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CHRONIQUE PAR ...

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Tabris
Cette chronique a été mise en ligne le 24 mai 2013
Sa note : 17/20

LINE UP

-Jason Shi
(chant+guitare)

-Jonah Citty
(guitare)

-Andy Ellis
(basse)

-Scott Key
(batterie)

TRACKLIST

1) Avalanche
2) Blood Drive

3) Day's Work
4) Scrappy's Trip
5) Castelstorm
6) Blues for Bama
7) Earthwalk
8) Children's Music
9) Hawkeye
10) Stargazin
11) The Ladder
12) Good Enough to Eat

DISCOGRAPHIE

Blood Drive (2013)

ASG - Blood Drive
(2013) - hard rock stoner southern rock - Label : Relapse Records



Une femme gracieuse à l’opulente chevelure d’or, un visage emprunt de quiétude ... a-t-elle l’esprit envoûté par la musique qu’elle perçoit ? Le délicieux artwork du trio italien Malleus mêle atmosphère psychédélique et Art nouveau dans ce qui semble être l'image d’une déesse primordiale de qui tout vient. Peut être la symbolique d’un été lumineux et radieux pour ce groupe né en 2001 en Caroline du Nord et qui nous offre aujourd’hui son nouvel effort, Blood Drive ? Plaise à chacun de se faire son idée sur cette allégorie !
 
ASG, acronyme de All System Go ou encore de Amplification of Self Gratification (et non, il ne s’agit pas de Anarchist School for Girls !) n’est plus à l’aube de son art. Ayant d’abord cherché ses marques, le trio d’origine a su œuvrer dans la bonne direction. Ainsi, pour illustrer le propos, l’idée d’un chanteur menant l’ensemble n’était au départ qu’accessoire, le groupe cherchant plus à travailler sur l’instrumentation. Jason Shi, d’abord prudent à endosser ce rôle, a su progressivement l’assumer avec talent. Le groupe a ensuite « ramassé » une seconde guitare, fort à propos, en la personne de Jonah Citty et la ligne de conduite du groupe a alors pu évoluer. Ce qui au départ était une musique orientée hardcore, s’est tourné progressivement vers un son mêlant puissance et mélodie, un flirt entre hard-rock, stoner, voir sludge, mais ponctué ça et là de touches de psychédélisme, de southern rock et de heavy pure tradition. Une merveilleuse alchimie, pleine de promesses.
L’album Blood Drive illustre fort bien la maturation du groupe. Un savant équilibre entre fureur brute et lisibilité a en effet su être trouvé. Les titres s’enchainent sans accrocs, nous emportant dans une progressive montée en puissance, servie tour à tour par les riffs robustes d’un "Avalanche" ou d’un "Blood Drive", des arrangements de rock lourd et de belles échappées de guitare solo aux accents parfois délicieusement heavy et d’une puissance émotive alléchante. Ceci ne fait d’ailleurs que trahir le large éventail d’influences dont s’inspire le groupe. Pour ne citer qu’eux, Torche, Queens of the Stone Age, Metallica et Black Sabbath. Mais s’en dégage cependant une recherche plus personnelle, un rien plus méditative, du fait notamment de ces quelques touches de psychédélisme brumeux, comme on peut le ressentir dans un "Day’s Work" par exemple.
L’enchaînement n’en est pas moins assez justement entrecoupé de mélodies ouvrant sur un agréable sentiment d'apaisement, ainsi par le truchement de sonorités carrément bluesy  d’un "Blues for Bama" ou encore d'un exquis "Good Enough to Eat". Jason Shi montre de fait sa capacité à insuffler le chaud et le froid. Polyvalent, il sait tour à tour nous offrir des cris déments, limite sludge, comme dans un "Castelstorm" aux accents très noirs teintés heavy, puis tout à coup se révéler plus lointain, éthéré, dans un "Earthwalk" (qui d’ailleurs pourrait sembler être le seul accroc de l’album pour son côté space rock un peu décalé de la construction d’ensemble). L'atmosphère qui se dégage de l’album est à la fois éclairée par ce timbre de voix, mais s’y mêlent un pessimisme, un ton dur et abrasif et une énergie, superbement assurés par le jeu de la basse et de la batterie, qui nous offrent  une base rythmique parfaitement ajustée.

« Il est rafraîchissant d’entendre un groupe de métal qui n’a pas à se compromettre lourdement pour atteindre le Nirvana ». Avec ce quatrième opus, ASG nous offre un voyage musical pénétrant. Mélodique en des endroits inattendus sans pour autant sonner faux, furieux en d’autres, avec un rien de touchante théâtralité, le groupe nous offre ici un album mûr, un beau fruit à savourer longuement cet été.



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