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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 25 octobre 2013
Sa note : 13/20

LINE UP

- Jake Dieffenbach
(chant)

- Adam Biggs
(Chant+basse)

- Jon Kunz
(Guitare)

- Brody Uttley
(Guitare)

- Ron Nelson
(Batterie)


TRACKLIST

1) Terrestria I: Thaw
2)2) Rain Eater
3)3) Birth of the Omnisavior
4)4) Soil & Seed
5)5) Central Antheneum
6)6) Mechanical Trees
7)7) Place of Serpents
8)8) Human Adaptation
9)9) A Fertile Altar
10)10) Airless


DISCOGRAPHIE


Rivers of Nihil - The Conscious Seed of Light
(2013) - death metal technico-grindo-prog vitaminé - Label : Metal Blade Records



Il n'est pas passé tant d'eau sous les ponts dans la rivière de la musique extrême (n'importe quoi l'accroche!)  avant que le quintet de Pennsylvanie ne sortent leur premier album au superbe artwork intitulé The Conscious Seed of Light. Plusieurs tournées, notamment avec Suffocation ou Decapitated et même Six Feet Under, ont permis au groupe de signer chez Metal Blade. On a compris que le registre est death voire brutal death. Histoire d'enfoncer le clou : l'album est enregistré au Mana Recording Studios (où Cannibal Corpse aime officier). Et bien ! Ce dernier serait il génial rien qu'à la lecture du mini CV ? Réponse.

Qu'il il semble mérité cet album, après 2 EP chez Metal Blade et de ce qu'on avait pu en y entendre : le groupe, ultra énergique, a donc l'occasion de nous envoyer du brut et de confirmer tout le bien que l'on pouvait penser d'eux. Et ce n'est certainement pas l'intro de l'album, et l'incroyable "Rain Eater", qui vont nous faire le dire le contraire. L'intro dure presque deux minutes et prend vraiment le temps de faire monter la pression peu à peu ; on est loin du death brutal et le titre est plein d'un mélodique comme on les aime, au début, avant qu'un puis plusieurs blast viennent ensuite nous attraper les cervicales pour enchaîner sur le premier vrai morceau. La Claque : une intro batterie / guitare / basse qui , pour les deux derniers, nous envoient du riff puissant finissant sur de la grosse corde à vide et enchaînant sur une rythmique bien grasse et bien lourde , violente à souhait. Le chant éclabousse le reste de sa colère. Le public est ravi (et pense encore une fois à une inspiration Meshuggah). Quelle façon de débuter un album ! presque sept minutes de bonheur sonore pour qui aime la technicité faite violence.

Si les couleurs grind sont présentes, elles sont surtout audibles au niveau de la batterie et des riffs bouillants et intelligemment distillés. On se dit alors qu'avec le reste on se dirige vers un album digne de figurer dans les trois premières places du podium de l'année. "Birth of the Omnisavior" poursuit l'oeuvre avec sa rythmique purement death cette fois ci, et somme tout standard. Après tout, le début était tellement puissant que le titre est vite pardonné. Déjà trop impatient de découvrir la suite. La suite....Regroupons " Soil & Seed" et "Central Antheneum" car, quand bien même les morceaux sont de bonnes compositions, et passent relativement bien avec leur changement de rythme, accélérations, blast, repos, on se dit déjà que le début nous manque (mais quelle double sur le "Soil & Ceed"!). Les deux suivants :"Mechanical Trees" et "Place of Serpents" vont suivre la tendance. Le début était monstrueux, la suite de bonne facture : quelques passages réussis : l'intro de "Mechanical Trees", le bridge de "Central Antheneum" et son solo, une double maîtrisée etc.. Mais c'est bien l'impression d'écouter le même morceaux qui apparaît un peu.

Arrive alors l'excellent "Human Adaptation" où l'on retrouve ce petit plus de la première composition. Les vocaux collent parfaitement à  l'instrumentation violente et puissante. L'impression installée disparaît sur cette composition et finalement avec les deux derniers morceaux, légèrement différents. A croire que les quatre chansons du milieu de l'album avaient été poussives et rédigées pour être sures de faire un LP. "A Fertile Altar" redonne sa dose de death  maîtrisé et balance un solo de dingue avec une double très au point et non pas balancée à la va-vite comme certains groupes. Il faut en effet reconnaître le super boulot de la base rythmique : basse terrible qui tantôt se contente de coller au tempo et tantôt joue à la guitare à trancher du lard en open chord. "Airless" démontre que le groupe sait faire évoluer ses compositions, et les presque six minutes de fin font parfaites conclusion et balaient les quelques critiques du début en mélangeant la recette avec un peu de black, mixture initiée dans "Human Adaptation". On se régale : le groupe en a sous le pied et, à force de travail, pourrait sortir du lot.

Alors ? Je vais employer le mot que je n'aime pas: modernité. Voilà un album bien burné au death maîtrisé et très inspiré sur certaines pistes de l'album. Il manque un petit quelque chose sur certaines chansons pour devenir «Reine Poutre 2013». Si le petit bide mou du milieu peut faire office de critique, il convient d'admettre que cet album est bon et espérons que le groupe va pouvoir roder sa rage en tournant et renouveler l'inspiration pour un prochain deuxième opus qui corrigera les petites fautes de celui ci. La graine deviendra champs !
 



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