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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Edu Falaschi
(chant)

-Emppu Vuorinen
(guitare)

-Lauri Porra
(basse)

-Casey Grillo
(batterie)

TRACKLIST

1)King
2)Take Back Your Spell
3)Forgotten Land
4)Scary Zone
5)Children Of Lies
6)Break All The Welds
7)Golden Empire
8)Primitive Chaos
9)Breathe
10)Box Of Illusion
11)Almah

DISCOGRAPHIE

Almah (2007)
Fragile Equality (2008)
Motion (2011)

Almah - Almah
(2007) - heavy metal Métal varié et multiformes - Label : AFM Records



Groupe international s’il en est, Almah est avant tout le projet d’un seul homme : Eduardo Falaschi, vocaliste d’Angra depuis le depart d’André Matos. Accompagné du guitariste de Nightwish, du bassiste de Stratovarius et du batteur de Kamelot, le Brésilien se fait leader et laisse libre cours à sa créativité. Derrière un concept étriqué, où chaque titre figure un sentiment, reconstituant ainsi en un album la psychologie humaine, l’humaniste Edu fait montre d’une grande ouverture musicale et d’une certaine qualité de compositeur.

Les chanteurs, en solo, ont tendance à se faire plaisir, et ce à raison ; mais parfois au détriment de la richesse musicale. C’est avec ce sentiment que débute l’album. "King", en tant qu’ouvreur typiquement rentre-dedans, est en effet plus proche de Metallica que d’Angra, et même si Edu se trouve très à l’aise dans un registre agressif, la crainte de la déception se voit confirmée. "Take Back Your Spell" n’est guère plus convaincant, singerie – fidèle, certes, et pas des plus mauvaises, mais singerie tout de même - du heavy-speed traditionnel. Au même titre que "Children Of Lies", facile. Trop évident.

Et nous voilà quittes avec les points faibles. La surprise est là : loin de se cantonner au bête exercice « je compose deux-trois riffs bateau et je fais des vocalises par-dessus », Eduardo Falaschi va piocher dans de nombreux styles musicaux les particularités de son style. Impossible de ne pas se souvenir de l’âge d’or des premiers Angra à l’écoute des rythmes tribaux et des breaks d’obédience progressive de "Scary Zone", où de la splendide et exotique ballade "Almah", folko-bossa-novo-acoustique agrémentée de superbes arrangements. Musicalement opposés, ces deux titres sont significatifs du talent du compositeur-chanteur, secondés avec brio par ses guest-stars de musiciens. Le niveau est somme toute élevé.

Quelque part entre les deux se situe un titre comme "Box Of Illusion", metal par le rythme mais soft par les mélodies et la production. N’était ce solo de clavier Bontempi au goût douteux, on aurait là une pièce foncièrement belle, quoiqu’assez étrange. Même recherche mélodique pour "Golden Empire", directe, efficace, tout simplement tubesque. "Break All The Welds" mélange allègrement rock n’roll et chant grave - limite growlé - à la Marilyn Manson. Quant au popisant "Breathe", vous pouvez le caser entre le "I Still Haven’t Found What I’m Looking For" de U2 et le "In These Arms" de Bon Jovi. Edu Falaschi ne se refuse rien, et la pertinence de ses influences aère le metal, lui conférant une dimension cosmopolite. A l’image et à la gloire de ses créateurs.

C’était implicite, mais la prestation de ce diable d’Edu est de toute beauté, son chant étant lui aussi très varié, s’adaptant à merveille aux différentes ambiances de l’album. Ses plus beaux efforts restent à mon sens ceux des ballades, "Forgotten Land" et "Primitive Chaos", à l’esprit du "Silent Lucidity" de Queensrÿche ; et l’on sent d’ailleurs un peu de Geoff Tate chez l’ami Edu. "Almah", bien entendu, ne fait pas exception. Vous l’aurez compris : Almah, l’album, est une vraie bonne surprise, même s’il réunit, en exagérant mais non sans fond de vérité, les « parias » des groupes pré-cités, grâce à un Edu inspiré et très soucieux du travail bien fait. A écouter.




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