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CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 13 septembre 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-James Labrie
(chant)

-Marco Sfogli
(guitare)

-Ray Riendeau
(basse)

-Matt Guillory
(clavier+chant)

-Peter Wildoer
(batterie+chant)

TRACKLIST

1) Agony
2) Undertow
3) Slight of Hand
4) Back on the Ground
5) I Got You
6) Holding On
7) Lost in the Fire
8) Letting Go
9) Destined to Burn
10) Say You're Still Mine
11) Amnesia
12) I Will Not Break

DISCOGRAPHIE


Labrie, James - Impermanent Resonance
(2013) - heavy metal electro melodeath moderne - Label : Inside Out Music



Labrie c’est un peu une proie facile. En même temps, débarqué au milieu de la bande de virtuoses qu’est Dream Theater (on ne peut pas leur retirer ça), il avait plutôt intérêt à être irréprochable, et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça n’a pas toujours été le cas. Dans un sens, il était en avance sur le reste du groupe, subissant le feu nourri des critiques bien avant tous les autres membres… Sentant qu’il était à une place qui ne le mettait peut-être pas assez en valeur, il a alors décidé de se mettre au boulot dans un projet solo (enfin, plus ou moins solo dans la mesure ou il est encore loin de tout composer) qui lui correspondrait peut-être plus, pour le meilleur et pour le pire.

C’est donc seulement deux mois avant l’album éponyme de sa formation phare que sort Impermanent Resonance, le cinquième album (en prenant en compte la période Mullmuzzler) du Canadien. A ceux qui ne connaîtraient pas la musique que le bougre produit et qui s’attendraient à un Dream Theater bis, il convient de remettre les pendules à l’heure : cet album, à l’instar du précédent, est presque un anti Dream Theater. Chansons courtes, directement calibrées pour la radio malgré les cris épisodiques de Peter Wildoer et appuyés par des claviers façon « electro-beauf » qui ont la finesse d’un rhinocéros à fourrure (il paraît que ça a existé un jour). Vous l’aurez compris, Labrie, loin du prog sophistiqué et pompeux, évolue dans le monde du metal moderne gentillet avec ses touches cyber et son mix lisse au possible qui pourrait tantôt rappeler Amaranthe. Non, ne fuyez pas ! Nous sommes bien d’accord, sur le papier, l’album est tout ce que le metalleux se doit de détester du plus profond de son âme. Etant des individus intègres - et un brin élitistes, ne nous le cachons pas - nous devrions brûler cette galette qui ne devrait que renforcer l’anathème dont est victime son auteur ! Et pourtant, rien n’est aussi simple que ça…
Car il y a un « mais » et il est de taille : au bout de deux écoutes, on se surprend à fredonner les trois quarts des mélodies sans même y faire attention, braillant même à l’occasion la pelletée de refrains, très accrocheurs pour la plupart. Nous parlions d’Amaranthe quelques lignes plus haut et, si le parallèle stylistique paraît assez évident, partout où ces derniers s’étaient vautrés en beauté, Labrie & co réussissent avec brio. Ainsi, aussi improbable que cela paraisse, on ne relèvera que peu de fausses notes sur l’ensemble, du véloce "Agony" jusqu’à l’énervée "I Will Not Break"  - titres sur lesquels Wildoer semble s’éclater comme pas deux derrière ses fûts, balançant même quelques blast beats au passage - en passant par "Letting Go" qui se rapproche du metal groovy et electro de Empyrios ou encore "I Got You" et son refrain terriblement entêtant. Certes, on pourra regretter des titres plus anecdotiques comme "Holding On" ou l’enchaînement "Destined to Burn" / "Say You’re Still Mine" pas forcément pertinent, la première faisant figure de B-side et la seconde étant une nouvelle preuve que Labrie n’est décidément pas le plus à son aise sur les ballades depuis quelques temps ; mais il s’agira là des seuls véritables bémol à signaler sur près de 50 minutes de musique qui semblent passer comme 20.


En bref : le cerveau abhorre, le cœur adore. A vrai dire j’ai presque honte d’aimer Impermanent Resonance mais il faut se rendre à l’évidence : il a presque tourné en boucle chez moi pendant plusieurs semaines sans parvenir à me lasser et le considérer comme un simple amuse-gueule pour fan de Dream Theater mort de faim serait une grossière erreur. Reste à savoir s’il tiendra sur la durée, pour être tout à fait honnête, je ne pense pas, mais l’écoute de cet album sans véritable prétention constitue un très bon moment pour peu que, ravalant notre fierté, nous daignions porter attention à une musique qui ne cherche pas à s’intellectualiser plus qu’il n’est nécessaire. Et franchement, ça fait aussi du bien de temps en temps.


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