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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 31 juillet 2013
Sa note : 11/20

LINE UP

-Wes Borland
(chant+guitare+claviers+bidouille)

-Nick Annis
(guitare)

-Dennis Sanders
(basse)

-Dylan Taylor
(batterie)

TRACKLIST

1) The Alchemist
2) The Thief
3) The City
4) It’s Good To Be Gold
5) The Opportunists
6) The Hate Of My Life
7) The Dancers
8) It Rapes All In It’s Path
9) The Parasite
10) My Love Is Coming For You
11) The Master

DISCOGRAPHIE


Black Light Burns - Lotus Island
(2013) - rock barré indus - Label : I Am: Wolfpack



Je me vois encore, les cheveux flottant aux quatre vents, Cruel Melody suintant et claquant hors des haut-parleurs, rouler pleine balle vers le centre-ville sous un soleil de plomb. J'avais l'air d'un chef. Non vraiment, j'avais fière allure. Et peu importaient les regards consternés des piétons et passants qui tournaient leur tête pleine de sueurs à l'arrivée de ma sphère musicale ambulante : c'était l'une de ces journées où l'on se sent bien, où le jugement des autres importe peu... bref, une journée à engloutir sur le bitume, sur fond de rock synthétique, de guitares hachées et de refrain tapageurs. 

Mais ça, c'était la belle époque. L'époque de Cruel Melody, justement. Car depuis, c'est la berezina en terres Borlandiennes. Inutile de se voiler la face, force est d'admettre que Cruel Melody lui-même n'était pas parfait. Des fillers, des longueurs... certes compensés par une fraîcheur et une énergie vivifiante, mais bel et bien présents. Puis est venu cet EP de reprises... absurde jusqu'à l'extrême. Le second album . Pffrt. Sans opinion : je l'ai ignoré. Et voilà qu'en 2013, « Wes is back » avec un Lotus Island à l'artwork magnifique (la montagne) ou immonde (la vieille fille [de joie, sans doute]) selon la version choisie. C'est à reculons qu'on lance la bête, prêt a soupirer tout l'air de son corps. Et pourtant, tout ne commence pas si mal. La navire vogue entre ambiances étranges et ambiances chelou, mi-construites, mi-hallucinées. Car ambiancé et instrumental, ce disque l'est en grande partie en raison de ses origines. D'une simili-BO alternative pour une oeuvre cinématographique mexicaine de 1973, Wes tire un album : Lotus Island. Vous voyez le genre.... D'ailleurs, il ne s'en cache pas en expliquant lui-même que l'album « n'est ni un EP, ni un album » mais « quelque de chose de transitoire ». En bref, plus le temps passe et plus Black Light Burns ressemble davantage au défouloir personnel de (l'ex-)Limp Bizkit qu'à un groupe en tant que tel.
La démarche est originale. Reste à voir si elle peut aboutir à quelque chose d’intéressant ou, au moins, de divertissant. Intéressant, le disque l'est comme l'était Anvil Pants lors de sa découverte. Les plages instrumentales sont étranges et bien menées. Des effets en tous genres (pseudo valse, choeurs imbéciles, beats indus, claviers fantomatiques, delay dépaysant, musique inversée, ce genre de Borlanderies...) flottent au dessus de quelques éléments plus conventionnels. Fort bien. Mais bien vite, l’intérêt s'envole : on a compris le délire, mais il est dur de rentrer dedans. Tout passe sans marquer... comme Anvil Pants. Pas désagréable sur le coup - Lotus Island est divertissant; hourra !-, on ne trouvera cependant pas de raison majeure pour relancer la machine. Pour l'occasion, le groupe a néanmoins retravaillé plusieurs pistes instrumentale à l'origine - souvent rythmées par le groove rock indus qu'on appréciait déjà sur Cruel Melody - en y ajoutant du chant. Bonne idée que de donner quelques branches auxquelles se raccrocher. Une batterie qui claque, un chant atypique, du synthétique et de l'efficacité. Voilà qui laisse entrevoir, éventuellement, une agréable suite à ce parcours cohérent mais très inconsistant. 


Lotus Island m'évoque une comparaison inattendue que vous comprendrez sans doute. Imaginez une soirée. Une vingtaine de personnes sont présentes ce soir-là. L'alcool, qui ne coule pas à flots effectue néanmoins son travail de sape et, alors que vous arrivez avec 2h30 de retard, les convives - de bons vivants - sont déjà tous légèrement alcoolisés. Pas vous. Difficle alors de s'immerger dans la soirée, entouré de rires idiots et de discussions absurdes. Sans rien à boire pour rattraper le coup, vous attendez que tout le monde aille se coucher. Lotus Island, c'est un peu ça, vous voyez ? On sourit bêtement, mais on espérait mieux.

PS : Vous avez-vu, je n'ai pas parlé des morceaux. C'est volontaire. Je vous laisse découvrir le bazar par vous-mêmes. L'idée étant d'avoir une vue globale du machin. Retenez simplement que "It's Good To Be Gold" (la manson-esque) ; "The Hate of My Life" (la débile) ; "It Rapes All In It's Path" (la bidouille-rock) et  "My Love Is Coming For You" (l'industrielle) sont les seules pistes chantées. 


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