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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 21 janvier 2014
Sa note : 13/20

LINE UP

-Guillermo Izquierdo "Polako" 
(chant+guitare)

-David G. Álvarez 
(guitare)

-José J. Izquierdo
(basse)

-Víctor Valera
(batterie)


TRACKLIST

Evil Unleashed :

1) 
Overture - The Dictate
2) Versus The World
3) Fuck You
4) Backbone Crusher
5) Gone Away
6) Time To Rise Hell
7) Negotiating the Clowns
8) The Thornmaker
9) Sons of Revolution
10) Hereditary Genius
11) Killers and Killed
12) Domination (Pantera Cover)

Give 'em War :

1) 
Vomitive
2) So Injustly
3) Corruption
4) Free Your Soul
5) Never Forget
6) Energy
7) Give 'em War
8) Collateral Damage
9) Room 237
10) Thrash Attack
11) In The Heart of Nations
12) The Calm

DISCOGRAPHIE


Angelus Apatrida - Evil Unleashed + Give 'Em War
(2013) - thrash metal - Label : Century Media



Vous pouvez les ressortir du grenier autant de fois que vous le désirez, vos œuvres de jeunesses n'en seront pas meilleures pour autant. Quand votre conseiller bancaire, Tom, rentre chez ses vieux parents l'espace d'un week-end et qu'après un copieux bœuf bourguignon, il descend à la cave pour regarder les dessins qu'il avait réalisé en CP, c'est une sensation de nostalgie qui le prend à la gorge. Il se dit que, tout de même, c'était la belle vie avant : les gens heureux arborant de grands sourires, l'herbe verte, le chien avec quatre pattes les unes à la suite des autres, le soleil - qui sourit, lui aussi - dans le coin en haut à gauche... Vraiment, c'était bien, avant.

Mais tout de même, Tom se dit, en séchant ses larmes avec le bout de son costume, qu'il a accomplit bien plus, depuis cette belle époque. Comme son groupe fétiche, Angelus Apatrida, Tom a passé les étapes : bac avec mention ("assez bien", mais tout le monde lui disait que c'était "bien", si bien qu'il a finit par le croire), des études supérieures rondement menées avec ardeur et volonté. Tout comme Angelus Apatrida, qui opère dans un coin douillet, le thrash, avec une certaine réussite. Une carrière sans trop de risques, mais efficace lorsqu'elle est bien conduite, comme c'est le cas tant pour Tom que pour les espagnols. Tom est conseiller bancaire, il est fier comme un coq. Il mérite son succès. Ses clients lui sont fidèles comme lui l'est à l'ange apatride. Les premières œuvres de Tom, comme celles d'Angelus Apatrida, bien qu'un peu naïves, un peu simplistes ou un peu clichées, témoignent d'une partie de son parcours. Sans elles, jamais Tom n'aurait pu atteindre son statut actuel : cadre et conseiller bancaire. Tom est décidément très fier. Sans Evil Unleashed et Give 'Em War, Angelus Apatrida n'aurait pu sortir Clockwork et The Call. Finalement, Tom et Angelus se sont bien trouvés : ils ont beaucoup en commun. Conventionnels, ils aspirent néanmoins à sortir de la masse et y parviennent plus ou moins tous les deux.. 
Tom écoute du thrash. Avec un « h », même si ses collègues aiment bien se moquer de sa musique « poubelle ». Ignorants. Tom est au-dessus de ça, désormais. D'autant que le revival thrash des années 2000 lui plait. Il estime, au contraire de bon nombre, que le classicisme n'est pas une tare, et que l'innovation n'est pas essentielle. Cet été, au Motocultor, il a vu Angelus Apatrida. Les espagnols. Vraiment l'un de ses groupes revival favoris. Quel pied ! La terre volait au rythme du circle-pit, les riffs tranchaient avec l'art et la manière, les soli étaient vifs, pleins d'énergie et les gens jetaient en l'air leurs t-shirts, leurs bières et leurs godemichés. Un grand moment. Viril et amical. Tom rigolait en pensant à ses collèges de bureau en train de se dorer à Bandol. Tom n'imaginait pas un groupe de thrash se nommer « Bandol ». Quel ridicule ce serait. Vous imaginez, la première partie de Testament : Bandol ? Restons sérieux... La première partie de Testament devrait mieux être Angelus. Ces deux-là jouent clairement dans la même cour.
D'abord il y eu Give' Em War. Du thrash basique, véloce, n'ayant pas peur du mid-fast-tempo. Un bon défouloir pour Tom, assis devant son assiette de purée à la cafèt'. Seul problème : Tom avait beau enchaîner les repas en cafétéria, il ne retenait rien de cet album. Agréable, donc, mais pas essentiel, pas autant que Clockwork ou The Call, c'est certain. Puis il y eut Evil Unleashed. Toujours la même formule thrash/heavy, mais mieux appliquée. Tom s'amusait à chercher les références. Le chant ? Un mélange entre Pantera et Iced Earth (flagrant su "Versus The World" !). Lorgnant parfois vers Mustaine, mais pas autant que sur les futurs essais du groupe. Les riffs ? Thrash, sans tordre du bassin. Mais mélodiques quand même, et accrocheurs, aussi. Une violence relative et maîtrisée. Bref, pas mal du tout. Le rythme ? Thrash, mais modéré. On est pas chez Vektor. Angelus Apatrida apparaissait comme un second Testament, qu'on aurait couplé d'autres influences du même genre. A la fois familier et différent. Rien de bien innovant, mais clairement quelque chose d'agréable à l'oreille. Tom fût surpris en apprenant qu'Evil Unleashed était plus ancien que Give 'Em War. Mais après tout, pourquoi pas. Les deux se valaient bien, finalement. Rien à dire sur la production ? C'est qu'elle est bonne. 


Encore aujourd'hui, dans les frimas de l'hiver, Tom se remémore ce festival d'été, la bière, la musique, les gens, le taboulé au petit déjeuner. Et Angelus Apatrida. Tom est ravi de savoir que les Espagnols se débrouillaient déjà à leurs débuts. Si sa préférence continue d'aller à Clockwork et The Call, ma foi, se dit Tom, la réédition des débuts de ce pilier de la scène revival reste une bonne chose. Car qu'est-ce-qu'on se ferait chier, quand même, a discuter avec les collègues, à la cafèt'. 




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