6269

CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Michel Bastholm Dahl
(chant)

-Michael Stützer
(guitare)

-Morten Stützer
(guitare+basse)

-Peter Thorslund
(basse)

-Josua Madsen
(batterie)

TRACKLIST

1) Chill My Bones (Burn My Flesh)
2) God Feather
3) Legions
4) Wardrum Hearbeat
5) Global Flatline
6) Dies Irae
7) Anno Requiem
8) Enslaved To The Neither
9) Doctor Evil
10) Ethos Of Wrath
11) Th Amighty (bonus tack)
12) The Eternal War

DISCOGRAPHIE

Legions (2013)

Artillery - Legions
(2013) - thrash metal - Label : Metal Blade Records



Le phénomène du revival-thrash étant un peu passé de mode, on voit certains noms s’établir, tous plus ou moins probables. Artillery, revenu depuis 2003, ne semble pas le plus indiqué pour tenir des têtes d’affiches. Déjà à l’époque, en 1985, à la sortie de Fear Of Tomorrow, le seul que j’aie eu pour l’instant l’occasion d’écouter, avec ce petit dernier, c’était un thrash assez anecdotique, loin d’égaler celui des Californiens de la Bay Area, bref, de la D2 de base, comme il s’en faisait des tonnes et des tonnes.

Mais à l’écoute de Legions, on se dit presque que le groupe a vieilli comme un grand cru : il se serait bonifié avec les années. Lors de la première écoute, ceux qui abordent le groupe en ayant le même parcours que votre serviteur devraient être assez surpris. Du thrash bien influencé par Slayer des débuts, plus aucune trace. Le thrash proposé sur Legions est beaucoup plus mélodique, avec des caisses et des caisses de passages heavy à reprendre en cœur. Le chant aussi était prévu comme aussi insupportable qu’en 85. Grossière erreur, puisqu’il est devenu un des énormes points forts de la musique. Loin de celui de Fear, rauque et faux, il tape dans les envolées heavy, sans que l’on ait jamais envie de frapper le vocaliste pour qu’il la ferme (aussi appelé syndrome Dream Theater). Il apporte des refrains mémorables, comme celui de "God Feather", qu’on chantonne dès la deuxième fois… Parmi tant d’autres. Devenue ainsi plus accessible et catchy, la musique des Danois gagne en qualité.
Mais tout ne repose pas sur la performance du chanteur. Un gros effort a été produit du côté de la composition, et l’auditeur ravi se mange du riff pêchu à la pelle, de quoi faire pogoter les défunts. Tous les types de riffs y passent, du dynamique soutenu au skank beat ("Chill My Bones", la jouissive "God Feather"), au mid-tempo fédérateur ("Legions Of Artillery", "Global Flatline"), et aucune redondance ne se fait sentir. Les titres, bien distincts, de par leur refrain unique mais toujours épique, passent comme des lettres à la poste, tout en prenant tout de même le temps de développer le propos, sans montrer de signe de longueurs. Le refrain d’ "Anno Requiem" pourra éventuellement être trouvé plus faible, mais ce point de détail est compensé par la power-ballade "Enslaved To The Neither", qui participe à la conclusion de l’album, aussi solide que le début. En revanche, sur l’ensemble de l’album, les solos font un peu la tête : pas vraiment fous, le plus souvent corrects, ils pourraient aussi bien être aux abonnés absents. On ne peut pas tout avoir, certes, mais c’est tout de même dommage pour du thrash.


Un nouvel album très convainquant qui surprendra sans aucun doute ceux qui avaient laissé le groupe après B.A.C.K.. Legions, et par la même occasion ses géniteurs, n’invente certes pas le fil à couper l’eau chaude, c’est sûr, mais il ne décevra pas les fans de la formation danoise, c’est aussi sûr. 2013 est une année assez riche pour le thrash, entre les jeunes (Havok, Revocation, Essence, Gama Bomb), et les moins jeunes (Death Angel, Evile, Sodom), qui se fendent tous d’albums ne faisant pas honte à leurs standards de qualité. Le service gérontologie du thrash a encore de beaux jours devant lui.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1