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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 06 juin 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Necro
(chant+guitare+batterie)

-Equimanthorn
(guitare+basse)

TRACKLIST

1) The Funeral Hours
2) A Face Obscured by Death
3) Volcanic Eyes
4) Devil's Mark
5) Holocaust
6) The Abomination of the God
7) Thirteen Chimes
8) Demon
9) The Crowning Horror
10) Eternal Curse

DISCOGRAPHIE


Pest - The Crowning Horror
(2013) - black metal - Label : Agonia Records



Pest c'est la Suède, ses plaines plates, son froid et ses banlieues enflammées. C'est un dernier album qui date de 5 ans et des souvenirs chauds dans les cœurs froids des amateurs de black metal. Pest c'est également un nom manquant totalement d'originalité (faites donc une recherche sur le nom du groupe) pour un groupe qui fleure bon les années 80. Tout est en place pour un nouveau témoignage de black metal traditionnel.

Savez-vous quoi ? On n'est pas loin du compte avec une introduction pareille. Pourtant on est en même temps totalement à côté de la plack (uh uh). Pest livre effectivement des compositions d'un classicisme envoûtant fleurant bon les années 80 (oui oui, on n'évitera pas de citer Bathory, Celtic Frost) évitant soigneusement le blast outrageant. Alors pourquoi ce « Pourtant » ? Ce pourtant prend sa source dans la manière totalement décalée qu'a Pest d'introduire des rythmiques assez étranges en plein milieu d'un passage on ne peut plus battu et rebattu. Prenez "Volcanic Eyes", on se dit qu'enfin on a le droit a du bon vieux black des années 90 (le chant bien râclé de Necro aide magnifiquement à la chose) avec son riff tremolo typique. Bam, cassure rythmique incongrue à la limite du hors-sujet et nous voilà embrigadés malgré nous dans un monde bien plus subtil que le passéisme manichéen. La musique de Pest décrit en ceci un paysage absurde qui détonne fortement par rapport à ses congénères Suédois qui envoient le bois en général (parlons franc, parlons simple).
Même dans un terriblement évident mid tempo tel que "Devil's Mark", le groupe se joue des qu'en-dira-t-on et envoie sa guitare tutoyer les cimes aiguës de ses cordes pour un duo impromptu avec la rythmique. Même l'ultra bathoryenne "Holocaust" (le riff est à la limite de la repompe du "13 Candles" de Under the Sign of the Black Mark) n'arrive pas à se cantonner à du bête et méchant. Le tout est porté par un son très froid et sec, presque creux, qui finalement sied parfaitement à ce qui fait vibrer nos tympans. Car en sonnant vide de basse (alors qu'elle-même est audible) on sort des gros sons contemporains pour épouser et épousseter les années 80. D'ailleurs, à remonter dans les années 80, Pest tutoie Sepultura sur break de "Thirteen Chimes" (Schizophrenia). Cette accumulation de bonnes nouvelles musicales rend alors l'amateur éclairé proche de la béatitude. Malheureusement, si pied à prendre il y a, il va falloir accepter de la faire sans jamais vraiment manger la cerise sur le gâteau. Si ce Crowning in Horror surprend, et souvent en bien, il n'a pas de moment magique. Il peut même ennuyer par quelques longueurs coupables (la longuette "The Abomination of the God").


La recommandation pour un tel album demeure évidente car on ne peut que saluer une telle personnalité, issue d'un esprit forcément original. Il faut partir dedans en sachant que si le voyage sera agréable, il manquera d'extase. Voyage vers les années 80 donc, ce qui restreint aussi son auditoire probablement. Qu'importe, Pest n'en a certainement cure.


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