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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 28 juillet 2013
Sa note : 11/20

LINE UP

-John Galhert
(chant growl)

-Sabine Scherer
(chant clair)

-Sebastian Reichl
(guitare+claviers)

-Ferdinand Rewicki
(basse)

-Tobias Graf
(batterie)

TRACKLIST

1) The Great Pretender
2) I'm Gone
3) Dead City Sleepers
4) The Arsonist
5) Darkness Divine
6) As We Come Undone
7) Hurt
8) The Final Storm
9) Small Town Boy
10) My Pain

DISCOGRAPHIE

Earth.Revolt (2006)
Wolves (2007)
Manifesto (2008)
Bizarro World (2011)
The Arsonist (2013)
Hybris (2016)

Deadlock - The Arsonist
(2013) - melodeath la belle et la bête - Label : Napalm Records



Prenez un chat. N'importe lequel, juste un chat. Quatre pattes, deux oreilles, des p'tites moustaches trop mignonnes et un estomac. Un énorme et insatiable estomac. Prenez ce chat, donc, et donnez-lui du lait. Le chat se ramène ; le ronron tourne à plein. Il regarde dans l'écuelle : « Hum, du lait. Pas d'effort. OK. Il abuse un peu, l'humain. La prochaine fois ce sera quoi ? Des croquettes ? Moi, ce que je veux, c'est de la viande. Du bestiau véritable quoi, de la préparation, de la recherche. Je suis un Chat, mince ! » Sur ce, le chat lape par politesse et s'en va sans dire merci, vous laissant perplexe devant l'écuelle encore à moitié pleine. Avec un diplôme en chat, si je vous dit que Deadlock c'est le lait et que vous êtes le chat, il faut me croire. 

Sous un nouveau logo (encore un ! le quatrième en six albums...) ne se cache ni plus ni moins qu'un nouvel opus de Deadlock, en continuité avec les efforts précédents. Résumé rapide de la situation : après des débuts melodeath / black, Deadlock donne une place prépondérante à sa chanteuse Sabine Scherer, au grands dam de la frange la plus extrême de son public. Ravissement pour les amateurs de mélodies plus sucrées, de structures accessibles et de production « bombastic », le Deadlock des années Wolves s'est alors modernisé, n'hésitant pas à incorporer à sa musique des passages rehaussés de bidouillages, de featuring rap ou de saxophone. D'un melodeath véloce, Deadlock s'est finalement fixé sur une formule plus sage, sorte de pop aux atours de metal, qui lui convient très bien et qu'il maîtrise. 
Ce Arsonist ne déroge pas à la nouvelle formule (qui ne l'est plus trop du coup, et qui présente l'excessive simplicité du lait, pour reprendre cette merveilleuse introduction féline) et continue sur la lancée de Bizarro World. L'ensemble des titres vise l'efficacité pure et simple. Passé un couplet growlé - par le remplaçant de Johannes Prem, qui ne change rien à la donne - déboulent une avalanche de refrains clairs assurés par Sabine : le coup classique de la belle et de la bête mis au service d'un melo-metalcore-pop désormais bien connu. Et force est d'admettre que la technique fonctionne... un temps. "The Great Pretender" et "I'm Gone", qui ouvrent le bal s'avèrent de bons plaisirs coupables. Les morceaux du même acabit se retrouvent tout au long de l'opus ("The Arsonist", presque mélancolique sans être une ballade ; "As We Come Undone" a l'énième refrain imparable...) mais n'empêchent pas la recette de lasser rapidement. 
Car sur fond de guitares graves jouant de manière faussement saccadées (7 cordes ?), de rythmes rapides et d'arrangement modernes (qu'ils soient discrets sur "As We Come Undone" ou carrément mis en avant sur "My Pain", le titre le plus electro du disque), la dualité un peu trop évidente growl / voix claire ne fonctionne pas à tous les coups. Sans raisons particulières, "Dead City Sleepers" ou "Darkness Divine" passent sans qu'on les remarque. La ballade, "Hurt", n'atteint franchement pas l'émotion véhiculée par le titre équivalent chez NIN et s'avère, quoique soignée et gentillette, un peu fade. Ce n'est pourtant pas la faute de Sabine, qui assume son rôle et chante avec un mélange de sucre pop et de froideur distante dans la voix. Quant aux chœurs de stade de "Small Town Boy", mieux vaut éviter de trop s'y attarder. Le morceau est vite irritant. 

Pas mauvais mais sans surprise. Car le véritable problème de cet Arsonist, outre son artwork repoussant au possible, est un manque de nouveauté (excusable) et une tendance excessive à la facilité (un peu moins) qui, si elle s'avère payante aux première écoutes, ne manque pas de lasser rapidement. Comme de la pop, finalement. Et du coup, le chat, il va voir ailleurs, espérant trouver quelque chose de plus consistant que ce Deadlock-lait agréable mais vite lapé.


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