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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 10 juillet 2013
Sa note : 4/20

LINE UP

-John Baizley
(chant+guitare)

-Peter Adams
(chant+guitare)

-Matt Maggioni
(basse)

-Allen Blickle
(batterie+percussions+clavier)

TRACKLIST

1) Take My Bones Away
2) March To The Sea
3) Cocainium
4) The Line In Between

DISCOGRAPHIE


Baroness - Live at Maida Vale



Live at Maida Vale est un cas d'école qui suscite plusieurs réactions, la première étant la joie de renouer avec Baroness après un Yellow & Green ô combien attachant. Puis vient l'écoute de la bête, mi-poulet, mi-gardien des enfers visiblement et, avec elle, les autres réactions : interrogation et déception. 

Cet EP comporte quatre compositions, toutes tirées du dernier album en date, le double controversé (et, si on me demande, pourtant fameux) de 2012 : Yellow & Green. Sans morceaux inédit ni reprise, on se dit que les choses commencent mal... Prises comme telles, les compos sont bonnes voire excellentes. Pour plus de détail, je vous renvoie à la chronique de l'album dont elles sont issues, album qui est d'ailleurs - et j'insiste - toujours aussi plaisant un an après sa sortie. Mais imaginez deux secondes le problème que pose ce Live At Maida Vale : soit je connais déjà Yellow & Green et cet EP ne m'apporte rien, soit je ne connais pas encore Yellow & Green et il faut que j'aille l'écouter en lieu et place de cet EP inutile. L'aspect live ? Inexistant ou presque. Enregistré aux studios de la BBC, les morceaux sont exécutés - correctement, pas de soucis là-dessus - devant un public absent ou muet. Reste une prestation évoquant davantage une vieille cassette interne à Baroness compilant quatre démos mixées avec un fort penchant pour le grave. Musicalement, l’intérêt est nul. Quel est alors l’intérêt de cet EP ? Il est, je pense, double. D'une, Live at Maida Vale permet à Baroness de rester visible sur la toile et dans sa promotion. « Effet Internet » oblige : un groupe doit communiquer sans cesse et on ne peut tenir rigueur à Baroness pour se fondre dans le moule. De deux, et Relapse le sait bien, cet EP - distribué au format vinyle uniquement - surfe clairement sur le revival du plastique noir. Encore que noir, le vinyle ne l'est plus des masses puisque le label cherche surtout à toucher le collectionneur en proposant à la vente des versions très limitées de l'objet en couleur or (opaque ou transparent), translucide (avec ou sans tâches de couleurs), etc. Dixit le label lui-même « Get it before it's done ! ». Tout est dit : « Achète vite, mon ami, il n'y en aura pas pour tout le monde ». Viens chercher bonheur, viens...

Pour faire bref, ce Live at Maida Vale n'est pas un objet musical : c'est un objet de collection. L'amateur de Baroness s'en passera sans mal. Le collectionneur sera quant à lui tenté mais, à l'heure où il lira ces lignes, il sera surement déjà trop tard depuis longtemps. Dommage. Il ne lui reste plus qu'à aller fouiner sur le net et à préparer la carte bleue... 


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