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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 7/20

LINE UP

-Joshua Craig
(guitare)

-Dave Ellefson
(basse)

-Craig Nielsen
(batterie)

TRACKLIST

1)Replihate
2)For Max
3)Sol Amente
4)Twin Twang Twung
5)A Question
6)The Thing
7)In The Name Of
8)The Audition
9)Self
10)Black Art

DISCOGRAPHIE


The Alien Blakk - Modes Of Alienation
(2006) - pop rock shred métal instrumental - Label : Black Lotus Records



Le métal instrumental c'est souvent ennuyeux, surtout quand un guitariste est derrière le projet (à l'exception notable des albums de John 5). Combien de branleurs de manche ont sorti des albums complètement vains ayant pour seul but de démontrer qu'ils savaient enquiller des gammes? On ne les compte plus, et j'avoue donc sans problème que la seule motivation que j'avais pour écouter ce disque, en dehors de l'obligation de le faire, était la présence de l'ex Megadeth Dave Ellefson à la basse. Et j'avais bien tort…

Ca commence très mal, avec un premier titre qui voit une rythmique en salves typiquement Fear Factorienne servir de background à des arabesques guitaristiques qui sont non seulement assez peu impressionnantes mais surtout très laides. Joshua Craig part souvent dans des solo "out", c'est-à-dire hors de la gamme… Si ça rend bien en jazz, en métal ça sonne juste faux… Et quand il se contente de faire du mélodique, c'est du déjà entendu. Le son de Modes Of Alienation est paradoxal pour un album de guitariste, car c'est la section rythmique qui sort grande gagnante aux dépends de la guitare. La batterie du talentueux Craig Nielsen est très bien traitée, et cet album permet de profiter de la basse d'Ellefson comme aucun album de Megadeth ne l'avait permis jusqu'à présent. Mais comme on l'entend dès le premier titre "Replihate", le son de guitare lead est vraiment déplaisant. Et comme Craig soloise plus ou moins sans arrêt c'est un sacré problème…

Une chose est à mettre au crédit de Joshua Craig (seul maître à bord): il aborde des terrains assez variés. L'hispanisant "For Max" laisse la place à un "Twin Twnag Twung" country au possible, et le reste de l'album se divise entre rock formaté, pop-rock consensuelle et métal plus ou moins mélodique, le tout saupoudré de ces fameux solis bourré de notes volontairement fausses qui hérissent le poil. "A Question" semble être une musique de fond pour soap-opera, tandis que "The Thing" tente de faire parler la poudre avec un tempo thrash, mais la surenchère de guitares rend le tout irritant. On se demande vraiment ce que telle ou telle montée/descente de gamme vient faire là car la musicalité est désespérément absente. Les morceaux à la guitare classique sont moins vains, mais sombrent alors tels "In The Name Of" dans une mièvrerie sucrée qui donne furieusement envie de torturer des poussins. Ou des bébés lapins, c'est selon.

Dernier point: comme dit dans l'intro, j'ai eu tort d'être motivé par la présence d'Ellefson à la basse car ce dernier n'apporte strictement rien au schmilblick. Ses lignes sont plates, et les quelques moments où Craig le laisse s'exprimer soulignent un manque d'inspiration crasse et des capacités techniques très quelconques, trait sur lequel Mustaine la langue de vipère numéro du circuit avait fortement insisté lors de sa séparation avec son ex-protégé. Que reste-t-il donc à cet album de The Alien Blakk? Quelques moments moins ratés que les autres qui ont au moins pour eux de ne pas agresser l'auditeur, comme le morceau de pop US acoustique "Ahe Audition" aux jolis arrangements. Modes Of Alienation est en dehors de ces quelques accalmies un album qui ne trouvera que peu de public: pas assez démonstratif pour les musiciens, pas assez musical pour le public lambda, cet album est promis aux oubliettes. On l'y laissera sans remords.




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