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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 12 décembre 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ovl.Svithjod
(chant)

-Christian Botteri
(guitare)

-Oddvar A:M
(guitare)

-Christopher Botteri
(basse)

-Anders Kobro
(batterie)

TRACKLIST

1) Yearning the Seeds of a New Dimension
2) Heart of the Ages
3) In the Woods...
4) Mourning the Death of Aase
5) Wotan's Return
6) Pigeon
7) The Divinity of Wisdom

DISCOGRAPHIE


In the Woods... - Heart of the Ages



Le site des éternels est parfois surprenant. A plus d'un titre car on y retrouve des références obscures, des gros noms ronflants, tous achalandés largement comme il faut et, perdu, négligé, oublié, égaré dans les méandres de l'esprit cosmique, le groupe culte qui n'a jamais été évoqué. In the Woods... est de cette trempe étonnamment. Le temps est venu de réparer injustice, crier famine et lancer les poings vengeurs dans la neige qui tapisse nos cœurs. Heart of the Ages ouvre donc la voie, la voix et on voit. Notre erreur, inqualifiable que nous nous pardonnons de bonne grâce. 1995, black metal hurlant et Norvège triomphante pourtant fatiguée et consumée sous ses cendres, année de cette sortie.

L'album débute par "Yearning the Seeds of a New Dimension", 12 minute d'entrée qui mettent les points sur les « i ». Un clavier cosmique sera le premier contact avec l'entité In the Woods... qui ce sera toujours démarquée de la troupe durant son existence. Heart of the Ages est l'acte inaugural d'une carrière placée sous le signe de la progression et de l'ambiance. Il en est le représentant le plus ouvertement black metal, tant par le chant que par les ambiances développées. Ambiances rendues froides par des guitares enregistrées avec les moyens de l'époque qui si elles savent rester intelligibles n'en sont pas moins dénuées de puissance (au contraire de la basse qui est merveilleusement mise en avant avec des lignes très souvent justes et parfaitement... basses). Et ce n'est pas un défaut pour la musique ici jouée. Ce black metal ambiant progressif n'en a cure et s'abreuve du mince filet d'eau fournit par les guitares. Les riffs sont toujours simples, les Norvégiens n'ont jamais été démonstratifs, mais les ambiances sont multiples tout comme la richesse des compositions indéniables.
Si on revient un peu sur "Yearning the Seeds of a New Dimension", on se rend compte qu'elle porte bien son nom. A son écoute, l'auditeur plonge dans cette dimension aux frontières du réel et du songe, atmosphère éthérée pour black metal feutré, le groupe prend clairement son temps pour installer son art. Le chant est uniquement clair, parfaitement en opposition avec les standards de l'époque, et si on perçoit des guitares glaciales, on se demande pourquoi le groupe est rattaché de loin au mouvement black metal. Cependant arrive le moment suprême, bleeding... parlé, bleeding... susurré, rage hurlée !! Rarement un déchirement black metal n'aura été aussi intense. Cette première incartade réelle dans le genre est magistrale et colle la chaire de poule. La chanson ainsi lancée ne s'arrêtera plus de tancer le tympan de l'amateur noir. Elle se finit dans une farandole de montées en puissance qui libère nos hormones en ébullition. On remarque rapidement le chemin suivi par In the Woods... A la lisière du style black metal qu'il côtoie finalement de très loin, il n'en utilise que les éléments les plus ambiants, mais bien loin d'un Burzum.
En fait pour décrire plus précisément In the Woods..., il faudrait plutôt se rapprocher des groupes progressifs des années 70, obscurs et calmes qui peuplèrent ces années. In the Woods... tire ses brillances de cette époque très clairement et s'arroge une maîtrise des compositions précoce, maîtrisant les pavés qui pourraient sembler trop longs (même si "Wotan's Return" est un peu limite par moments) en les faisant vivre sans discontinuer, les remplissant tantôt de haut, tantôt de bas, dans des arabesques toujours simples mais non simplistes et une intelligence impeccable. Le black metal est toujours là en filigrane, par des riffs, des cris, des froideurs, "In the Woods..." la chanson en étant le plus marquée. Comme un contre-pied parfait, c'est juste après cette incartade noire que le groupe délivre "Mourning the Death of Aase" son offrande la plus douce portée par une voix féminine de toute beauté. Y a-t-il seulement des écueils au milieu de cette cascade d'éloges ? Oui, car les moments trop calmes, s'ils bercent, peuvent en pousser certains à la somnolence (au hasard "Pigeon", pas à sa place). Les compositions donnent cette impression qu'elles peuvent aller plus loin, pousser le polissage au niveau supérieur, chose qui sera faite pour le suivant, Omnio.


Alors n'oublions pas que nous en sommes en présence d'un groupe tout jeune, qui termine sa mue pour abandonner le black metal et qui malgré cela offre une prestation de 1ère catégorie. Les influences black metal sont présentes ce qu'il faut pour attirer l'amateur noir tandis que celui qui aime les choses progressives en aura pour son grade. La maîtrise n'est cependant pas encore totale, la production peut paraître défaillante, les compositions pas totalement abouties de rares fois. Bref, on est dur car on sent plus que du potentiel, il est déjà révélé, mais il devra se faire plus expert.


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