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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 7/20

LINE UP

-Alex Skolnick
(guitare+programmation+chant)

-Nathan Peck
(contrebasse+chant)

-Matt Zebroski
(batterie+chant)

TRACKLIST

1)Mercury Retrograde
2)Last Day In Paradise
3)Tom Sawyer
4)Shades Of Grey
5)Practica Lo Que Predicas (practice What You Preach
6)The Lizard
7)Channel Four
8)Revelation Mother Earth
9)Out There Somewhere
10)Western Sabbath Stomp

DISCOGRAPHIE


Alex Skolnick Trio - Last Day In Paradise
(2007) - ambient Jazz - Label : Nocturne Magnatude Records





Si le nom d’Alex Skolnick vous revient, c’est que vous écoutez du métal. Ceci est une chronique d’un album de jazz. Les métalleux, vous pouvez donc vous en retourner.

C’est bon… ?

Alors allons y :




Alex Skolnick est donc un guitariste de métal (du groupe Testament) qui a choisi de prendre un peu de distance avec son style initial en 2001 pour aller fureter du côté du jazz instrumental. Son premier album, Goodbye to Romance, était uniquement composé de reprises de divers groupes de metal (notamment de ceux dans lequel il a joué) ; le suivant, Transformation, voyait arrivé une moitié des pistes inédites composées par le trio. Pour Last Day In Paradise, Skolnick et ses compères ne présentent plus que trois reprises (une de Testament, une du standard international (ou presque) de Rush "Tom Sawyer" et une d’Ozzy Osbourne). Une chose est sûre : Skolnick n’a peut-être pas pris la bonne voie. Si se mettre à composer était une idée courageuse, il aurait fallu mettre autre chose dans sa besace que du Django Reinhardt un peu mou. Pas que l’album soit particulièrement ennuyeux -quoique l’ouverture "Mercury Retrogade" donne immédiatement envie d’arrêter-, juste qu’il ne tient absolument pas la longueur.

Une heure qu’on sent passer. Alors oui, Skolnick est un bon guitariste, et oui ses deux musiciens sont tout sauf des branques (quoi que le contrebassiste soit en retrait quasi-constant, ennuyeux pour un trio), mais il y a chez ce groupe un petit quelque chose d’inachevé. Un quelque chose d’un peu niais, aussi (le côté Weather Report, sûrement). Durant les dix morceaux, Skolnick passe son temps à chercher les bonnes notes, ce qui est à la fois la qualité et le défaut de s’essayer à l’impro-jazz, car il n’a pas encore la bouteille suffisante pour assumer un feeling tel. Il singe John McLaughlin et son toucher légendaire, et si parfois ça marche ("Last Day In Paradise"), il arrive aussi que ça tombe à plat, comme sur à peu près la moitié du temps rempli par les compositions du guitariste. "The Lizard" est un bel exemple d’erreur grossière, typique des petits groupes de jazz amateurs qui pensent qu’on peut improviser 5 minutes sans structure et sans cadre et se reposer sur ses compétences techniques.

Mais curieusement, on a vu fleurir sur le net moult avis unanimes qui qualifiaient Last Day In Paradise de petit chef d’œuvre du jazz – loin de moi l’idée de penser que les journalistes de metal ne connaissent que le metal, mais l’unanimité que le disque provoque est à la fois suspecte et étrange… on sent le coup de soufre de tas de chroniqueurs manquant de culture jazz, et se disant (pour quelque obscure raison) qu’il valait mieux dire que c’était génial ; de peur de passer pour un imbécile, sûrement. Expérimental, Alex Skolnick ? Pas le moins du monde. Le trio joue certes d’une manière peu entendue des radios, cela n’en reste pas moins du jazz instrumental tout ce qu’il y a de plus classique, et même peu aventureux, dans le domaine. Heureusement pour lui, le trio ne s’est pas borné au jazz et surprend en développant des thèmes flamenco une fois de plus très proches de McLaughlin.

Seule roue du carrosse cabossée, l’excellentissime petit dernier "Western Sabbath Stomp" qui renoue pour le final avec l’électricité et la saturation pour un morceau qui réveille, à mi-chemin entre le rhythm’n’blues et la surf-music – ou le hard-rock, comme on l’a dit sur les sites sus-nommés. Si les metalheads veulent paraître crédibles dans leur connaissance du jazz, qu’ils s’intéressent au petit nouveau Alex Machacek, la vraie claque guitaristique jazz de ces derniers mois. Et par pitié, qu’ils arrêtent de dire de cet album que c’est génial pour faire plaisir à on-ne-sait-qui -et accessoirement, pour passer de la pommade sur le dos des labels-, mettre une mauvaise note n’a jamais rompu les accords avec les labels (intelligents) qui savent qu’une mauvaise pub vaut mieux que pas de pub du tout. Dont acte.




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