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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 07 janvier 2014
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Joey Belladonna
(chant)

-Dan Spitz
(guitare)

-Scott Ian 
(guitare)

-Frank Bello
(basse)

-Charlie Benante
(batterie)

TRACKLIST

1) Milk (Ode To Billy)
2) Bring The Noise
3) Keep It In the Family (Live)
4) Startin' Up A Posse
5) Protest And Survive
6) Chromatic Death
7) I'm The Man'91
8) Parasite
9) Pipeline
10) Sects
11) Belly Of The Beast (Live)
12) N.F.B. (Dallabnikufesin)


DISCOGRAPHIE


Anthrax - Attack of the killer B'S
(1991) - thrash metal - Label : Island Records



Visible comme un bouton au milieu de la figure, on pense souvent que les compilations n'ont que pour seul intérêt de faire rentrer les dollars dans les caisses du label. Et quand on sort une compilation de face B de singles, des raretés et des reprises, que le-dit album est nominé pour un Grammy dans la catégorie "meilleure performance metal" 1992 et qu'en 2006 (dernier chiffre officiel) le disque s'était écoulé à 617 000 exemplaires rien qu'aux states (of euphoria ?) on se dit qu'une petite revue environ vingt ans après n'est finalement pas si inutile. Malgré les années, les compositions sont toujours aussi bonnes à l'oreille et méritent d'être découvertes. La meilleure façon même d’appréhender le groupe.

Si on voulait un album (même si celui ci est souvent présenté comme un EP) hommage à la première période du père Belladonna (1984 / 1992), plutôt que de piocher dans les Spreading the Disease , Among the Living , State of Euphoria ou Persistence of Time, il suffit de ne garder que cet album pour comprendre et/ou revivre toute la puissance de ce groupe déconneur mais sacrément bien organisé pour balancer du thrash et du riff en veux tu en voilà ! Mais Commençons par les escapades Rap/ Hip Hop des gars en bermudas ("Bring The Noise" et" I'm The Man'91") en tout cas des morceaux qui se fondent parfaitement dans le décor, même finalement en s'éloignant du registre. Pour "Bring the noise" c'est surtout la collaboration avec Public Enemy qui est remarquable. Le titre est en fait une "cover" du groupe puisque celui ci participe au réenregistrement façon Anthrax. L'histoire serait même à raconter en détail. Rapidement : ce serait Scott Ian qui, à force de mettre des T-shirt du groupe, avait fini par attirer la sympathie des rappeurs qui lui rendaient la pareille dans certains lyrics. Au final refaire la chanson façon thrasho/Def-Jam apparaissait comme une évidence. Le résultat au final est presque meilleur que le morceau original : l’agressivité (ou assertive pour qui veut le message positif) est largement démultipliée grâce aux riffs des pustules new-yorkais. La version est à découvrir que l'on connaisse ou non l'histoire entre les deux groupes. Une deuxième version remixée sera livrée en 1999 (nettement moins bonne).
Quand à l'autre morceau : "I'm the man '91" il s'agit de la version actualisée de ce qu'il convient de considérer (tout débat de comptoir reste possible) tout simplement comme la première chanson de rap metal de l'histoire. Le morceau, datant initialement de 1987, ouvrait la voix aux groupes des deux genres musicaux tant, par exemple, Beastie Boys ou Cypress Hill d'un coté que, par exemple aussi, Faith No More ou Rage Against the Machine pour la partie metal. Certains rétorquent souvent le Run DMC réchauffant le 70'S "Walk this Way" de Aerosmith en guise de première chanson, alors qu'il s'agit ni plus ni moins d'une reprise façon rap-guitare. La version '91 tout aussi épico-coquine reste cela dit un ton en dessous de l'original ou de toutes les versions censurées ou extrêmement censurées ayant existé. « L'éclate » valait surtout pour le moment des concerts où la chanson était jouée. La version 91 reste néanmoins parfaitement dans la production 90's / MTV de l'époque. Passons rapidement sur les morceaux Live, "Belly Of The Beast" et "Keep It In the Family", toutefois bien choisis. Restituant très bien les concerts de l'époque et rappelant qu'au delà des bermudas fleuris les mecs envoyaient du lourd, n'usurpant en rien leur place dans le « Gros-4 » ressortit du placard très intelligemment en 2010 (les deux titres enregistrés durant les tournées 90/91). Avalons rapidement la « lol song » "Startin' Up A Posse", grossière à souhait et valant au groupe une version ultra censurée super hachée par les bourdonnements d'abeille à la place des mots d'oiseaux suite à la demande de la jeune PMRC de l'époque.
Passons à la partie covers rock. "Sects" sera le deuxième  titre qu'Anthrax aura repris de Trust. Avec bien sûr l'auto appropriée avec le temps "antisocial" qui donne toujours des prestations survitaminés quand jouées dans l'hexagone. Le riff original de Norbert Krief, même si non sublimé, a tout de même droit au passage moulinette Scott Ian avec son picking agressivo-joyeux-rapido-pressé (rien que ça)! Le kissien "Parasite " rend hommage à la composition originale d'Ace Frehley puis qu’était alors l'un des morceaux les plus rapides de l'album de 1974 Hotter Than Hell et uniquement joué lors de la tournée de promotion. Enfin jusqu'à la sortie de la compil' d'Anthrax puisque, bizarrement, la chanson retrouvant la setlist des tournées du Bisou à partir de 1992. Quand à "Pipeline", il s'agit de la reprise façon Anthrax d'un des classiques du mouvement surf rock : l'original composé et interprété par les Chantays est sorti en 1962 et fut repris par bon nombre d'artistes aux registres divers. Le morceau a ainsi droit à sa version metal thrash. Le tout est d'ailleurs aussi mélodique que l'original, avec le gros son en plus. "Protest and Survive" reprise d'Anthrax d'une composition de Discharge (décidément bien pillé par les groupes de metal puisque Metallica, Machine Head ou Sepultura ont également puisé de quoi faire des reprises). "Chromatic Death" est à mon sens une fausse reprise car au crédit de S.O.D projet parallèle de Ian et Benante permettant au final de faire ici un peu de promo gratos au mosh-band.

Si aujourd'hui Anthrax semble avoir trouvé son rythme, passe surtout son temps en tournée et semble dorénavant stabilisé dans son line up, il convient de replacer la compilation dans son contexte. Le thrash 1.0 allait bientôt sombrer alors qu'il se pensait insubmersible tel un « Titanic'ton'rock ». Et Belladonna allait quitter le navire avant un premier retour en 2005 le temps d'une tournée, puis en 2010 pour ce qui semble être un contrat à durée indéterminé. Sans être un Best of, Attack of the killer B'S concentre en tout cas le talent du groupe à travers différents exercices de style variant de la simple composition originale. Un Return of the Killer A's verra le jour en 1999. Sans être mauvais il ne témoignera toutefois plus de son époque comme la première Attack (et serait l'homologue pour la période Bush). A écouter sans limite.


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