravageuse, surtout lorsque la voix vient les soutenir. Néanmoins, attention à l'overdose, ils sont présents à outrance et sur chaque chanson, ce qui pourrait même rebuter les plus fidèles du genre, car parfois trop prévisibles. Les mélodies, pour leur part, sont assez entraînantes et bien foutues, sans être forcément très poussées ou complexes, mais suffisantes pour rester en tête quelques temps après leur écoute ("Damnation", "Legacy Of A Martyr"). Il est à noter que l'album ne comporte aucun solo (de toute façon où aurait-on pu les placer?), et la basse est quasiment inaudible à de rares exceptions près, et encore, il faut vraiment bien tendre l'oreille. Pourtant on a à faire à une qualité de production plus que convenable et les musiciens contrôlent correctement leur sujet. On reconnait assez bien le son deathcore australien, assimilable à Signal The Firing Squad ou Sensory Amusia : un son assez lourd.
L'album est assez court, puisqu'il ne comporte que 8 chansons pour une durée inférieure à une demi-heure, sachant que 2 chansons auraient amplement pu être retirées : il s'agit de l'introduction "Beginnings", sur laquelle on entend quelques chuchotements par-ci par-là, et l'interlude acoustique "Exitium" qui vient s'intercaler en 6ème position et vient complètement casser le rythme de l'album. Au mieux, celle-ci aurait pu être utilisée en guise de conclusion... Malheureusement, et ce n'est assurément pas une surprise, les structures des chansons sont assez similaires, nous renvoyant à du deathcore assez basique, mais toutefois suffisant pour apprécier les compositions au moment de leur écoute. Aucune chanson n'est pourtant mauvaise à proprement parler, mais certaines manquent de se démarquer et, malgré plusieurs écoutes attentives, ne parviennent vraiment pas à marquer l'esprit ("Solitude", "Misery's Miscreation").
Venons-en maintenant à la qualité et principale caractéristique de cet album, l'ingrédient nécessaire qui lui donne une autre dimension et vient relever considérablement son niveau : la voix de Rhys Giles. Quelle maîtrise ! La palette vocale est impressionnante : capable de produire presque trois types de voix différentes, alternant même deux voix dans une même phrase et changeant facilement de registre (du « très aigu » au « très grave »), on a l'impression qu'il y a 2 chanteurs différents. "Damnation" illustre parfaitement cet exemple, il suffit d'en écouter les 2 premières minutes. Pour les habitués du genre, vous vous rendrez compte qu'il est même possible de comprendre ce que dit le chanteur, car celui-ci possède une assez bonne articulation. En revanche, les thèmes des paroles sont loin d'être exceptionnels : comme tout bon groupe de deathcore qui se respecte, les chansons traitent de la condition humaine, de la haine et de la révolte envers une société de déchéance ou encore de meurtres et vengeances. Rien de nouveau sous le soleil, ce qui n'enlève en rien la justesse de leur propos ("Misery's Miscreation", "Damnation").


Au final, Damnation est un bon album de deathcore, qui est certes d'une grande efficacité, mais qui n'est pas d'une grande originalité musicale tant les chansons sont construites de la même manière. Resist The Thought se démarque vraiment des autres groupes de deathcore par sa voix si particulière : c'est l'élément principal à retenir du désormais défunt combo australien.



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