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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 11 juin 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Einar Solberg
(chant+claviers)

-Tor Oddmund Suhrke
(guitare)

-Oystein Landsverk
(guitare)

-Rein T. Blomquist
(basse)

-Tobias Ornes Andersen
(batterie)

TRACKLIST

1) Foe
2) Chronic
3) Coal
4) The Cloak
5) The Valley
6) Salt
7) Echo
8) Contaminate Me

DISCOGRAPHIE

Bilateral (2011)
Coal (2013)
The Congregation (2015)
Malina (2017)

Leprous - Coal
(2013) - metal prog - Label : Inside Out Music



Nous nous étions quittés bons amis avec Leprous. Bilateral avait enfoncé le clou de Tall Puppy Syndrome pour certains et été une énorme surprise pour beaucoup d'autres. Du metal dans toute sa progressivité loin des canons du genre qui ne devraient pas exister par la simple essence même de la progressivité. Leprous était devenu une entité totalement par lui-même et non les musiciens d'Ihsahn. Coal arrive sur des charbons ardents donc et la tâche qui lui incombe est à la hauteur des talents du groupe : succéder dignement à Bilateral.

La première surprise finalement va venir d'entrée par l'ambiance qui se dégage de cette première composition et par le son global de l'ensemble, qui même s'il est dans la droite lignée de Bilateral en diverge subtilement. Nous nageons dans un lac plus sombre effectivement que le précédent effort. Les déclarations de presse n'ont pas menti et si Bilateral laissait par moment exploser sa folie, Coal est bien plus mélancolique et prompt à prendre son temps. D'ailleurs, la longueur moyenne des titres s'en ressent, plus de petit titre court et nerveux à la "Restless" ici, on va quasi systématiquement dans la chanson à tiroir qui va s'étendre sur plusieurs mouvements. "Coal" la chanson-titre en est un magnifique exemple, avec son rythme principal entrecoupé d'un riff black metal ultra court et un break final basé sur des claviers nostalgiques et futuristes. Quasiment 7 minutes pour étendre son propos et installer une ambiance épaisse qui ne laisse place qu'aux nuances de gris pour le moins sombre.
"The Cloak" qui essaie d'être plus légère dans son approche en laissant s'exprimer la magnifique voix de Einar quasi seule pendant les 2 premières minutes et des claviers qui laisse percer des pointes de Spock's Beard ne parvient cependant pas à tromper la vigilance de l'auditeur qui comprend bien évidemment que nous nageons en pleine mélancolie. Cet état de fait va mener à un point évident du disque : si Bilateral n'était pas pour autant de l'easy listenning, il était bien plus direct que ce Coal qui aime à prendre son temps et favorise les atmosphères pesantes et intenses à la musicalité de Bilateral. Ce côté plus lent se fait donc au détriment de l'accessibilité. C'est d'ailleurs en cela que Leprous gagne ses galons de groupe de metal progressif en ne répétant pas ce qu'il a fait sur Bilateral et aussi en restant dans sa niche, car s'il peut rappeler par bribe Riverside, il évite fort heureusement l'écueil de devoir faire du Dream Theater ou Symphony X.
Du progressif il ne va garder que ce goût pour les rythmes multiples, illustration faite par une "The Valley" qui comprend une partie purement rythmique qui n'est pas sans rappeler certaines syncopes aimées de Soilwork dans le temps, enchaînée à un monologue de la basse supportée par un chant lointain et une batterie jouant sur les cymbales uniquement. Le retour de la syncope arrive du coup bien naturellement. Et ainsi, sans nous noyer sous des montagnes de riffs et d'accords, Leprous développe une musique rythmiquement très riche tout en sachant malgré tout se répéter suffisamment pour imposer son ambiance. L'ambiance, point central d'un disque nostalgique et mélancolique, sera bien l'ouverture par laquelle la discorde entrera. Car si pour certains cela signifie que Coal sera bien plus à prendre au sérieux que Bilateral, pour d'autres ce sera la raison de sa chute car elle empêche les envolées fiévreuses que délivrait brillamment Bilateral. Et c'est bien pour cela que la dernière "Contaminate Me" paraît totalement incongrue en étant bien plus vigoureuse et violente, proche de la faute de goût car sans ambiance particulière.


Pour ma part, je mettrai probablement les 2 sur un pied d'égalité. Là où Bilateral brillait plus par ses chansons individuelles, Coal en impose sur la longueur. Il s'imposera probablement aussi comme un album qui tient mieux la distance. En tout cas, il est indéniablement complémentaire du fougueux Bilateral en amenant cette toute autre facette de la musique du groupe : l'atmosphère et la mélancolie.


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