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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 29 juillet 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Gianni Valente
(chant)

-Nicola Caroli
(guitare)

-Valerio De Rossa
(guitare)

-Vito Laghezza
(basse)

-Lorenzo Chiafele
(batterie)

-Daniele Simeone
(clavier)

TRACKLIST

1) Aeternum Tormentum
2) Through the Gates of Heaven
3) Shadows of the Past
4) Neverland
5) Waiting for You
6) The Fallen Angel
7) Journey to Infinity
8) Like a Memory
9) Secret Words
10) Portrait of My Last Dream
11) Last Desire
12) Eternal Life
13) Last Desire (Acoustic)

DISCOGRAPHIE


Soul Of Steel - Journey To Infinity
(2013) - speed metal power metal symphonique - Label : Bakerteam Records



Il semblerait que l’Italie soit un pays propice à l’émergence de groupes de power metal symphonique. Outre Rhapsody of Fire, d’autres formations tentent de se tailler la part du lion comme Labyrinth (pour le plus connu). Soul Of Steel fait donc partie de ces groupes transalpins dont les vocalises fusent dans les aigus soutenus par un (pseudo) orchestre et des chœurs puissant. Leur album, Journey to Infinity, est dans la plus pure tradition du genre. Mais comment se sortir de la masse des groupes pratiquant le même style ? Soul of Steel possède-t-il un petit plus que tant d’autres formations cherchent à avoir ?

Tout commence donc par une introduction symphonique, "Aeternum Tormentum". Cette dernière, particulièrement inutile pour le coup, n’est pas là pour nous rassurer. Démarre alors "Through The Gates Of Heaven". Et là, on ne peut pas dire qu’on s’emballe beaucoup. La musique mouline un peu, le chant est faiblard et manque de coffre… L’opener ne donne pas vraiment envie. Sauf qu’à la moitié du morceau (qui dure sept minutes quand même), le solo de guitare se termine sur un passage au piano, petit instant de grâce... Et la fin de la piste se révèle d’un tout autre niveau ! Très étonnant. Au final, le début de l’album (intro et première moitié du deuxième morceau) sont de loin les moments les moins réussis. A se demander si le groupe aime se tirer une balle dans le pied en faisant sa tracklist ! Surtout que Soul Of Steel fait de ce morceau son single. C'est simplement incompréhensible car "Shadow of the Past" remet immédiatement les pendules à l’heure... Refrain accrocheur, chant prenant, duels de solos, accélérations… Un morceau particulièrement efficace qui dure quand bien même six minutes. Car Soul Of Steel distille un petit côté progressif dans sa musique. Si les morceaux s’enchaînent avec fluidité et sont vite assimilables, ils sont aussi longs, plus de la moitié dépassant une durée de six minutes. Rapidement, un type de chanson va s’imposer, comportant une intro acoustique façon ballade. Et le tout s’emballera plus ou moins selon l’humeur du groupe. Même si l'aspect très systématique de cette formule pourra gêner un petit peu l'auditeur, force est de constater que le groupe accouche de morceaux particulièrement réussis.

Cependant, l'auditeur comprend vite que le point faible du groupe est le chanteur Gianni Valente. Ce dernier manque vraiment de coffre, notamment dans les aigus, et dès que la musique s'emballe et se durcit, il a du mal à s'imposer pleinement. Malgré tout, après une première impression très mitigée, il s'avère qu'il possède un beau timbre de voix et qu'il sait vraiment faire passer les émotions. Les nombreux passages acoustiques, que ce soit au piano ou à la guitare, lui permettent de pleinement montrer ses capacités. Surtout qu'après ce début très poussif, l’album finit sur une apothéose. Le groupe semble vraiment trouver son style et exploite parfaitement ses points forts. Les passages plus calmes sont nombreux, mettant en valeur son chanteur, qui fait alors des merveilles. De même, les soli, sans être exceptionnels, sont toujours réussis et très à propos. Et ce sont les passages instrumentaux qui donnent avant tout l’agressivité (toute relative) de l’ensemble. Cet équilibre, né des caractéristiques de différents protagonistes, est aussi une marque d’intelligence. Soul of Steel n’essaie pas de faire plus que ce qu’ils savent faire et jouent à fond sur leurs qualités. Et ça fonctionne à plein tubes ! "Portrait of my Last Dream" est un modèle du genre. Et l’album se clôt sur deux morceaux de sept minutes splendides : "Last Desire" et "Eternal Life". Si bien que l’on a qu’une seule envie : remettre le disque. 


Il est facile de reprocher des choses à Soul of Steel. Ils ne sont pas très originaux, ce ne sont pas forcément les plus techniques et le chanteur n’a pas beaucoup de coffre quand il faut pousser un peu. Cependant, ce Journey to Infinity est remarquable de cohérence, de mélodies bien foutues et de moments très accrocheurs, voire même touchants. En jouant clairement sur leurs points forts, le groupe parvient à sortir un album plein de moments de grâce. Alors certes, il y a beaucoup de ballades, mais si vous tombez sous le charme du groupe, vous aurez bien du mal à en sortir.


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