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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 25 janvier 2014
Sa note : 4/20

LINE UP

-Dylan Carlson
(guitare)

-Adrienne Davis
(batterie)

TRACKLIST

1) Dissolution III
2) Living In The Gleam Of An Unsheathed Sword

DISCOGRAPHIE


Earth - Living In The Gleam of an Unsheathed Sword
(2005) - barré ambient drone ; noise ; noise ; noise - Label : MegaBlade



Des heures et des heures, et des heures, et des heures encore à essayer de comprendre le pourquoi du comment; à essayer de distinguer le possible de l'impossible; à essayer de d'effacer ce que vous avez imaginé pour ne garder que le réel dans son horrible vérité. Des grésillements amateurs, un mal de tête, un rythme approximatif, une boucle sonore... Pire, une bouillie sonore, qui n'a de drone que le nom, et qui est, à ce jour, l'une des plus concrètes manifestations de folie que vous ayez rencontré. Cette œuvre est une purge. 

Vous êtes-là, dans votre chambre, à ruminer votre échec. Ridicule. Tout le monde vous l'avait dit : LITGOAUS (ou, scientifiquement, Living In The Gleam Of An Unseathed Sword) ne peut pas être capturé. Il ne peut pas être vu. Ne peut pas être entendu, pas plus qu'il ne saurait être défini. Avec terreur, vous réalisez votre effronterie à l'idée d'avoir voulu affronter le mythe. Un rude combat, dès le départ. La première attaque vous fut instantanément fatale, ou presque. "Dissolution III" et le tour était joué. Sans dessus-dessous, votre cerveau semblait céder, lâcher prise, s'éteindre. Pour mieux reprendre, une seconde plus tard, un raisonnement incohérent et désagréable. Des bourdonnements d'abeilles asthmatiques plein la tête. Le bruit de l'explosion des cellules de votre cerveau. Oui, quelque chose comme ça. Et ça a duré un quart d'heure. Pendant 14 minutes et 29 secondes, LITGOAUS, cette sale bêtevous a malmené. Et ce n'était que le début... ô, si vous saviez ...
LITGOAUS vous a ensuite asséné son attaque éponyme. En boucle. Une frappe répétée d'une quinzaine de notes. Poursuivant une logique lui étant propre. Le but était défini : vous faire imploser. Vous perdre dans l'immensité chaotique du néant abyssal de votre esprit torturé, insignifiant et variablement cristallisé d’algorithmes inexacts. Par épisodes, l'attaque semblait observer un rythme. Comme un schéma, un glyphe sonore, qui devait se répéter pour que l'effet escompté se réalise. Le reste du temps le Chaos. Et la varicelle, le nouvel an, un château-fort, une arme, un massacre public à la CAF, un parasite résistant, un renard traversant la route, une chat bariolé de peinture, la nuit, les yeux du Diable et une partie d'échecs dont vous êtes joueur et pièce, noir et blanc. Rien n'a de sens et vous sentez qu'au milieu de ce magma aigu, une céphalée naît. Des fourmillements, des brûlures, des écrasements. Ceci pendant 58 minutes et 54 secondes. Les pires de votre vie. Un calvaire. Tout sauf ça. 


Historiquement seulement, LITGOAUS a du sens. Dylan Carlson, épuisé par des années de drone (le séminal Earth 2), par des années de drogues dures, par le meurtre de son ami, Kurt Cobain, dont il est accusé, par les soucis judiciaires ayant suivi, relâche ses démons. Sculpteur sonore, il libère ses idées noires, à l'occasion de ce soi-disant live. En résulte un n'importe quoi torturé, improvisé et chaotique qui purge Carlson une bonne fois pour toute. Apaisé, la suite de sa carrière (qui continue en cette année 2005 avec Hex), prendra un autre tournant, plus serein. 


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