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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 24 juillet 2013
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Cristiano Trionfera
(guitare+chant)

-Tommaso Riccardi
(chant+guitare)

-Paolo Rossi
(chant+basse)

-Francesco Ferrini
(piano)

-Francesco Paoli
(batterie)

TRACKLIST

1) Kingborn
2) Minotaur (The Wrath Of Poseidon)
3) Elegy
4) Towards The Sun
5) Warpledge
6) Pathfinder
7) The Fall Of Asterion
8) Prologue
9) Epilogue
10) Under Black Sails
11) Labyrinth

DISCOGRAPHIE

Mafia (EP) (2010)
Agony (2011)
Labyrinth (2013)
King (2016)

Fleshgod Apocalypse - Labyrinth
(2013) - metal symphonique death metal brutal death utraviolent et épique - Label : Nuclear Blast



Ces Italiens sont vraiment sans pitié. Tout juste deux ans après Agony, les voilà qui remettent le couvert. Deux ans, c'est à peine suffisant pour se remettre de la claque qu'avait été cet album, un monument de violence et de grandiloquence dont aucune oreille n'a pu sortir indemne. C'est donc à peine remis que l'on est invité à une nouvelle séance de torture auditive, quand les plaies sont encore béantes et purulentes : on sait qu'on va avoir mal. A moins que, ayant atteint l'apogée de la violence, les Italiens choisissent de redescendre un tantinet le curseur du bourrinage et que... non, laissez tomber, il n'en est rien.

Voire même : ils ont poussé le bouchon encore un peu plus loin dans l'utra-brutalité et l'intensité. Certains se demandent comment c'est possible, d'autres ont écouté Labyrinth et comprennent. Pas question de ralentir ou d'adoucir le propos, au contraire. Les Italiens de Fleshgod Apocalypse ont décidé de jouer la carte de la surenchère : plus d'orchestrations, plus de blast, plus de violence, plus de tout. L'album en est-il plus efficace pour autant ? Les premières écoutes laissent croire que non, tant ce Labyrinth demande du temps avant d'être apprivoisé et compris. Les premiers temps risquent de laisser une impression de densité et de violence improbables, et beaucoup seront sans doute écœurés avant même la fin des 54 minutes que durent l'album. La faute en est principalement à la production qui finit par montrer ses limites : quand on a une batterie qui gravity blast à mort, des chœurs et des orchestrations partout, des guitares sous-accordées et du growl, le tout à un tempo démoniaque, le meilleur ingé-son du monde ne pourra faire autrement que du massif.
Et c'est la principale limite de ce Labyrinth qui poussera sans doute une part non négligeable des auditeurs à rebrousser chemin : cette compacité extrême du son le plaçant à la limite de l'indigeste. Mais que l'on se rassure : cela n’empêchera nullement les autres de se jeter à corps perdu dans l'univers musical prétentieux, épique et ultra-violent de Fleshgod Apocalypse, ce que les gens de goût feront le sourire sur le visage, un peu de bave sanguinolente aux lèvres, prêts à recevoir une grosse tonne de décibels et d'aimer ça. Car vraiment : la première écoute provoque des frissons délicieux devant une telle démonstration de violence et grand-guignol. Les premiers titres sont, comme sur Agony, un parfait enchaînement avec une "Kingborn" chaotique enchaînée avec un "Minotaur" plus martial suivi de "Elegy", sans doute le titre le plus intense de Labyrinth (avec les chœurs hystériques suraigus de Paolo Rossi) et enfin la dramatique "Towards The Sun" aux accents tragiques, sur laquelle on découvre un peu de chant lyrique féminin qui reviendra ici ou là – sans heureusement se montrer trop envahissant.
Vous aurez compris après ces 4 titres : vous mettez les pieds dans un univers fait de vitesse, d'agressivité, un univers ont les cuivres orchestraux vrombissent, où violons et pianos livrent une guerre sans merci à des guitares déchaînées et où la batterie de Francesco Paoli règne en maître incontestée. Car la suite de l'album ne dépareille pas : goûtez la grandiloquence de "Warpledge", les violons hystériques de "The Fall Of Asterion", les cavalcades de "Pathfinder"... A aucun moment Fleshgod Apocalypse ne déçoit, ni ne surprend : Labyrinth est la parfaite et prévisible évolution d'Agony, encore un peu plus violent et rapide : finalement, nous n'en attendions pas moins, en bon masochistes que nous sommes. Reste que le tracklisting est un peu déroutant : le diptyque "Prologue" (jolie et courte pièce de guitare acoustique) / "Epilogue" et son final grandiose aurait pu être une fin d'album parfaite, mais les Italiens choisissent, avant la traditionnelle pièce de piano de conclusion, de glisser un petit pavé de plus de sept minutes, "Under Black Sails" – excellent titre au demeurant. Et pour finir, donc, ça sera le piano triste et romantique de Francesco Ferrini (qui fait maintenant partie du groupe à part entière), saupoudré de quelques chœurs pour une conclusion sonnant très B.O de film.


Mieux qu'Agony ? S'il n'y avait cette production légèrement trop massive et cette tracklisting déséquilibrant un peu l'album, la question serait sérieusement posée. Mais en l'état, si l'on doit apporter une réponse à cette question, on peut dire que Labyrinth est un poil moins convaincant qu'Agony, mais n'y voyez là qu'une fine nuance, tant les italiens nous procurent une fois de plus jouissance et adrénaline durant plus de 50 minutes.



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