6273

CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 20 décembre 2013
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Benjamin Dupré
(chant+claviers)

-Benoit Serraillier
(guitare)

-Stéphane Albanese
(basse)

-Matthieu Budin 
(batterie)

TRACKLIST

1) Introduction
2) Stage 01 - Accepting Humanity
3) Drown In The City
4) I Don't Care
5) Betrayed
6) Scarecrow
7) On The Edge
8) I Stand Alone
9) Rest In Peace
10) Who's That Bitch
11) Last Warning
12) It Only Needs One Man

DISCOGRAPHIE

Shinray (EP) (2010)
Stage 01 (2013)

Shinray - Stage 01
(2013) - heavy metal subtil et lorgnant vers le prog' - Label : Autoproduction



Clairement, il existe quelque chose entre l'univers du metal et celui du jeu vidéo. Une attirance mutuelle. Les développeurs puisent dans notre musique, et, de leur coté, les groupes aiment les jeux vidéos. Ils y jouent et s'en inspirent (« nintendocore », quelqu'un ?). Et bingo, c'est très justement le cas des Grenoblois de Shinray avec Stage 01. Le titre est explicite, l'artwork - magnifique - encore plus. Et lorsque tout commence avec une "Introduction" digne d'un bon vieux Final Fantasy tenant sur quatre disques , on est presque déçu de ne pas sentir davantage cette influence sur le reste des 75 minutes que dure ce premier niveau. 

"Stage 01", malgré sa qualité de morceau-titre, n'est pas excessivement enthousiasmant. Exclusion faite d'une section solo que l'on remarque de grande qualité (claviers + guitares ; les deux s'acoquinant souvent à la façon d'un groupe de prog'), le morceau passe sans trop se faire voir. Mettons que pour un premier niveau, c'est là quelque chose de normal. Fort heureusement, "Drown In The City" lance la machine pour de bon : les riffs heavy se font efficaces ; la mélodie (du refrain, mais pas que) s'incruste dans les mémoires ; les émotions varient ; les solistes restent remarquables. Bref, du tout bon. Du heavy, le groupe tire son énergie et, du prog', il use la narration. Clairement, on sent que nos gars jouent avec passion. Et c'est bien. Sauf que voilà, fort honnêtement, les efforts tombent parfois à plat, sans trop qu'on sache pourquoi.
Si des sommets d'enthousiasme et de composition comme "I Don't Care" (qui tape dans le heavy ultra et efficace et « motivationnel »), "I Stand Alone" (qui ralentit le tempo vers du « mid » et sort ses gros biceps le temps d'un riff puissant) ou "It Only Needs One Man" (au riff - encore un ! - simple mais, punaise, jouissif comme un boss de fin ; on se croirait chez Voyager, pas franchement la pire référence), si ces trois titres, donc, tirent assurément l'album vers le haut, d'autres compos font un peu pâle figure dans notre affaire. Parmi elles, "Scarecrow", espèce de hard-heavy un peu pataud lorsque la voix se met à grogner, "Rest In Peace", dont je n'ai personnellement pas la moindre note en tête après X écoutes ou "Who's That Bitch", l'erreur de goût de l'album (trop festif, trop simple, trop hors-sujet). Finalement, en bon « newcomer », Shinray sort ici un album de heavy frais et joué avec tripes et force (tout ceci suinte des écoutes comme l'évidence même : le kiff des musiciens est maximal) qui n'évite pour autant pas les moments de faiblesse.
Ceci dit, faiblesse ne veut pas nécessairement dire calme et ramollo. Tenez, "Betrayed" et "On the Edge", bien que tirant toutes deux vers la ballade (deux accalmies en plus d'une heure ; le quota n'est pas choquant) sont par exemple franchement réussies. C'est qu'avec un claviériste comme celui-là, qui épaule un chant qui évite l'écueil du plaintif en restant néanmoins touchant, Shinray avait ce qu'il fallait pour s'en sortir. Enfin, comment ne pas parler de l'« epic final track », véritable boss de fin de l'album ? "Last Warning" et ses treize minutes est un exercice de style. Piano, montée, mid-tempo qui instaure la tension, re-piano de toute beauté (décidément !), batteur vivace (ici, mais aussi sur tout l'album, le batteur s'en tire fort bien - finalement, tout le monde, du chant à la section rythmique, s'en tire fort bien), accélération et solo de clavier, passage chelou limite jazzy taillé pour une basse slap aussi inattendu que sympa, re-accélération et epic-final. Bref, une belle pièce. A l'image de Stage 01, finalement.


J'ose espérer que vous ressortez de la lecture de ces quelques lignes avec un a priori positif sur le sujet. C'était le but. Car même si Shinray ne sort pas ici - et c'était prévisible - l'album de l'année, Stage 01 reste promoteur d'un heavy bien foutu, manœuvré par des gens qui connaissent leur métiers, relativement varié et tout le toutim. Une bonne surprise dont la fraîcheur est surprenante, mais qui aurait néanmoins gagné à épurer son propos pour passer sous la barre des soixante-minutes. 

https://www.facebook.com/Shinray?fref=ts
http://www.shinray.net/





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7