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CHRONIQUE PAR ...

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Wrathchild
Cette chronique a été mise en ligne le 08 juillet 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jon Oliva
(chant + guitare)

-Jim Morris
(guitare)

-Dan Fasciano
(piano)

-Christopher Kinder
(batterie)

TRACKLIST

1) Raise The Curtain
2) Soul Chaser
3) Ten Years
4) Father Time
5) I Know
6) Big Brother
7) Armageddon
8) Soldier
9) Stalker
10) The Witch
11) Can't Get Away
12) The Truth (Bonus)

DISCOGRAPHIE


Oliva - Raise The Curtain
(2013) - hard rock - Label : AFM Records



Plus de trente ans après ses débuts dans le monde de la musique, voici le premier album solo de Jon Oliva. Que ceux qui auraient pensé le monsieur tout à fait satisfait de sa carrière - ô combien exemplaire - avec Savatage et puis avec Jon Oliva's Pain seront bien surpris. Que peut-on espérer d'un tel effort qui ne fut pas déjà dit ou chanté auparavant? On aurait pu croire que son inspiration dans les groupes sus-nommés fut complètement satisfaite. Avec une pochette rappelant beaucoup Gutter Ballet, tout est permis. Voire même un retour à Doctor Butcher?

Le rideau se lève, on entend les premières notes, et là, surprise !! Le titre éponyme ressemble fort à un rock très années soixante-dix, mené par des claviers lorgnant fortement vers le prog. Les paroles sont très parcimonieuses puisque seuls « Raise the curtain » est chanté. L'auditeur se gratte la tête, et se demande bien où va aller ce disque. Vient ensuite "Soul Chaser" et l'ambiance seventies est toujours présente avec un titre s'orientant cette fois-ci plus du côté de Rainbow ou Deep Purple. Et cette voix!! Faite pour ce genre de registre, ce qui fait réapparaître le sourire sur le visage de notre bon auditeur, et il se rend compte qu'il a compris l'intention de Jon Oliva. Ce dernier veut se faire plaisir. Le monsieur, amoureux de ce rock des annés 70  quelque peu progressif, s'est enregistré un album à ses mesures. Il n'est presque nulle question de ses efforts antérieurs - on peut trouver des influences des deux monstres cités plus haut dans ses groupes précédents. Exemple, "Father Time" qui allie une guitare funky à cet orgue Hammond qui brille lors d'un superbe solo, pour un mariage tout en bonheur. Les amateurs de cet instrument seront heureux de savoir qu'il est utilisé à longueur d'album. Les influences présentes ici sont très variées. Le monsieur nous a habitué à de belles ballades dans le passé, et cette ambiance seventies se prête fort bien à sa voix, comme pour "Soldier" - avec une flûte digne de Jethro Tull.
L'on connait les aspirations théatrales du monsieur et les côtés progressifs qui ont vu le jour dès Gutter Ballet - dans un sens plus général - sont bien sûr fort présents ici. "I Know" présente Jon en conteur au piano avec des arrangements proches de Trans Siberian Orchestra et une voix remplie de sentimalité. "The Witch" se présente presque comme une pièce en plusieurs actes, avec une longue intro au piano avant un dialogue avec une guitare qui présage un titre instrumental - serait-ce d'ailleurs une des musiques de Criss utilisées pour cet album ? - avant de plonger dans un ensemble assez heavy. Jon nous y livre une prestation assez enragée - peut-on dire endiablée ? - montrant tout son talent. Le côté théatral de ses compositions apparaît à plusieurs autres reprises pour des résultats inégaux. "Armageddon" et "Stalker" utilisent toutes deux des lignes de chant très saccadées, traduisant le sujet des titres, mais presque dénuées de mélodies, mais sur "Ten Years", c'est presque un coup de génie. On pense alors à un autre grand monsieur, le Grand Guignol de ces folles seventies. Alice Cooper. La ligne de chant, l'utilisation de cuivres, et ce refrain bourré de mélodies rappelle ce qu'a fait ce dernier lors de Welcome To My Nightmare. Résultat merveilleux, et rempli d'audace. Chapeau, Monsieur Oliva ! 


Ce grand monsieur nous aura surpris en nous offrant un très bon album de rock très seventies, album qui contient les toutes dernières musiques de son frère Criss - malheureusement aucune indication supplémentaire ne fut fournie. Deux ennuis malgré tout avec ce disque. Le premier est que la seconde partie retombe légèrement en qualité - Jon utilisant un peu trop les mélodies théatrales saccadées - et le second, bien plus important, est de se demander si ce disque aura une quelconque écoute en dehors du milieu du metal, ce qui serait un beau gâchis vu la qualité de l'ensemble. Dernier conseil, achetez la version digipak avec le titre bonus qui est une magnifique ballade accoustique.


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