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CHRONIQUE PAR ...

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Cedric
Cette chronique a été mise en ligne le 24 juillet 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Sacha Breuer
(chant)

-Diogo Bastos
(guitare+chant)

-Bertrand Pinna
(guitare)

-Jeff Jonas
(basse)

-Laurent Kessel
(batterie)

TRACKLIST

1) Gaia
2) Cinder
3) The Great Pan (Dem) Ic
4) Psychogenesis
5) Low
6) Mosaic
7) Idiosyncrasy
8) The Knot
9) Empire Of Dirt
10) Medea

DISCOGRAPHIE

Gaia-Medea (2013)

Scarred - Gaia-Medea
(2013) - death metal - Label : Season Of Mist



J’m’en va vous parler aujourd’hui de Scarred, groupe qui nous vient de Luxembourg. Dix ans au compteur, un EP, un album puis ce Gaia-Medea à l’artwork classe, un esthétisme à la Mastodon sur fond de bronze. C’est marrant, ce pays dont la population est deux fois inférieure à celle de Toulouse, ce pays si aisé, moi je pensais qu’il ne servait à rien sauf à élever des riches. Bah vous savez quoi ? Ils élèvent aussi des death metalleux ! Comme quoi, hein, on en apprend tous les jours…

Deux voix, une typiquement death, l’autre plus hardcore, deux guitares, une basse et une batterie. Rien à l’horizon de très original sur la forme. Ajoutez à cela que les luxembourgeois sont très bons, pas de problème sur ce point, et que la prod de l’album est riche, dans le haut du panier. Tout est bien mis en valeur, Kessel fait partie de ces batteurs doués, ceux-là même qui sortent du simple cahier des charges « batteur death », il est fin, joue sur les toms, les cymbales, est véloce et coloré. Jonas remplit sa tâche sans faiblir, et les gratteux sont très bons en rythmiques, proposant un jeu racé, puissant et incisif. Même leurs soli sont inspirés, techniques mais sans jamais sacrifier la mélodie (la fin de "Cinder", ou sur "Mosaic", en mode Michael Romeo). Donc sur le papier, tout va bien. Reste qu’il ne suffit pas d’être bon techniquement pour écrire de bons morceaux.
Et c’est là le drame. Enfin… Disons qu’il y a deux possibilités : soit vous maitrisez vos classiques, Morbid Angel, Meshuggah, Gojira, Machine Head, Slipknot, Zakk Wylde, Nevermore, et l’écoute de ce Gaia-Medea vous fera tiquer désagréablement les paupières à chaque détour de riff ou de structure, soit vous débarquez d’une grotte moldave et pour vous, Scarred sera un jeune groupe talentueux et ingénieux. Pour la première catégorie, il sera néanmoins amusant de se frotter à l’album, un peu comme un cinéphile s’amuserait à relever les clins d’œil de Tarantino dans Kill Bill. Ainsi, au début de "Low", les guitares dissonantes l’amèneront avec nostalgie au Catch Thirtythree de Meshuggah, et le pilonnage en règle juste derrière à Morbid Angel. Autre « allusion » au quartet de Tampa, "Idiosyncrasy" évoquera Domination, tant par le touché old-school à-la-Sandoval pour la batterie que par les vocaux qui ne feraient rougir ni David Vincent ni Steve Tucker.
Le refrain de "The Knot" ? Du Gojira. D’ailleurs, visiblement, les gars de Scarred ont pas mal écouté les basques, au moins depuis From Mars To Sirius. Il suffit d’écouter "Gaia", genre la série d’accords à 1’40, les vocaux doublés à 2’15, à 4’05, les cris de guitares, à 4’25, à 5’00… Ils pompent même les signatures de guitaristes, Gojira donc (encore sur sur "Psychogenesis"), Zakk Wylde sur "Cinder" etc. Ajoutez à ça un groove façon Slipknot sur les structures ou Machine Head époque Through The Ashes Of Empire et vous aurez quasiment fait le tour. Alors après, en faisant ses courses chez les gros noms de la scène death, voire neo-death, Scarred ne prend pas beaucoup de risques et il faut avouer que ça marche plutôt pas mal. Question originalité par contre, il faudra repasser et c’est bien dommage.


En fait les luxembourgeois ont pris leurs albums préférés, ont tapé dessus avec un marteau, et on reconstitué les sillons avec force talent. Pas l'album de l'année, loin s'en faut, et ce juste par la digestion inachevée de leurs influences, mais néanmoins un bon moment à passer avec eux. En soit, c'est déjà pas mal. Question durée de vie en revanche, à voir... Et juste, pour tromper votre monde, vous pourrez toujours vous amuser à faire des blind-tests : « et là ? Qui c’est ? »


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