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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 20 mai 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Wildness Perversion
(chant)

-Roaming Soul
(guitare+chant)

-Demon Shadow
(guitare)

-Without Name
(basse+chant)

-Left-Hand Preacher
(basse+chant)

-I.O.R.R. Will Revealed
(batterie)

TRACKLIST

1) Dreadful Discovery
2) Liar Jubileum
3) 
Vertical
4) Not Still Born (The Unborn Plane)
5) Laylah
6) Winged Priestess
7) The Last Supper
8) Birth's End
9) Defuncts
10) Lantern
11) Pentagram
12) Undead Revenge
13) Obscure World
14) Soul in Sorrow

DISCOGRAPHIE


Mortuary Drape - Tolling 13 Kneel



Mortuary Drape a une bien étrange manière de commencer son album. Nous sommes tous concentrés à attendre l'arrivée d'un black metal classique peuplé de violence qui saura satisfaire nos besoins en mortalité morbide. Que nenni. Tolling 13 Knell a décidé de débuter comme Death période Individual Thoughts Pattern et nous laisse interdits. La personne qui est surprise peut avoir de bien étranges réactions, et c'est exactement ce que nous allons tenter de ne pas analyser. Avec succès.

Car qui se fout des considérations psychologiques provoquées par un black metal deathisant des années 80 ? Peu de monde. Le peuple sera néanmoins à l'écoute pour savoir qu'il s'agit là d'une réédition avec en bonus les 4 titres de l'édition double vinyle de 2001, intérêt limité donc pour ceux qui connaissent déjà. Par contre la révélation initiale nous indique que la basse a une importance primordiale dans ce qui arrive dans nos conduits auditifs. Ronde, claquante et clairement mise en avant, elle réjouira forcément les amateurs de la chose. Mais si Death se rappelle à notre bon souvenir, c'est aussi parce que certains riffs pourraient clairement sortir de Individual Thoughts Pattern, encore lui donc. Difficile d'y attacher un quelconque sentiment de vol pour autant car le voile black metal apposé à l'ensemble brouille les cartes. Même si Mortuary Drape recèle des syncopes que ne renieraient pas Chuck Schuldiner (Liar Jubileum par exemple) le chant, les apparitions mystérieuses d'un clavier à la Impiety et l'ambiance globale nous fixent plutôt dans le black metal.
Black metal d'obédience ancienne car les riffs thrashouilles qui pullulent rappellent le proto black des années 80 (dans proto black il faut comprendre Hellhammer, Celtic Frost à ses débuts et Bathory), en bien mieux joué toutefois. Ce qui est marrant, c'est que c'est finalement contemporain des débuts du groupe qui date de 1986 quand même. Riffs thrashouilles, basse proéminente, c'est suffisant pour se convaincre que les compositions ont un côté rythmique marqué. Bien évidemment, les mélodies ne manquent pas à l'appel mais elles ne sont pas exactement dégoulinantes et mielleuses. Elles conservent un savoir-être sombre et ancien. Le groupe sait de toute manière s'attirer les faveurs immédiates avec des quasi-refrains assez étranges qui restent en tête et des pointes de groove garage. Tout ce que réussit à faire Mortuary Drape, c'est affirmer un caractère fort et fortement ancré dans les années 80 même si cela peut sonner antinomique de prime abord. Il se permet ce luxe grâce à des idées foisonnantes et un renouvellement étonnamment fréquent. Le tout est rendu possible via une maîtrise instrumentale indéniable qui laisse le groupe libre d'exprimer toute sa folie vintage.


On se retrouve au final avec un beau bébé qui prouve que renouvellement ne rime pas avec progression. La régression temporelle ici de rigueur parvient à donner un souffle désormais méconnu réjouissant pour nos tympans. Si l'originalité globale est évidemment encore à chercher, la marque d'unicité est flagrante á la limite fondamentale de ne pas éprouver de réticence incontournable vis-à-vis d'un metal de grand-père qui botte les culs de quiconque se mettra en travers de sa route.


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