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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 01 août 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Greg Puciato
(chant)

-Ben Weinman
(guitare)

-James Love
(guitare)

-Liam Wilson
(basse)
 
-Billy Rymer
(batterie)

TRACKLIST

1) Prancer
2) When I Lost my Bet
3) One of Us Is the Killer
4) Hero of the Soviet Union
5) Nothing's Funny
6) Understanding Decay
7) Paranoia Shields
8) CH 375 268 277 ARS
9) Magic That I Held You Prisoner
10) Crossburner
11) The Threat Posed by Nuclear Weapons

DISCOGRAPHIE


The Dillinger Escape Plan - One Of Us Is The Killer
(2013) - hardcore fusion mathcore legends - Label : Sumerian Records Party Smasher Inc.



Est-il encore besoin de présenter The Dillinger Escape Plan à qui que ce soit? Sérieux? Ouais? Toi au fonds là-bas? Ben viens, avance, n'aie pas peur voyons...*multiples coups de feu*... Bref, voilà ce qui se passe (« tu vois ce qui se passe Larry, quand on veut niquer les gens jusqu'au trognon ?! ») quand on ignore l'un des groupes les plus impressionnants à avoir jamais foulé la scène extrême au sens large. Au même titre qu'un Converge, qu'un Opeth, qu'un Slayer, qu'un Emperor ou qu'un Meshuggah, DEP est le genre de groupe qu'on peut tout à fait détester et honnir, mais qu'on ne peut en aucun cas ignorer. Ces mecs ont créé une scène presque à eux seuls, le mathcore, et en sont encore aujourd’hui le plus fier et digne représentant. Un groupe culte en somme, et qui revient avec son 8e opus, One of Us Is the Killer.

Et après quelques écoutes, on ne peut qu'une fois encore se rendre à l'évidence : ce groupe est né et a grandi au-dessus de la mêlée, et y restera sûrement jusqu'à la fin. Pourtant, dès "Prancer", on est en terrain plus que connu. Une intro barge, du groove fracassé, et surtout ces fameux couplets guitare/batterie épileptiques qu'ils ont quasiment inventé et qu'on retrouve sur absolument tous leurs albums, voire sur tous leurs morceaux dès que le BPM s'élève un peu et que le groupe s'excite, ce qui arrive... assez souvent. Ces riffs dissonants et hachés joués à 3 000 km/h, c'est sans doute leur marque de fabrique la plus prégnante avec la voix protéiforme de Greg Pucciato, et on ne peut que louer leur résilience et leur durabilité. Une tendance qui a par contre pas mal évolué chez DEP, c'est le niveau général de violence des albums, qui a tout de même assez nettement baissé depuis les premiers brûlots type Calculating Infinity. La seconde, c'est à mes yeux une filiation de plus en plus prononcée et assumée avec les grands Faith No More. Clairement, si ces mecs n'en ont pas écouté des kilotonnes pendant des années, alors je veux bien arrêter de chroniquer, surtout quand on voit la place qu'a pris Mike Patton autour du groupe pendant quelques années (qui connait et apprécie le groupe depuis leurs débuts, et enregistrera même un EP avec eux en 2002, le culte Irony Is A Dead Scene). 
Il suffit d'écouter l'intro et même toute la construction de "Paranoia Shields" pour se rendre compte qu'en fait, DEP dans ses moments les moins « mathcore orthodoxe » c'est du Faith No More en plus barré et bourrin. A contrario, la filiation s'étiole assez nettement sur des pistes comme «"The Threat Posed by Nuclear Weapons", morceau typique du DEP option violence (et Paralysis). Mais ça n'en reste pas moins clair, DEP + Faith No More = gros cœur. Surtout au niveau du chant en fait, où l'on se dit que l'ami Pucciato doit vouer un sacré culte à Mike Patton pour autant s'en inspirer, voire autant le singer. En même temps, il y a pire comme modèle, vu que l'on parle là d'un des plus grands vocalistes alternatifs de tous les temps avec Eddie Vedder. Le sentiment est le même, et peut-être encore plus prégnant, sur "Nothing Is Funny", dans la droite lignée du fabuleux "Black Bubble Gum", issu de Ire Works  et premier morceau qui m'avait fait réaliser à quel point DEP sentait le Faith No More à plein nez quand ils se calmaient un peu sur le BPM et la folie. Que dire d'autre de cet opus ? On est dans la droite ligne de Option Paralysis et de Ire Works, avec une alternance de morceaux complètement tarés et d'autres nettement plus ambiancés et équilibrés (le très bon "When I Lost my Bet" répondant au barge "Prancer", le tubesque "Nothing Is Funny" répondant au virulent et taré "Hero of the Soviet Union").
DEP étonne toujours autant par sa capacité à allier couplets et ponts complètement allumés avec des séquences complètement évidentes et immédiates, à base de riffs simples, de groove franc du collier et de chant clair ("Understanding Decay" par exemple, mais la majorité des titres du groupe sont dans ce cas). Le fait d'arriver à faire ça sans que cela devienne n'importe quoi et que les morceaux gardent une cohérence et une construction intelligible ("Magic That I Held You Prisoner"), relève du coup de maître permanent. Techniquement, rien à dire, c'est toujours aussi fort, avec ce batteur en flirt permanent entre hardcore, épilepsie et plans jazzy, et évidemment un Bein Weinman de compétition et toujours aussi prolifique à l'écriture (l'âme du groupe, la vraie, c'est lui). A noter, la présence d'une sorte d'interlude instrumentale peu commun chez le groupe ("CH 375 268 277 ARS", si si vraiment), et d'un "Crossburner" des plus tubesques également, développant des ambiances plus lentes, lourdes et poisseuses qu'à l'accoutumée (rappelant pus les moments lents et lourds de Converge que du DEP), avant évidemment de s'énerver et de partir complètement en sucette comme tout bon morceau de DEP qui se respecte.


Bref, vous l'aurez compris, si vous n'aimiez pas avant (auquel cas bravo et merci d'avoir lu jusqu'ici), ce n'est pas One of Us Is the Killer qui vous amènera à DEP et au mathcore, style si spécifique et encore assez méconnu de la plupart des métalleux. Si vous appréciiez déjà le travail du combo du New Jersey, cela ne fera que s'accentuer avec cet album en forme de synthèse quasi parfaite de tout ce que sait faire le groupe. Sans se réinventer, DEP continue son petit bonhomme de chemin et surtout évite l’accueil d'aller plus loin encore dans le « plus calme », ce qui aurait sans doute été de trop, surtout au vu de leurs performances scéniques, notoirement homériques. Pourvu que ça dure !


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