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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 23 juin 2013
Sa note : 13/20

LINE UP

-Erlend Hjelvik
(chant)

-Trond Ciekals
(guitare+chant)

-Mannevond
(basse)

-Dirge Rep
(batterie)

TRACKLIST

1) Besatt av Maane og Natt
2) Aapne Kister og Tomme Graver
3) Marefar
4) Tornekroner og Geltehorn
5) Blant fjell og faine
6) Stjernesluker
7) Og Englene Dinglet fra Galgene...
8) Saa Tok Alt Slutt

DISCOGRAPHIE


Djevel - Besatt av Maane og Natt
(2013) - black metal - Label : Aftermath Records



Dans le monde du black metal, il y a 2 types de supergroupes : ceux qui viennent de Norvège et les autres. Ensuite pour ceux qui viennent de Norvège, il y a encore 2 types : ceux qui sont connus et sont qui ne le sont pas, aussi oxymorant soit-il. Djevel appartient manifestement à la 2e catégorie vu que leur précédent opus était passé relativement discrètement devant les radars.

Supergroupe de black metal et donc super méfiance. Car si Arcturus est une superbe exception, il ne faut pas oublier qu'il ne fait plus de black metal. Si on pense à un groupe comme Ov Hell, c'est sympa, mais ça casse pas 3 briques à un mur en ruine. Djevel vient et veut s'imposer pour ceux qui ont une sensibilité nostalgique du genre. On verse dans le black metal sans artifice et très efficace, voire facile d'accès, où tout est fait pour installer confortablement le fan des années 90 dans un trône sombre. La violence et le chaos peuvent poindre à la surface, mais en général on se laisse plus attraper par le côté immortel de la chose. On note une touche Vreid dans ses fulgurances les plus violentes pour le côté épiques des riffs et le son naturel, sylvestre et minéral. Son d'ailleurs bien définit tout en sachant rester clairement rocailleux et braillard. Ici oubliez les grosses doubles au profit des guitares et de la caisse claire.
Cela ne signifie pas pour autant le passage sous silence de la basse car celle-ci transparaît fugacement de-cì de-là mais elle n'est clairement pas la star de l'album. Nostalgie et épique, voici les termes qui vont le mieux caractériser ce disque. Djevel aime manifestement se rappeler des bonnes vieilles choses et n'a rien trouver de mieux pour cela que singer ce qui le faisait rêver il y a 20 ans désormais. Singer sans pour autant copier car les compositions se révèlent solides, bien ancrées dans leur passé sans oublier de s'arrimer au présent en variant les rythmes en sachant très bien manier le blast à moitié frénétique avec les passages plus posés, voire lourds. Les riffs vont toujours rechercher cette notion de puissance froide qui apporte le côté épique de l'ensemble. Ils semblent vouloir tirer toujours un peu plus haut pour se rapprocher des cimes. L'effet est agréable et on n'aura guère l'opportunité de se plaindre de leur qualité.
En fait, pour être tout à fait honnête, ce Besatt av Maane og Natt pêche uniquement dans son attachement très fort au passé et par conséquent son côté unidimensionnel. On sait pertinemment qu'on n'aura pas d'écart par rapport à la ligne de conduite générale, ce dont un certain nombre ne se plaindra pas. Djevel vise un public bien défini, et pour ce public, la cible sera atteinte tant le tout est cohérent et intelligemment écrit. Un rapide mot sur les membres du groupe vu qu'on parle d'un soit-disant supergroupe, on retrouve surtout Mannevond de Koldbrann (ce qui explique la tendance de certains riffs à cette touche black'n roll, légère) et Dirge Rep qui fut derrières les fûts de Enslaved notamment pour la période pré-Isa, Gorgoroth et on en passe et des meilleurs. A noter que les ¾ du groupe font également partie de Nettlecarrier dont on peut s'étonner de ne pas retrouver le côté brûlant. Démonstration est faite que ce supergroupe a été tout à fait logiquement ignoré. 


Rien de bien extraordinaire à dire pour conclure. Djevel maîtrise son sujet et sait parfaitement de quoi il parle. Il veut faire revivre la flamme du passé en apportant un souffle épique évident. Il y arrive sans trop de souci mais dans l'opération laissera sur le bord de la route tous ceux qui ne jurent que par du black plus « fin » ou extrême. A vous de voir votre approche du genre.


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