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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Sel Balamir
(chant+guitare)

-Neil Mahony
(basse)

-Matt Brobin
(batterie)

TRACKLIST

1)Motorhead
2)Airborne
3)Panzer
4)Old Movies
5)Post Acid Youth
6)Neon
7)On/Off
8)The Consultancy
9)One Great Summer
10)UFOs

DISCOGRAPHIE


Amplifier - Amplifier
(2004) - post rock mélange de rock et de post rock - Label : Music For Nations Steamhammer



La vie de chroniqueur est ainsi faite, les bonnes surprises vous tombent dessus sans crier gare, et généralement là où vous les attendiez le moins. Ainsi, parmi une fournée de promos livrée par le webmaster, ce ne sont pas les disques de black mélodique, de métal sympho et encore moins ceux de death technique pondus par des groupes confirmées qui devaient vraiment m'enchanter, mais le premier album d'un petit combo de rock anglais. Pourtant ce n'était, comme à l'accoutumée, pas gagné d'avance: loin des genres de prédilection de votre fidèle serviteur, et surtout avec cette mention (qui est sûrement l'oeuvre du management, mais qui n'en choque pas moins) dans le livret promo: "Amplifier, le plus grand trio au monde". "Sans blague? Ben ils ont intérêt à ce que ça soit vrai, sinon ils vont en prendre plein leur grade"

Fort heureusement, même si la véracité de cette affirmation sur la place d'Amplifier au sein de la scène rock mondiale peut être contestée, il n'en reste pas moins qu'on peut difficilement nier que l'on a affaire là si ce n'est à des génies intemporels, mais en tout cas à des petits gars sacrément doués. Amplifier, c'est une véritable gifle au prétendu renouveau du rock dont on nous rabat les oreilles ces derniers années, renvoyant dans leurs garages bon nombre de combos, histoire qu'ils réapprennent leurs leçons sur ce qui fait l'essence du rock et du post-rock. Combiner ces deux courants peut sembler ardu à première vue: d'un côté il y a la science du riff, de la mélodie accroche-neurones, et de l'autre le savoir-faire dans l'instauration des ambiances, l'exploitation des sons et des tessitures. Sel Balamir et sa bande s'en sortent pourtant haut la main, avec comme excellente illustration le titre "Panzer", avec une guitare qui dans l'intro a des sonorités presque orientales qui se muent en un riff envoûtant de stoner-rock, pour finalement livrer des sons proches d'une nappe de synthé lors des refrains.

Ainsi, Amplifier, c'est une véritable illustration par le son du sens de la mesure. Le côté direct et aisément mémorisable des riffs et mélodies (écoutez le riff de "The Consultancy" ou la ligne vocale de "One Great Summer" pour vous en persuader) est toujours contrebalancé par des compositions qui prennent tout leur temps pour évoluer et une petite touche psychédélique qui se manifeste par des arpèges ou des solos parfois à la limite de la dissonance, aux équilibres tendus mais toujours agréables pour l'oreille. Pas question ici toutefois de structures chiadées ou alambiquées, de changements de tempo subits, et pourtant on n'en est pas à un couplet-refrain-couplet basique, il y aura toujours un petit passage, break ou effet pour rompre la routine. La production de l'opus vient compléter brillamment ce talent de composition, avec un spectre sonore très bien rempli, presque saturé, mais permettant toujours de distinguer de manière limpide les arrangements et les mélodies.

La grande force, et aussi une des petites faiblesses de l'album, c'est son homogénéité. Même si chaque compo est aisément identifiable, il n'y a quasiment aucune variation sensible dans le style tout au long du disque. Mais sachant que toutes les pistes se valent (mis à part peut-être "The Consultancy" qui se distingue par un riff principal à la limite du génie), vous êtes assuré de ne zapper aucune piste lors de l'écoute. Et vous pourrez même prolonger votre plaisir avec l'EP bonus, dont les compositions n'ont rien à envier à celles de l'album, plus particulièrement le très sabbathesque "Boomtime" (tout, du riff aux effets sur la voix de Sel, semble faire un clin d'oeil aux primogenitors du métal). Bref, un disque à posséder pour toute personne un tant soit peu sensible aux rock ou post-rock modernes, et un groupe promis à un brillant avenir, dont la carrière sera assurément à suivre.




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