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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 08 décembre 2013
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ese
(tout)

TRACKLIST

1) Ho som haustar aleine
2) Rooted in Knowledge
3) I slike stunder
4) Logna sin flende
5) The Path of no Return
6) Faceless Queen
7) Dirt Life Death
8) Past Burden Strength

DISCOGRAPHIE

Loyndom (2013)

Slegest - Loyndom
(2013) - heavy metal black metal - Label : Dark Essence



Dans un monde où la guerre fait la une, la crise étale sa science dans les journaux et la pauvreté est rampante, il nous faut des repères, des phares auxquels se fier. Ces groupes-là, ce sont ceux qui font appel au passé, base du metal à tous, qui nous font revivre les folles années de la jeunesse. Slegest est de cette trempe. Années 80 au pouvoir, épaulées par les années 70, Loyndom va faire vibrer la fibre du vieux qui est là en chacun d'entre nous. Même que pour certains d'entre vous, vous êtes déjà vieux pour de vrai.

Ce qui frappe d'emblée chez Slegest c'est un son qui certes sonne black metal avec un grain d'époque et une froideur palpable, mais qui fait appel aux Grands Anciens : Iron Maiden (et même plus précisément, période Killers, écoutez donc "Ho som haustar aleine"). Etonnamment, on entend un autre groupe, pas du tout de cette époque, mais qui pourtant appartient aux années 70 : Hail Spirit Noir. Vieux rock prog mêlé de black metal, ce groupe point dans les rappels à ces années de débauches instrumentales. Heureusement pour nous metalleux extremistes modernes, le chant est un amalgame de cris black metal, nous ne sommes donc pas totalement perdus dans ces années que finalement peu d'entre nous connaissent. Néanmoins, si ces considérations aident certes à la compréhension de la musique proposée, elles ne valent rien face au riff sonnant et trébuchant, et celui-ci est d'un fort beau gabarit. Varié, présent en quantité et d'une qualité indéniable, on ne cherchera pas à faire autre chose que s''incliner face à lui. Très souvent inscrit dans une veine nostalgique, il rappelle évidemment le heavy des années 80 et peut-être même un poil de rock des années 70.
Il est très souvent d'un rythme posé, le vieux n'aime pas jouer trop vite, et s'attelle à rester facilement mémorisable (bref, comme le heavy des années 80). Lui reprocher son manque d'originalité est presque un total non-sens tant le discours de cette musique est celui de l'hommage au passé. Ce riff n'est pas seul, il se fait accompagner de soli non démonstratifs qui cherchent, et touchent, le feeling, l'efficacité et la mélodie. Eux aussi se jouent sur un mid tempo pas désagréable et rappellent que le propos est à la nostalgie. Derrière ces atours évidents se trouve la basse, agréablement présente qui délivre des lignes simples mais au groove indéniable et indispensable à ce type de musique. Un son rond et un chouïa saturé qui lui convient à merveille. La batterie n'apporte rien de fantastique à son niveau, mais elle se contente d'un minimum qui ne dénature en rien les compositions et s'insère naturellement dans cette rivière tranquille qui nous berce jusqu'aux aurores lorsque la musique moderne prendra le relais, car il faut bien sortir de cette somnolence qui peut nous guetter. Pendant cette soirée au coin du feu par contre, on apprécie se laisser porter par le message passéiste de ce Loyndom.


Le mot final de cet album qui n'apporte pas grand chose au grand moulin du metal est qu'on se retrouve face à un vieux pote qui fait plaisir à revoir. On l'écoute avec un certain contentement, voire entrain, tout en sachant qu'on ne se reverra pas pendant longtemps. Mais à chaque fois ce sera un plaisir. Toutefois on ne pousse pas à se revoir trop souvent.


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