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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 30 octobre 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Gus Monsanto
(chant)

-Todd Wolf
(guitare)

-Volker Trost
(guitare)

-Dirk Liehm
(claviers)

-Andre Hort
(basse)

-Apostolos Zaios
(batterie)

TRACKLIST

1) Raided Land
2) Child Of War
3) Wasted Years
4) The Chosen One
5) Shelter
6) Gladiator Of Rome (Part 2)
7) Dark Knight
8) Prelude
9) Pray For Salvation
10) Evil Curse
11) Restless Souls
12) Under Siege
13) Guard The Blind

DISCOGRAPHIE


Human Fortress - Raided Land
(2013) - speed metal power metal gentil - Label : AFM Records



Voilà cinq années que le groupe Human Fortress n’avait pas sorti d’album. Après un troisième album controversé, Eternal Empire, le groupe revient avec un nouveau line-up et, notamment, un nouveau chanteur. Et pas des moindres, puisqu'il s’agit de Gus Monsanto, ex-Revolution Renaissance et ex-Adagio. Sachant que Human Fortress joue du power metal bien mélodique, le niveau du chanteur est primordial… Alors que vaut ce Raided Land qui veut éteindre la polémique de son prédécesseur en lorgnant du côté des deux premiers albums ?

Au premier abord, Human Fortress développe un power metal des plus classiques. Chant haut perché et mélodique, tempos rapides… Mais au fur et à mesure des écoutes, il faut bien avouer qu’une forme de personnalité s’en dégage. D’abord, les parties lead à la guitare sont discrètes et relativement rares. Quant aux soli, ils sont ultra mélodiques mais très simples (tant dans leur construction, que dans leur durée ou leur technicité). Ainsi donc, les guitares assurent avant tout les rythmiques, qui n’hésitent pas à être assez lourdes lorsqu'il le faut. Cette mise à l’écart des guitares dans les parties les plus hautes du spectre sonore n’est pas réellement reprise par les claviers. Ainsi, c’est clairement le chant qui est mis en avant par le groupe. Gus Monsanto a les coudées libres et en profite pour nous montrer l’étendue de son talent. Le bonhomme possède un beau timbre de voix et arrive sans peine à avoir une tessiture des plus satisfaisantes pour le style. Cependant, sa voix est quand même peu agressive. Certes, il n’hésite pas à forcer un peu ("The Chosen One", "Dark Knight"), mais la musique de Human Fortress paraît souvent bien gentille ("Gladiator of Rome (Part 2)"), voire même carrément naïve ("Wasted Years"). Cependant, le chanteur y met vraiment de la bonne volonté et il parvient à avoir un chant varié et, surtout, expressif. Si bien qu’on a un peu l’impression qu’il tient tout seul la baraque.
A côté des titres très classiques, quelques surprises émaillent l’album. On voit passer quelques éléments folk ("Dark Knight", "Prelude", "Guard the Blind") ou un orgue qui laisse un peu rêveur (et fonctionne mieux que prévu) dans le surprenant "Wasted Years". Après une impression mitigée, le groupe applique sa formule plutôt efficace. Les guitares mitraillent, le chant accroche l’auditeur et les soli font transition. Le tout fonctionne plutôt bien, mais sans que l’on soit pour autant touché par le génie. Certains passages sont particulièrement réussis, mais il manque de quoi nous faire vraiment décoller. Et pourtant, les espoirs sont là. "Gladiator of Rome (Part 2)" commence par une introduction articulée sur deux guitares, puis le couplet met en scène un chant très réussi sur fond de basse-batterie. Le pré-refrain fait péter un lead de guitare et la sauce monte. Le refrain est accrocheur, mais… Il manque un petit quelque chose. Peut-être que la production pêche un peu pour le coup. Cela manque de violons, de chœurs ou de je ne sais quoi. Dommage. Mais malgré des morceaux assez courts et assez prévisibles, ce Raided Land se bonifie au fil des écoutes. La faute à un sentiment de sympathie pour un groupe plein de bonne volonté ?


Human Fortress déploie ici un power metal classique, sans fioritures ni talent incroyable. Mais il le fait modestement, sans chercher à se croire plus fort qu’un autre. Si bien que si vous prenez le groupe comme il vient, que vous aimez le power metal à voix et les jolies mélodies, vous serez certainement comblés. Un album rafraîchissant donc, à déguster à une terrasse de café.


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