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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 03 novembre 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Wacian
(chant)

-Aort
(guitare)

-Andras
(guitare)

-Syrh
(basse)

-Lordt
(batterie)

TRACKLIST

1) Black Rumination
2) Becoming Host
3) Ecdysis
4) Glimlight Tourist
5) Garden Chancery
6) The Lazarus Chord
7) The Shrike Screw
8) Trace Of God
9) Harmonies In Cloud
10) White Tryptych

DISCOGRAPHIE

Nouveau Gloaming (2005)
Resplendent Grotesque (2009)
Augur Nox (2013)
Mut (2015)

Code (UK) - Augur Nox



Problème intéressant que celui que le groupe qu’est Code nous permet aujourd’hui de poser : doit-on systématiquement et immédiatement sanctionner les groupes dont la musique nous rappelle un peu trop celle d’une autre formation ? Problème fort épineux et qui se pose souvent à l’heure actuelle avec la possibilité pour chaque musicien de se faire un large éventail de références, lesquelles sont ensuite souvent audibles dans les premiers albums, nécessaires à la création d’une identité propre.

Pour décrire au mieux Code et plus particulièrement la musique qu’il produit, figurez-vous Enslaved qui aurait pas mal abusé du jazz. Pas du jent, car il n’y a pas une seule trace de core ou de riff monocorde, mais bien de jazz, avec ses rythmiques un peu tarabiscotées et ses variations assez fréquentes et plutôt abruptes. Voilà, vous avez cerné le tableau : Code officie dans le black progressif, celui qui joue avec les dissonances. Ici, l’usage en est très fréquent, mais pas autant que d’une autre composante, véritablement essentielle : le chant clair. Largement majoritaire par rapport à son penchant black, il se taille la part du lion ; point qui décevra éventuellement les amateurs de chant extrême. Pas réellement exceptionnel, mais tout de même réellement bon, ledit chant clair oscille entre criard et fantomatique, souvent au sein du même morceau, participant à la création d’un vaste panel de sonorités. Mention sera tout de même faite aux quelques chœurs éthérés de "Ecdysis" ou de "White Tryptich" qui font mouche comme il faut.
Le principal défaut d’Augur Nox vient donc de sa trop grande tendance à nous faire penser à Enslaved, notamment. Sérieusement… essayez seulement de prétendre que le début de "Becoming Host" ne vous fait pas repenser à Ruun, avec cette structure rythmique complètement typique des Norvégiens. Heureusement, la comparaison ne fait pas réellement honte, à ces jeunes gens, qui trouvent le moyen d’égaler à quelques occasions leur modèle. Ils n’iront pas jusqu’à leur faire de l’ombre, bien sûr, mais la ressemblance est parfois assez gênante ; d’autant plus lorsque l’on voie le talent déployé sur les passages moins proches de l’original. Car les riffs intéressants ne manquent pas, et tout l’album n’est pas seulement porté par les voix : "Glimlight Tourist", "Ecdysis", "The Lazarus Chord"… autant de compositions déployant au moins un ou deux riffs réellement marquants. La bonne idée d’inclure un refrain bien identifiable dans presque chaque piste doit aussi jouer une bonne part dans la facilité que l’auditeur aura à retenir la plupart des morceaux.

Augur Nox est un album qui s’écoute assez volontiers ; auquel on revient avec plaisir et qui donne donc envie de ressortir ses classiques de black progressif. De plus, le groupe déploie quelques trouvailles, qui, sans être foncièrement originales, constituent au moins les moments de bravoure de cette sortie. Citons notamment le solo de "Black Rumination", la fin de "Glimlight Tourist", assez hallucinatoire alors que le morceau semblait commencer à tourner en rond, la fin de "White Tryptich", et sa montée en puissance délectable, ou le morceau "Harmonies In Cloud" dans son intégralité, qui tire au maximum parti des influences progressives et jazzy de la formation. Pas la peine de consacrer un paragraphe à la maîtrise technique, tout est bien en place, et particulièrement la batterie qui ne se contente pas du blast/poum-tchak, comme il est de rigueur vu le genre annoncé. Mélodistes presque aussi fins que les guitaristes de Lychgate (chroniqué en ces terres par Dommedag, ce saint homme), les six-cordistes tiennent aussi une part non négligeable dans la réussite que constitue cet album.


Bilan : ce troisième album constitue un très bon cru, avec un groupe de 11 ans qui commence à prendre de la bouteille. On regrettera toujours les ressemblances parfois trop poussées, mais ce n’est pas assez pour gâcher le plaisir loin d’être négligeable que procurera l’écoute d’Augur Nox.



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